Ces Américains soutiennent Trump en Iran pour accomplir une «prophétie»
Le conflit au Moyen-Orient indigne les démocrates, déplaît aux indépendants et inquiète quelques commentateurs conservateurs influents, mais il n'ébranle pas, jusqu'ici, la confiance des adeptes du mouvement Maga en Donald Trump.
L'AFP a repris contact cette semaine par téléphone avec des partisans du dirigeant républicain rencontrés en mars et septembre 2024, en pleine campagne pour la présidentielle.
Le candidat Trump promettait de faire baisser le coût de la vie et de mettre l'«Amérique d'abord», sans plus jamais l'engager dans des guerres à l'étranger. Mais fin février, le président Trump a lancé les Etats-Unis dans un conflit à l'issue incertaine qui a déjà coûté la vie à une douzaine de militaires et fait flamber le prix de l'essence.
Pourtant, Christy Edwards, professeure de lycée à la retraite, âgée de 55 ans, qui vit en Caroline du Nord (sud-est), lui «fait confiance». Jane Sick, une mère au foyer de 64 ans près de Richmond en Virginie (sud-est), est également convaincue que le président «sait ce qu'il fait».
Une réflexion qui fait écho à une déclaration de Trump lui-même. «Il y en aura certainement plus avant que cela ne finisse. C'est comme ça», avait réagi le président après l'annonce des premières pertes américaines, au Koweït.
Shelley Hughes, sexagénaire de Caroline du Nord, n'est pas totalement enthousiaste sur la guerre au Moyen-Orient: «Il y a des choses qu'il faut faire, mais je ne suis pas toujours d'accord avec la manière dont elles sont faites», dit-elle, évasive. Mais cette électrice de Trump ne lui tourne pas le dos pour autant:
Un sondage publié par NBC tout au début du conflit a montré que parmi les électeurs républicains, ceux qui se présentaient comme Maga (Make America Great Again) étaient à 90% favorables à l'opération militaire, contre seulement 54% chez les conservateurs ne s'identifiant pas à cette mouvance.
Le noyau dur des partisans de Donald Trump ne semble donc pas, pour l'instant, ébranlé par les critiques de certaines figures de la droite radicale, comme Tucker Carlson, Megyn Kelly, Marjorie Taylor Green ou encore Matt Walsh.
Par exemple, l'influent et richissime David Sacks, qui pilote les dossiers liés à l'intelligence artificielle de la Maison Blanche, a appelé le président américain à «déclarer victoire» et cesser l'offensive. «Il y a une faction, majoritairement mais pas exclusivement dans le Parti républicain, qui veut l'escalade du conflit», a-t-il critiqué dans un récent podcast.
Donald Trump a balayé toute idée de désaffection parmi ses partisans, en faisant valoir que le mouvement qu'il a lancé se confond avec sa personne. «Maga, c'est Trump», a-t-il lancé dans une interview avec la journaliste Rachael Bade.
Faire la guerre pour Israël et le retour du Christ
L'alliance étroite avec Israël, critiquée par certains commentateurs de droite radicale, n'ébranle pas Christy Edwards, au contraire.
Cette «prophétie» évoque une croyance de certains chrétiens américains, selon laquelle la guerre contre l'Iran et plus largement les ennemis d'Israël amènera la fin des temps et un retour du Christ sur terre.
Plus prosaïque, Edward X. Young, 66 ans, juge que les Etats-Unis sont chanceux d'avoir «enfin un président qui a les testicules» de s'en prendre à l'Iran, selon lui «en guerre» avec les Etats-Unis depuis 47 ans. Ce résident du New Jersey, qui a assisté à une centaine de meetings du milliardaire, assure donc que le conflit n'est pas «une rupture de la promesse» de paix «puisque le président Trump (ne l'a) pas déclenché.»
Mais cette dévotion des partisans Maga purs et durs ne vaut pas pour tous les électeurs ayant choisi Donald Trump en 2024, dont beaucoup ont voté en fonction de considérations économiques. Un sondage Yahoo/YouGov paru jeudi montre que 24% des Etasuniens ayant voté pour Trump à la dernière présidentielle sont hostiles à la guerre en Iran.
