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Voici les enjeux des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis

De jeunes Iraniens passent devant une caricature de Donald Trump à Téhéran.
De jeunes Iraniens passent devant une caricature de Donald Trump à Téhéran.Image: Abedin Taherkenareh / EPA

Voici les enjeux des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis

Téhéran, Washington et les médiateurs abordent les réunions de vendredi avec des positions parfois opposées. Voici un aperçu des enjeux.
06.02.2026, 11:5706.02.2026, 11:57
Thomas Seibert, Istanbul / ch media

Un avion de chasse américain F-35 a décollé cette semaine du porte-avions USS Abraham Lincoln dans la mer d'Arabie. A environ 900 kilomètres de la côte iranienne, l'armée américaine a repéré un drone iranien à longue portée qui se dirigeait vers le porte-avions. Le jet de combat l'a abattu.

La confrontation montre à quel point l'Iran et les Etats-Unis sont proches de la guerre. Une rencontre, prévue selon les médias d'Etat iraniens ce vendredi à Oman, vise à éviter le conflit, mais les participants abordent les négociations avec des positions opposées.

La situation de départ

Le président américain Donald Trump menace depuis janvier de mener des frappes aériennes en Iran et a depuis envoyé d'autres navires de guerre, dont l'Abraham Lincoln, à proximité du pays.

Ce vendredi, les conseillers de Trump, Steve Witkoff et son gendre, Jared Kushner, doivent rencontrer le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Il est incertain que des médiateurs des pays arabes et de la Turquie participent à la réunion en Oman. Aucun accord n'est attendu vendredi.

Trump affirme qu'il préfère parvenir à un accord avec l'Iran plutôt que d'attaquer, mais la tension est forte, et l'ordre d'attaque peut être donné à tout moment.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.Image: Imago

L'Iran

L'expert Arman Mahmoudian, de l'Université de Floride du Sud, déclare:

«Téhéran cherche avant tout à éviter la guerre»

Le régime est tellement affaibli par les attaques israélo-américaines de juin dernier et les récentes manifestations de masse, que tout nouveau conflit militaire serait existentiel, nous a expliqué Arman Mahmoudian.

Le deuxième objectif de l'Iran est de sortir de sa crise économique permanente. Cela aussi est vital pour la survie du régime.

Les Iraniennes à Téhéran: quel avenir pour le pays?
Les Iraniennes à Téhéran: quel avenir pour le pays?Image: Abedin Taherkenareh / EPA

Le nucléaire iranien

La direction iranienne sait qu'une reprise économique n'est possible que si les sanctions internationales dont elle fait l'objet sont levées, et cela ne pourra se faire que si l'Iran limite son programme nucléaire et renonce à la fabrication d'une bombe atomique. Abbas Araghchi et Steve Witkoff avaient déjà discuté de ce sujet l'année dernière sans parvenir à un accord.

Le traité nucléaire de 2015 a expiré entre-temps. Donald Trump exige la fin de l'enrichissement d'uranium iranien et des contrôles stricts sur les installations du pays. De plus, l'Iran devrait restituer environ 440 kilos d'uranium hautement enrichi.

Les experts estiment qu'un accord sur la question du nucléaire est possible. Téhéran veut «un accord qui soulage un peu la pression économique», selon Arman Mahmoudian. Cependant, l'Iran insiste sur son droit à l'enrichissement d'uranium à des fins pacifiques, car le guide suprême Ali Khamenei considérerait la fin de ce programme comme une humiliation. L'Iran veut aussi limiter les négociations avec les Etats-Unis au seul sujet nucléaire.

Ali Khamenei à Téhéran, le 1er février.
Ali Khamenei à Téhéran, le 1er février.Image: Imago

Les Etats-Unis

Trump considère un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien comme une partie seulement d'une solution globale. Il exige aussi une réduction de l'arsenal de missiles iranien. Les Gardiens de la révolution détiennent environ 3000 missiles menaçant Israël et d'autres alliés américains, mais, selon Khamenei, ce sont là les derniers moyens de dissuasion pour l'Iran.

Washington exige également que l'Iran cesse de soutenir les groupes anti-israéliens au Moyen-Orient, comme le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.

Trump ne parle plus de renversement du régime iranien. Ces dernières semaines, il avait affirmé qu'il était temps pour un nouveau gouvernement d'émerger à Téhéran. Il avait aussi promis aux manifestants anti-gouvernementaux «de l'aide». Bien qu'il menace le régime de Khamenei de «choses bien pires» si les négociations échouent, il semble qu'un renversement de la République islamique ne fasse plus partie de ses objectifs actuels.

Les médiateurs

Le renversement du régime n'est également pas à l'ordre du jour pour la plupart des voisins de l'Iran, bien qu'ils n'aient que peu d'estime pour la théocratie de Téhéran. Israël est le seul pays du Moyen-Orient à exiger la chute de la République islamique. Pour les autres pays, l'enjeu est surtout d'éviter de nouveaux troubles dans la région.

La Turquie s'est proposée comme hôte des négociations irano-américaines. Le Qatar, Oman, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite s'impliquent également.

Pour préparer la rencontre de vendredi, les médiateurs ont des priorités différentes. La Turquie souhaite que les Etats-Unis se concentrent sur la question nucléaire. Le gouvernement turc estime que le processus de négociation pourrait être étouffé si des discussions sur les missiles ou la politique iranienne au Moyen-Orient étaient au centre des échanges.

D'autres pays de la région exercent plus de pression sur l'Iran. «Téhéran doit parvenir à un accord avec les Etats-Unis», a exigé le conseiller gouvernemental des Emirats, Anwar Gargash. En outre, un désarmement des missiles iraniens serait dans l'intérêt des Etats du Golfe, qui ne veulent pas dépendre de la promesse de protection des Etats-Unis.

En effet, Trump avait refusé, durant son premier mandat, de sanctionner l'Iran pour les bombardements des installations pétrolières saoudiennes.

Anwar Gargash.
Anwar Gargash.Image: Imago
Des manifestations, en Iran et ailleurs
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Des manifestations, en Iran et ailleurs
Des Iraniennes tiennent des photos de Mahsa Amini, les mains peintes en rouge, lors d'une manifestation devant le consulat d'Iran suite à la mort de Mahsa Amini, à Istanbul, en Turquie, le 17 octobre 2022.
source: epa / sedat suna
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- Iran: répression violente à Rasht
Video: watson
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