Jusqu'à 40 000 personnes à une free party sur un terrain militaire
La foule a continué à grossir samedi sur le site de la free party géante sur un champ de tir militaire près de Bourges. Samedi soir, jusqu'à 40 000 participants étaient sur place, selon un collectif de soutien aux fêtes techno.
Les forces de l'ordre et des démineurs de la direction générale de l'armement (DGA), à laquelle appartient ce site militaire, ont dû intervenir après la découverte d'un obus à proximité de la route départementale qui traverse le champ de tir, «en bordure du site du Teknival», a annoncé la préfecture du Cher. Elle n'a toutefois pas signalé d'incident majeur depuis le début du rassemblement, tôt vendredi matin.
Les autorités comptabilisaient 20 000 participants samedi matin, mais d'autres ont continué à arriver en vue de la soirée, point d'orgue de ce Teknival 2026 pour de nombreux teufeurs qui entendent autant s'amuser que protester contre le durcissement de la législation contre ces rassemblements techno illégaux.
Message à Laurent Nuñez
Contacté par l'AFP, Tekno Anti Rep, un collectif de soutien aux free parties présent sur place, estimait le nombre de festivaliers «entre 35 000 et 40 000».
Selon ce collectif, les organisateurs ont délibérément choisi un site proche de Bourges, ville natale du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, pour protester contre la politique répressive de l'Etat à l'égard des free parties. Il affirme également que «la partie du terrain utilisée (par le festival) n'est pas celle servant aux essais de tirs» de la DGA.
La fête bat déjà son plein depuis vendredi, avec des teufeurs aux tenues bariolées ou torse nu qui vibrent en face des murs de son. Derrière eux, les tentes, fourgons et autres véhicules des participants s'étendent à perte de vue sur l'immense terrain herbeux.
Prêts à intervenir
Selon la maire, Edith Raquin, la cohabitation se passe bien entre la population et les teufeurs. «Pour une fois qu'il y a de l'animation, profitons-en !», confirme Paulette, une retraitée de 64 ans qui habite le village et n'a pas souhaité donner son nom de famille.
La préfecture du Cher a fait état de 12 blessés légers samedi matin. Le préfet Philippe Le Moing Surzur a également mentionné une personne heurtée par un véhicule.
Quarante-cinq pompiers et 30 secouristes de la protection civile restent postés près du Teknival pendant tout l'événement. «On doit pouvoir faire face au pire, et le pire pour nous, ce serait l'explosion d'une munition de la Deuxième Guerre mondiale», dont certaines sont encore enfouies dans les zones boisées bordant la free party, insiste le préfet.
Avertissements
Sur leurs réseaux sociaux, les organisateurs du Teknival diffusent des pictogrammes appelant les teufeurs à ne pas faire de feu, ne pas creuser et ne pas ramasser d'objets.
Au total, 600 gendarmes sont déployés sur 14 points de contrôle en périphérie de la zone, où les premiers teufeurs sont arrivés tôt vendredi matin.
Samedi matin, les gendarmes avaient «déjà procédé à 32 verbalisations, en majorité pour détention de stupéfiants, à 26 infractions au code de la route et quatre gardes à vue», selon la préfecture. (tib/ats)
