Hantavirus: y a-t-il un risque d'épidémie? L'OMS s'exprime
Le navire MV Hondius, qui reliait l'Argentine au Cap-Vert, est au cœur de l'attention internationale depuis que l'agence sanitaire des Nations unies, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a annoncé dimanche que trois passagers étaient décédés et que la cause suspectée était l'hantavirus.
Les autorités et l'OMS se veulent toutefois rassurantes devant le «faible» niveau de risque épidémique. «Ce n'est pas le début d'une épidémie. Ce n'est pas le début d'une pandémie», a assuré jeudi Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS, aux journalistes à Genève.
«Nous pensons que cet épisode restera limité si les mesures de santé publique sont appliquées et si tous les pays font preuve de solidarité», a renchéri à ses côtés Abdi Rahman Mahamud, directeur des opérations d'alerte et de réponse aux urgences sanitaires.
Les deux experts s'exprimaient à l'occasion de la première conférence de presse organisée par l'OMS depuis le début de cette crise.
Trois décès
«À ce jour, huit cas ont été signalés, dont trois décès. Cinq de ces huit cas ont été confirmés comme étant dus au hantavirus, tandis que les trois autres sont considérés comme suspects», avait auparavant déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Et d'ajouter:
Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique contre ce virus, qui peut être contracté au contact de rongeurs et dont la souche des Andes, retrouvée sur des passagers infectés, est la seule à être connue pour des cas de transmission interhumaine.
Le MV Hondius, qui effectuait depuis le 1er avril une croisière dans l'Atlantique, fait route du Cap-Vert vers les îles Canaries, où les quelque 150 passagers et membres d'équipage restants seront surveillés avant d'être autorisés à prendre l'avion pour rentrer chez eux.
Le croisiériste Oceanwide Expeditions, qui exploite le bateau, avait annoncé plus tôt jeudi que trente passagers, d'au moins douze nationalités différentes, avaient quitté la croisière lors d'une escale le 24 avril sur l'île britannique de Saint-Hélène.
Douze pays, dont la Suisse
L'OMS a «informé les 12 pays dont des ressortissants ont débarqué à Sainte-Hélène. Ces 12 pays sont le Canada, le Danemark, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Saint-Kitts-et-Nevis, Singapour, la Suède, la Suisse, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis», a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
L'organisation a par ailleurs annoncé que l'Argentine envoyait vers cinq pays quelque 2500 kits pour dépister l'hantavirus. (ag/ats)
