Comment tenir vos bonnes résolutions du Nouvel An
Tandis que vous digérez les dernières louches de purée «façon Joël Robuchon» et autres parts de bûche de Noël crème au beurre concoctée par votre cousine Valérie, il est possible que vous méditiez déjà sur le bilan de votre année et aux changements que vous souhaiteriez apporter l'an prochain. Les voilà alors qui pointent, dans un coin de votre esprit, entre les mails en attente et les films partagés avec votre progéniture au fond du canapé: les bonnes résolutions.
Bannir le sucre. Y aller mollo sur la viande. Arrêter la clope. Boire moins d'alcool. Se remettre enfin au jogging. Tester un nouveau sport. Se mettre à la grimpe. Stresser moins. Méditer plus. Apprendre l'espagnol. Profiter de vos proches. Lire davantage. Regarder plus de (bons) films. Redécorer votre appartement. Faire 10 000 pas par jour. Non, allez, 6000. Ecrire un livre. Avoir un enfant. Perdre deux kilos. Baisser votre taux de travail. Entreprendre un grand voyage. Socialiser davantage. Ou, au contraire, apprendre à être bien avec vous-même.
Selon toute probabilité, ni vous ni moi ne tiendrons nos bonnes résolutions. Selon une étude de 2007 fréquemment citée, menée par le professeur de psychologie britannique Richard Wiseman sur 3000 personnes, seules 12% avaient tenu leur objectif à la fin de l'année.
Pas étonnant, donc, que certains balaient le concept de «bonnes résolutions» d'un revers de main moqueur. Par crainte de paraître nunuche (et de voir les miennes détruites d'un ricanement devant la machine à café), j'ai d'ailleurs vaguement hésité avant d'aborder le sujet avec mes collègues, ce lundi.
Il s'est avéré que chacun y avait déjà plus ou moins réfléchi.
Si certaines résolutions étaient encore très vagues («Je verrai le 31, mais c'est sûr que j'en aurai»), d'autres radicalement ambitieuses («Apprendre le chinois») et d'autres plus modestes («Dormir une heure de plus chaque nuit»), d'autres, encore, se cantonnaient à des objectifs beaucoup plus terre-à-terre («Changer de monture de lunettes en janvier»). Mais chacun avait déjà sa petite idée.
Quelques conseils prodigués par les experts
Preuve que nous sommes nombreux à prendre cette démarche avec plus ou moins de sérieux, à l'approche du cap décisif, les médias internationaux nous accablent de conseils d'experts - psychologues, médecins, coachs sportifs, mentaux, gourous bonheur/bien-être et autres adeptes de développement personnel - pour nous aider à tenir le cap.
La plupart des recommandations vont dans le même sens. Se fixer des objectifs réalistes. Arrêter de voir trop grand. «Parfois, quand les gens prennent une résolution, elle reste assez abstraite», souligne par exemple la psychologue clinicienne Jameca Cooper, dans le magazine GQ.
La plupart des spécialistes soulignent aussi l'importance d'y aller étape par étape. De décomposer une tâche a priori immense en petites actions quotidiennes et atteignables. Rester régulier et ne pas se décourager face à l'échec. Ne pas vouloir abandonner après avoir craqué pour une part de cette affriolante tranche de galette des rois, même si vous n'êtes qu'au sixième jour de votre remise en forme.
L'objectif n'est pas d'être parfait. Si l'on commet une entorse sur le chemin vers la réalisation de son ambition, au lieu d'attendre la semaine ou le mois suivant pour recommencer, chaque jour doit être considéré comme une nouvelle opportunité. Amen.
Enfin, et surtout, il s'agit de savoir pourquoi vous vous êtes fixé tel ou tel objectif. «Il est difficile de persévérer si l'on se base uniquement sur les injonctions sociales et non sur des motivations plus profondes», note Liz Moody, célèbre podcaster et experte en développement personnel, dans Vogue. Prenant l'exemple typique de la perte de poids, elle interroge: «Demandez-vous: pourquoi est-ce que je fais cela?»
Le choix du thème
Alors que je médite de mon côté sur les objectifs que je souhaite me fixer en 2026, j'ai récemment découvert une autre approche, adoptée notamment par l'entrepreneur et personnalité médiatique américain Michael Bosstick ou la journaliste Daisy Jones, de Vogue. La méthode est simple: plutôt que de s'imposer des résolutions qui risquent de sauter, il préfère se donner un «thème» global pour l'année.
Pour certains, ce sera «voyage». Pour d'autres, «famille». Pour d'autres encore, «santé» ou «gratitude». Plus flexibles et englobants, les thèmes permettent de canaliser son énergie dans une direction.
Autre avantage du thème? Contrairement aux résolutions du Nouvel An, qui ont tendance à viser directement un comportement ou une habitude sans s'attaquer au problème à la racine, les thèmes sont plus doux, plus continus et axés sur la racine même du changement.
Il y aura aussi, évidemment, des moments où vous vous écarterez du thème. Ce n'est pas parce que vous axez votre année sur le «travail», que vous laisserez votre enfant au bord de la route s'il rencontre des difficultés ou qu'un de vos proches tombe malade. Dans ce cas, vous adopterez peut-être des voies divergentes ou mettrez la priorité sur d'autres choses à un moment X ou Y - mais sans jamais perdre de vue votre année globale.
Qu'on se désigne un thème, une poignée de bonnes résolutions concrètes ou que l'on décide tout simplement d'envoyer balader toutes ces injonctions à l'amélioration de soi, il faut reconnaître au passage à la nouvelle année qu'elle a quelque chose de rafraîchissant. Excitant, comme un nouveau départ. Une bouffée d'air frais de -2 degrés, telle qu'on les aime en janvier.
Je vous laisse à vos réflexions. Et, en attendant, je vous souhaite une très belle et enrichissante année 2026.
