«Inacceptable»: Trump fustige la réponse de l'Iran
Les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi, Donald Trump ayant sèchement rejeté la réponse de l'Iran aux propositions américaines pour mettre fin à la guerre, Téhéran mettant de son côté en garde Français et Britanniques contre toute intervention dans la région. «Je viens de lire la réponse des soi-disant "représentants" de l'Iran. Je ne l'aime pas – C'EST TOTALEMENT INACCEPTABLE!», a écrit en lettres capitales le président américain dans un bref message sur son réseau Truth Social.
Avant même l'ouverture des marchés asiatiques, les prix du pétrole ont pris l'ascenseur, le baril de Brent gagnant 3,29% à 104,62 dollars lundi vers 02h20 en Suisse, alors que s'éloignait la perspective d'une réouverture rapide du détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième de l'or noir consommé dans le monde et que l'Iran bloque depuis le début des hostilités le 28 février.
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Plus d'un mois après le début de la trêve entre les deux belligérants, les tractations semblent plus que jamais dans l'impasse et les espoirs de règlement nébuleux, aucune des parties n'ayant dévoilé publiquement ses propositions. Après des jours d'attente, l'Iran a annoncé dimanche avoir répondu au plan américain, mais sans détailler sa réponse.
La télévision publique iranienne s'est bornée à rapporter que la réponse de Téhéran, transmise via le médiateur pakistanais, était «axée sur la fin de la guerre (...) sur tous les fronts, en particulier au Liban, et sur la garantie de la sécurité de la navigation maritime». D'après le Wall Street Journal (WSJ), qui cite des sources proches du dossier, la proposition de Téhéran prévoit une réouverture graduelle du détroit d'Ormuz, que l'Iran bloque depuis le début des hostilités le 28 février, et une levée simultanée du blocus des ports iraniens par la marine américaine.
Selon le quotidien américain, Téhéran serait également prêt à «diluer» une partie de son uranium enrichi et à envoyer le reste dans un «pays tiers».
«La guerre n'est pas fini» pour Netanyahou
Washington et de nombreux pays soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique via l'enrichissement de l'uranium, ce qu'il dément, défendant son droit au nucléaire civil. «Il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran» et «des sites d'enrichissement à démanteler», a affirmé plus tôt dimanche le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à la chaîne américaine CBS.
Il a aussi dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, «comme un échafaudage» selon lui, des supplétifs de l'Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah). «Est-ce possible? Oui. Est-ce certain? Non», a-t-il dit.
La guerre, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, «a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie», a-t-il averti.
Dans le Golfe, le détroit d'Ormuz continue de faire l'objet d'un bras de fer entre Washington et Téhéran, tandis que les attaques se multiplient en mer, malgré le cessez-le-feu. Au Qatar, un vraquier en provenance d'Abou Dhabi a été visé par un drone en matinée dans les eaux territoriales, avant de poursuivre son trajet, selon le ministère de la Défense.
L'agence de presse iranienne Fars a affirmé qu'il «battait pavillon américain et appartenait aux Etats-Unis», sans dire explicitement que l'Iran l'avait visé. D'autres pays du Golfe ont été ciblés par des drones dimanche: le Koweït n'en a pas précisé la provenance, mais les Emirats arabes unis ont, eux, directement accusé Téhéran.
«Ni capitulation, ni recul» pour l'Iran
Dès le déclenchement de la guerre par Israël et les Etats-Unis le 28 février, les monarchies du Golfe, accusées de soutenir Washington, avaient fait l'objet de frappes iraniennes inédites. Ces attaques interviennent deux jours après que l'armée américaine a visé deux pétroliers iraniens dans le golfe d'Oman, voie d'accès au stratégique détroit d'Ormuz.
«Notre retenue est terminée», a averti Ebrahim Rezaei, le porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien. «Toute attaque contre nos navires déclenchera une riposte iranienne forte et décisive contre les navires et les bases» des Etats-Unis.
«Nous ne courberons jamais la tête devant l'ennemi, et s'il est question de dialogue ou de négociation, cela ne signifie ni capitulation, ni recul», a de son côté écrit sur X le président Massoud Pezeshkian. La fermeture du détroit d'Ormuz a déclenché une flambée des prix du pétrole et perturbé l'économie mondiale.
Le Royaume-Uni et la France s'activent de leur côté pour mettre sur pied une coalition internationale visant à sécuriser le détroit, après un règlement du conflit. Les ministres de la Défense des deux pays coprésideront mardi une réunion en visioconférence avec une quarantaine de leurs homologues de pays prêts à contribuer à une telle mission, a annoncé Londres.
Téhéran a averti que tout déploiement déclencherait une «réponse décisive et immédiate» de l'armée iranienne, après l'annonce par Paris et Londres de l'envoi de bâtiments militaires pour se prépositionner dans la région. La France «n'a jamais envisagé» un déploiement militaire à Ormuz, mais une mission de sécurisation «concertée avec l'Iran», a précisé le président Emmanuel Macron.
Sur l'autre front du conflit, au Liban, Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs attaques mutuelles, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril. Deux secouristes affiliés au Hezbollah ont été tués et cinq autres blessés dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, a indiqué le ministère de la Santé, selon lequel les opérations israéliennes ont fait 2846 morts depuis le début de la guerre le 2 mars. (jzs/ats/afp)
