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Une sexologue décrit les erreurs des couples en relations libres

Les jeunes se tournent vers des relations ouvertes.
Les jeunes se tournent vers des relations ouvertes.Image: watson

Une sexologue décrit les erreurs des couples en relations libres

Certains jeunes abandonnent les relations de couples traditionnelles pour se tourner vers des relations ouvertes. La psychologue suisse Ursina Donatsch explique ce phénomène.
21.02.2026, 07:0021.02.2026, 10:43
Annika Bangerter / ch media

«Ils se marièrent et vécurent heureux»: c'est ainsi que se terminent les histoires d'amour dans les contes de fées. Mais cet idéal romantique est de plus en plus remis en question. Aujourd'hui, des individus, mais aussi des couples, cherchent leur bonheur amoureux dans des relations ouvertes ou polyamoureuses.

«Ne plus vouloir vivre de manière monogame est presque une tendance», affirme la psychologue et sexothérapeute Ursina Donatsch. Il manque cependant de modèles et de guides. Elle vient justement de publier un livre dont le but est de combler cette lacune.

Qui sont ces couples qui ouvrent leur relation?
Ursina Donatsch: L'éventail est immense, tant en ce qui concerne l'âge et le genre que la durée de la relation. On peut toutefois distinguer trois groupes. Les jeunes, pour qui les relations alternatives sont considérées comme modernes. Ensuite, il y a les gens pour qui la monogamie n'a pas de sens pour des raisons idéologiques, car ils l'associent à des revendications de propriété.

«Finalement, il y a les couples vivant de manière monogame depuis longtemps et qui veulent apporter un vent de fraîcheur à leur relation»

Des études montrent que ce sont surtout les jeunes qui s'imaginent dans des relations ouvertes ou polyamoureuses. Pourquoi?
De nos jours, ne pas vouloir se marier n'entraîne presque plus de désavantages sociaux ou économiques. C'était différent il y a encore quelques décennies, en particulier pour les femmes. Ce n'est qu'avec l'indépendance juridique et financière croissante que les modèles relationnels alternatifs sont devenus réalistes, imaginables et vivables. De plus, le renforcement du mouvement LGBTQIA+ a encouragé de nombreux jeunes à remettre en question les binarités et les injonctions normatives, et à repenser la relation au-delà de l'exclusivité.

Qui est Ursina Donatsch?
Experte en relations, la thérapeute de couple et sexothérapeute a étudié la psychologie à Zurich et a passé son doctorat sur la consommation de pornographie.
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Image: FSP

Certains reprochent à la jeune génération un manque d'engagement dans les rencontres amoureuses. Les relations ouvertes sont-elles la solution facile pour les gens qui ne veulent pas s'engager?
Pas du tout!

«Les relations ouvertes sont tout sauf sans engagement»

Chez les jeunes, en revanche, j'observe souvent qu'ils ouvrent leur relation précipitamment, en supposant que l'engagement est superflu, et que tout peut être possible en même temps. Cela conduit à des difficultés et des blessures. On oublie souvent que seule la monogamie est clairement définie socialement. Celui qui sort de ce cadre doit établir lui-même toutes les règles. Cela nécessite une réflexion intense.

Personne ne sait à l'avance ce qu'une relation ouverte va déclencher. Selon vous, quels sont les critères pour que cela se passe bien?
Les deux partenaires devraient disposer d'une grande capacité d'autoréflexion. C'est-à-dire qu'ils doivent pouvoir reconnaître et exprimer leurs sentiments, leurs limites et leurs besoins. Si, par exemple, de vieilles peurs surgissent chez une personne lorsque le partenaire est en rendez-vous, il peut être judicieux d'examiner les racines de cette peur. Il s'agit toujours de distinguer: qu'est-ce qui est mon problème? Qu'est-ce qui est notre problème en tant que couple?

«Et qu'est-ce qui est un problème propre à la relation ouverte?»

De quoi les couples devraient-ils parler avant d'ouvrir leur relation?
Des motivations qui les poussent à faire ce choix. Je sais par expérience qu'il y a souvent d'énormes différences à ce sujet entre les personnes. Il est important d'en être conscient pour ne pas être blessé par la suite. Je recommande également de concevoir une image commune: considérer l'ouverture de la relation comme un voyage ou un projet, par exemple. Cela permet d'avancer étape par étape. Sinon, le risque est d'être complètement dépassé, notamment par l'émotionnel.

