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Gezi-Istanbul: ce policier a dû planter des arbres

Riot police use pepper gas to disperse demonstrators protesting against the cutting down of trees in the center of Taksim Square in Istanbul, Turkey, Tuesday, May 28, 2013.(AP Photo)
En 2013, l'évacuation du parc Gezi, à Istanbul, avait dégénéré en une vague de manifestations sans précédent.Image: AP

Pour avoir violenté une femme, ce policier a dû planter des arbres

Reconnu coupable en 2015 de «coups et blessures volontaires» et de «faute professionnelle», un policier turc a écopé d'une peine jugée trop légère par la Cour européenne des droits de l'Homme.
17.03.2026, 14:0017.03.2026, 14:00

Un policier poursuivi pour des violences sur une manifestante avait été condamné à planter des arbres et à s'en occuper pendant six mois. La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a épinglé mardi la Turquie pour sanction insuffisante du représentant de la loi.

Les faits remontent au 28 mai 2013 lors de l'évacuation des manifestants du parc Gezi à Istanbul, qui avait entraîné une fronde sans précédent contre l'autorité de Recep Tayyip Erdogan, alors premier ministre turc et aujourd'hui président. Un policier avait aspergé de gaz lacrymogène une manifestante du nom de Ceyda Sungur, qui protestait contre un projet de destruction du parc Gezi et son remplacement par un centre commercial. L'image de la «dame en rouge» aspergée de gaz avait fait le tour du monde, devenant le symbole de la répression.

Un policier avait été reconnu coupable en 2015 de «coups et blessures volontaires» et de «faute professionnelle». Le tribunal lui avait infligé deux peines de dix mois d'emprisonnement ferme, dont il avait été immédiatement dispensé pour «bonne conduite» pendant son procès.

Les juges l'avaient également condamné à une peine plus inhabituelle: planter 300 arbres et veiller à leur croissance pendant six mois, comme l'a rappelé la CEDH dans un arrêt. La cour constitutionnelle avait validé cette peine.

Au moins huit morts et plus de 8000 blessés

Saisis par Sungur, qui estimait que le policier n'avait pas été décemment sanctionné, les juges de la CEDH ont estimé que la Turquie avait violé l'article 3 de la convention européenne des droits de l'Homme, qui interdit la torture et les «traitements inhumains ou dégradants». La Turquie est condamnée à verser à la requérante 11 900 euros au titre du préjudice moral et des frais et dépens.

L'évacuation du parc Gezi avait dégénéré en une vague de manifestations sans précédent qui avait mobilisé pendant trois semaines plus de 3 millions de personnes exigeant la démission de Erdogan, accusé de dérive autoritaire et islamiste. La répression a fait au moins huit morts, plus de 8000 blessés et a été marquée par des milliers d'arrestations.

epa03728417 Turkish protesters demonstrate attend a rally in support of demonstrations against the conservative government of Prime Minister Recep Tayyip Erdogan in Istanbul, in Ankara, Turkey, 02 Jun ...
Image: EPA

La «dame en rouge» avait été initialement inculpée de «provocation dans le but de désobéir à la loi», avant qu'un procureur ne renonce à ces poursuites quelques mois plus tard. La CEDH, qui siège à Strasbourg, est chargée de l'application de la convention européenne des droits de l'homme dans les 46 pays signataires. (jzs/ats)

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