Le chef du Kremlin a reçu le premier ministre indien Narendra Modi pour le thé dans sa résidence de Novo-Ogarjewo près de Moscou. Selon l'agence officielle Tass, les deux hommes se sont mis d'accord pour discuter officieusement de différents sujets. Avant de s'entretenir officiellement, mardi.
Les retrouvailles auraient été très chaleureuses, selon le Spiegel. Poutine aurait appelé Modi «mon cher ami». Ce dernier l'aurait ensuite remercié pour son «invitation à la maison». Ils se sont ensuite pris dans les bras et se sont promenés dans le jardin. Pendant que Poutine parlait, son hôte écoutait, raconte encore le journal allemand.
Derrière ces images, un message transparaît en filigrane: même après près de deux ans et demi de guerre en Ukraine, la Russie est tout sauf isolée, ou du moins elle doit le paraître. D'autres rencontres récentes cherchent aussi à le démontrer. Le premier ministre hongrois Viktor Orbán - également président du Conseil de l'UE - avait rendu visite à Poutine vendredi à Moscou.
La venue d'Orbán puis de Modi n'ont pas été les seuls succès du chef du Kremlin en matière de politique étrangère. Au cours des deux derniers mois, Poutine s'est d'abord rendu en Chine, en Corée du Nord, au Vietnam, puis la semaine dernière au Kazakhstan. Pour le Spiegel, la rencontre avec Modi a néanmoins une saveur particulière. Car contrairement aux derniers pays cités, l'Inde n'est pas un adversaire de l'Occident, mais bien un partenaire démocratique.
Selon le Kremlin, la visite officielle de Modi devrait également être l'occasion de parler de l'invasion de l'Ukraine. «Nous nous efforçons de soutenir la paix et la stabilité dans la région», a déclaré le dirigeant indien cité par la chaîne de télévision ntv.
Cette rencontre a en revanche déçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a réagi sur X:
Cet événement devrait intéresser les observateurs occidentaux, a lui déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il faisait référence à l'absence - au grand dam de Kiev - de Modi du sommet de la paix en Suisse en juin dernier.
Jusqu'à présent, l'Inde est restée neutre dans la guerre en Ukraine. Elle continue à entretenir des relations tant avec l'Occident qu'avec la Russie. Narendra Modi participera aussi cet automne à la réunion du groupe des BRICS - dont l'hôte n'est autre que la Russie. Ce groupe rassemble entre autres le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud.
New Dehli entretient des relations commerciales de plus en plus intenses avec Moscou et elle importe désormais beaucoup de pétrole russe. Les médias russes avaient déjà estimé ces derniers jours que ce voyage de Modi, après sa réélection, témoigne de l'importance particulière que le dirigeant accorde aux relations entre les deux grandes puissances. La Russie reste l'un des principaux fournisseurs d'énergie pour l'Inde.
Après sa rencontre avec Poutine, Modi veut poursuivre son voyage en Autriche. Il s'agit de la première visite d'un premier ministre indien dans ce pays depuis plus de 40 ans.
(Traduit et adapté par Valentine Zenker)