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Pourquoi la justice suisse ne veut pas se mêler à l'affaire Epstein

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Divers pays ont déjà ouvert des enquêtes, pas la Suisse. SonntagsBlick a sollicité le Ministère public zurichois pour savoir pourquoi (image d'illustration). kesytone/canva

Pourquoi la justice suisse ne veut pas se mêler à l'affaire Epstein

Des éléments révélés dans le sillage de l'affaire Epstein semblent mener en Suisse. Le Ministère public zurichois suit la situation de près. Selon un expert, l’ouverture d’une enquête reste néanmoins peu probable.
15.02.2026, 20:5715.02.2026, 20:57

Les Epstein Files ont révélé des liens avec la Suisse. Blick avait notamment révélé qu'Epstein avait été en contact avec au moins cinq femmes en Suisse. La Neue Zürcher Zeitung (NZZ) a évoqué une jeune employée de banque russe. Cette résidante temporaire aurait mis des femmes en relation avec l'Américain.

Alors que d’autres pays ont déjà ouvert des enquêtes, mais rien de tel en Suisse (à ce stade?). SonntagsBlick a sollicité le Ministère public zurichois à ce propos.

Et celui-ci aurait simplement répondu suivre «attentivement la couverture médiatique locale de cette affaire». Il entendrait prendre des mesures si des indices concrets d’une infraction poursuivable d’office surviennent.

Interrogé sur l’activité de mise en relation exercée par la ressortissante russe résidant temporairement en Suisse, le Ministère public zurichois n’aurait pas souhaité se prononcer. On lui aurait notamment demandé si cela ne pouvait pas s'apparenter à de la traite d’êtres humains, et donc constituer une infraction qui est poursuivie d’office dans notre pays.

Lieu des faits déterminant

En cas de soupçon en la matière, les autorités helvétiques devraient en principe ouvrir une enquête, explique le professeur de droit pénal Jonas Weber dans SonntagsBlick. Il faut toutefois, pour cela, que l'affaire revête une certaine gravité — il faut pouvoir établir qu'il y a effectivement eu de l'exploitation sexuelle au sens légal du terme.

Or, à ce stade, les éléments disponibles en Suisse seraient insuffisants pour ce faire. Le simple fait de «mettre en relation» des femmes ne constitue pas une infraction, précise Jonas Weber. Il faudrait en outre qu'elles se soient trouvées dans une situation de contrainte, et que l’intermédiaire ait su qu’elles seraient ensuite exploitées sexuellement.

Berne pourrait aussi envisager d’enquêter pour complicité d’une infraction sexuelle. Mais si les abus ont eu lieu aux Etats-Unis, la responsabilité d'enquêter retomberait sur les autorités américaines. Elles devraient alors déposer une demande d'entraide judiciaire.

Vérifications en cours?

Or, les Etats-Unis ne prévoient pas de nouvelles investigations concernant les Epstein Files. Faute d'éléments nouveaux, Jonas Weber exclut donc a priori que la Suisse entreprenne des démarches de son propre chef.

SonntagsBlick écrit toutefois que des vérifications policières pourraient être en cours, afin de confirmer ou d'infirmer tout soupçon d’infraction poursuivie d'office. L’une des difficultés majeures consisterait notamment à identifier les victimes et à recueillir leurs déclarations. (dag)

(Traduit de l'allemand par Valentine Zenker)

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