L'Espagne et le Portugal à nouveau en alerte météo
Les deux pays se remettent à peine de la forte dépression Leonardo, qui les a traversés en milieu de semaine dernière.
Leurs autorités craignent que les sols, déjà saturés par les récents épisodes pluvieux intenses, ne puissent absorber plus d'eau, ce qui pourrait provoquer de nouvelles inondations et des glissements de terrain.
La péninsule ibérique est en première ligne du dérèglement climatique en Europe. Elle subit, depuis plusieurs années, des vagues de chaleur de plus en plus longues et des épisodes de fortes pluies de plus en plus fréquents et intenses.
En Espagne, une grande partie du sud du pays, notamment en Andalousie, est placée samedi en alerte orange. La vigilance s'impose aussi sur le nord-ouest, pour «précipitations» et violents pouvant «localement (être) forts». C'est ce qu'a annoncé l'Aemet, l'agence météorologique nationale.
«Nous n'avons jamais vu une telle série de tempêtes», a déclaré le président de l'Andalousie, Juan Manuel Moreno, en début d'après-midi. Il a parlé d'une situation «complexe» avec des dizaines de routes coupées, le trafic ferroviaire largement suspendu et un total de «plus de 11 000 personnes» évacuées de leur domicile dans les zones affectées.
En accumulant les dégâts matériels causés dans la région par les dépressions Leonardo et Marta (toujours en cours), «l'impact économique sera de plusieurs millions d'euros», a déjà prévenu le responsable, avec «le secteur agricole durement touché» et plus de 500 millions d'euros de travaux de réparation sur les axes routiers.
«Des pluies qui n'en finissent pas»
Les précipitations de samedi viennent ainsi s'ajouter en Andalousie aux pluies qui ont provoqué d'impressionnantes crues, inondations et glissements de terrain.
Portugal et Maroc aussi touchés
Le Portugal voisin, également touché samedi par la dépression Marta, enchaîne depuis plusieurs semaines des épisodes climatiques importants. Il a connu son deuxième mois de janvier le plus pluvieux depuis 2000, d'après l'agence météorologique nationale (IPMA).
Elle a placé l'ensemble du littoral en alerte orange en raison d'une forte agitation maritime, avec des vagues pouvant atteindre jusqu'à 13 mètres de haut.
Lors d'un point réalisé en début d'après-midi, l'Autorité nationale de protection civile a fait état de plusieurs glissements de terrain, sans faire état de victimes.
Le risque de crue du Tage, dans la région de Santarém (centre), restait à son niveau maximal. Mais plus au sud, à Alcacer do Sal, une des communes les plus touchées par les inondations des derniers jours, les eaux du Sado sont redescendues au niveau des berges.
Une personne est décédée dans le passage de la dépression Leonardo plus tôt dans la semaine et 1100 autres ont été évacués à travers le pays, d'après les autorités.
Conséquence de la succession de ces dépressions atmosphériques, les barrages du Portugal ont libéré en trois jours «un volume d'eau équivalant à la consommation annuelle du pays», avait dit le président de l'Agence portugaise de l'environnement (APA), José Pimenta Machado, vendredi.
A quelques centaines de kilomètres de là, le Maroc est également frappé. 150 000 personnes ont dû évacuer dans le nord-ouest du pays.
Des images montrent des mosquées à moitié immergées, de nombreuses routes inondées, ainsi que des terres agricoles touchées, notamment des champs de citronniers. Les autorités ont organisé des distributions d'aide par les airs.
Une alerte de vigilance orange a été émise pour le week-end, l'agence météorologique nationale mettant de nouveau en garde contre de fortes précipitations. (ats)