La chanteuse Lily Allen règle ses comptes avec son ex-mari dans son dernier album. Il voulait ouvrir la relation, elle, non. Elle a toutefois accepté, mais elle en a souffert. Avez-vous déjà observé de tels scénarios?

«Oui, il arrive souvent que quelqu'un accepte d'ouvrir la relation pour ne pas perdre la personne aimée»
Ursina Donatsch

Toutefois, une relation ouverte suppose un consensus des deux côtés. Si une personne accepte sous la pression ou par peur de la perte, cela ne peut pas bien se passer. C'est pourquoi il est si important de clarifier les motivations de chacun.

Avez-vous déjà déconseillé à des couples d'ouvrir leur relation?
Au travers du processus thérapeutique, les clients constatent régulièrement qu'ouvrir leur relation n'atteint pas l'objectif souhaité. L'ouverture comme solution à des problèmes existants n'est jamais une bonne idée.

Quels sont les points d'achoppement pour les couples qui ouvrent leur relation?
Lorsqu'une personne sent que ses besoins sont ignorés. Il y a également l'estime de soi qui en prend un coup ou la peur que la relation soit en danger. En général, les achoppements surviennent en raison de rythmes, de motivations et de limites différents, d'accords peu clairs ou non respectés, ou encore de hiérarchie dans le couple.

De hiérarchie? C'est-à-dire?
Souvent, un couple convient: «Nous deux restons le plus important. Si quelque chose ne va pas entre nous, les autres contacts seront rompus.» Cela ne fonctionne pas dans la pratique. En cas de problèmes, dans la plupart des cas, la personne ne souhaite pas rompre la relation tierce, car celle-ci a pris une place importante dans sa vie.

Comment les couples gèrent-ils la jalousie?
Avant toute chose, précisons que la jalousie est un sentiment basique qui survient aussi entre frères et sœurs ou amis. Dans un couple, la norme monogame confère une sécurité supposée, on est ainsi moins souvent confronté à la jalousie que dans une relation ouverte.

«Et puis, de manière générale, la jalousie est un signal»

C'est-à-dire?
Elle nous donne des indications sur une confrontation nécessaire. Derrière la jalousie se cachent des peurs, comme celle d'être abandonné. Il s'agit de trouver une manière de gérer ces peurs. Les couples non monogames ont, d'un côté, besoin d'attachement, de l'autre besoin d'autonomie. Ils doivent trouver un équilibre.

Comment faire pour que son ou sa partenaire ne tombe pas amoureux et néglige ainsi son couple?
Ce danger existe. C'est pour cela que je recommande de réserver du temps pour son couple.

«Pour ne pas mettre la relation en danger, il est important de partager des moments beaux, drôles et profonds. Il ne faut pas que les choses attrayantes n'aient lieu qu'à l'extérieur du couple»
Ursina Donatsch

Il est également important que les relations ne soient pas comparées entre elles.

Dans votre livre, vous dressez une liste de sujets que les couples non monogames devraient régulièrement aborder. Les gens sont-ils conscients de l'investissement que représente une relation ouverte?
Non. C'est précisément pour cela que j'ai écrit ce livre. Dans une relation ouverte, on sous-estime la quantité de travail, de ressources émotionnelles à investir, mais aussi de temps que nécessite cette forme de relation. On doit régulièrement tout ressentir, négocier, ressentir à nouveau et renégocier.

Le quotidien est déjà bien rempli avec le travail, les enfants, les loisirs et les amis. Vos clients en relation ouverte sont-ils stressés en permanence?
La relation ouverte est un élément supplémentaire à inclure dans cet équilibre. Nous avons tous plusieurs rôles à concilier. Certains y parviennent mieux que d'autres, mais cela peut aussi dépendre des circonstances.

Que peuvent apprendre les couples en relation monogame de ceux en relation ouverte?

«L'importance d'échanger sur les besoins, les désirs sexuels et les peurs»

Assumer la responsabilité de ses sentiments et ne pas confondre sécurité et contrôle. Finalement, en thérapie de couple, qu'il s'agisse de relations monogames ou polyamoureuses, il est toujours question des mêmes thèmes: confiance, sécurité de l'attachement, accords et communication.

Le livre d'Ursina Donatsch, «Verbunden und trotzdem frei. Das Praxishandbuch für offene Beziehungen und Polyamorie», n'est pour l'instant disponible qu'en allemand.

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