Cette sextape iconique est au cœur d'un «accord secret» à plusieurs millions
C'est l'un des films X les plus visionnés de tous les temps: Kim Kardashian, superstar. Un porno devenu presque aussi culte que One Night in Paris, vidéo du même acabit mettant en vedette Paris Hilton. Et devenu, au fil des années, l'objet de rumeurs et de spéculations passionnées - y compris de la part des protagonistes eux-mêmes.
La vidéo
Mais d'abord, un brin de contexte. Pour ceux qui n'auraient pas eu la curiosité de visionner les cabrioles de Kim Kardashian et de son copain de l'époque, plantons le décor. Nous sommes en octobre 2003, dans un luxueux complexe hôtelier Esperanza à Cabo San Lucas, au Mexique. Kim n'est pas encore la toute-puissante star de télé-réalité et femme d'affaires qu'elle est aujourd'hui.
A l'époque, c'est une relative inconnue. La styliste personnelle de la chanteuse Brandy Norwood. Tout juste la fille d'un avocat respecté de Los Angeles, Robert Kardashian, propulsé malgré lui à la notoriété pour avoir fait partie de l'équipe de défense d'OJ Simpson, en 1995.
Lors de ce voyage, organisé à l'occasion de ses 23 ans, son petit ami depuis quelques mois, Ray J, rappeur et producteur, se pique de filmer leurs vacances avec une caméra portative, notamment en train de «faire les pitres». Dans tous les sens du terme.
La fuite
Si les images de leurs ébats resteront secrètes pendant quelques années, en 2007, elles fuitent sur Internet grâce à une société de production, Vivid Entertainment, qui affirme alors dans un communiqué de presse les avoir achetées auprès d'un «tiers» pour 1 million de dollars.
L'identité du «tiers»? La société ne la révèlera jamais. La sextape, en revanche, dont la sortie suit de près le lancement du show de télé-réalité familial L'Incroyable famille Kardashian, en 2007, achève de propulser Kim au rang de célébrité mondiale.
Si la femme la plus connue du monde et sa famille ont toujours nié une quelconque implication dans la fuite de cet enregistrement (de fait, Kim a porté plainte contre la société Vivid pour empêcher sa diffusion), cette version s'est retrouvée contestée par quelques sceptiques.
Une théorie du complot alimentée par Ray J lui-même, en pétard avec les Kardashians depuis des années.
Depuis des années, le rappeur presque aussi controversé que Diddy et Kanye West clame sur tous les toits que Kim Kardashian, avec le soutien assidu de sa mère, Kris Jenner, aurait tout planifié depuis le début. Non seulement la vidéo n'aurait jamais «fuité», mais, au contraire, elle aurait été préparée et financée.
Selon le chanteur, dans une interview accordée à TMZ, sa copine et lui-même auraient été rétribués 400 000 dollars chacun pour trois sextapes consécutives, tournées à Cabo et à Santa Barbara.
Une hypothèse que partage également le journaliste canadien Ian Halperin. «C'est Kris qui a orchestré l'affaire en coulisses et qui est responsable de la divulgation de l'enregistrement», affirme-t-il dans son livre Kardashian Dynasty, en 2016.
Quant à la fameuse plainte déposée par Kim pour empêcher la diffusion, il ne s'agirait que d'une habile manœuvre pour faire porter le chapeau à son ancien petit ami.
Une chose est sûre et irrévocable: pour que Vivid Entertainment puisse diffuser légalement cette sextape, ses protagonistes ont tous deux dû céder leurs droits à la société. Une certaine confusion règne sur le degré de volonté et d'implication chacun.
«C'était un accord extrêmement difficile à conclure. Probablement le plus difficile que nous n’avons jamais réalisé. Kim ne voulait pas que cela se produise», affirme pour l'un des principaux intéressés du contrat, Steve Hirsch, alors patron de Vivid, dans une longue enquête de Page Six en 2017, où le tabloïd a interrogé plusieurs proches de l'affaire.
Alors que les sources se contredisent sur la volonté ou non de Kim Kardashian de diffuser ces images, l'affaire est venue se rappeler au bon souvenir de la justice en 2025. En octobre, Kim Kardashian et Kris Jenner se sont résolues à porter plainte contre Ray J pour diffamation, après qu'il a évoqué à plusieurs reprises dans les médias l'idée que la famille faisait l'objet d'une enquête criminelle fédérale.
Le procès et l'accord secret
C'est ainsi que, mi-mars, mère et fille ont déposé chacune une déclaration sous serment concernant ces rumeurs de «mise en scène». «L'affirmation de Ray J selon laquelle j'aurais eu un plan avec ma mère et d'autres personnes pour diffuser une sextape, escroquer le public et intenter une fausse action en justice contre la société de production pornographique qui l'a diffusée afin de faire le buzz est un mensonge», a indiqué Kim Kardashian, dans sa déposition, consultée par TMZ.
Quant à Kris, elle écrit: «En tant que mère, l'idée que j'aurais orchestré ou produit des vidéos à caractère sexuel impliquant ma fille, ou que j'aurais participé de quelque manière que ce soit à la création ou à la diffusion de telles vidéos, est non seulement totalement fausse, mais aussi profondément offensante et blessante, et me hante depuis des décennies.»
Alors que Ray J est prêt à tout pour défendre sa théorie au tribunal, l'une des pierres d'achoppement de ce procès repose désormais sur un étrange accord secret, bien réel, conclu entre Kim, Kris et le rappeur en avril 2023.
Une copie de cet accord, obtenue et publiée ce vendredi par TMZ, indique que les protagonistes avaient pour interdiction d'aborder avec quiconque la fameuse sextape, sous peine de lourdes sanctions financières. En vertu de celui-ci, Ray J aurait touché pas moins de 6 millions de dollars.
Or, J Ray affirme désormais dans sa contre-plainte que Kim Kardashian et sa mère ont rompu ce deal en évoquant la sextape dans leur émission de téléréalité, un mois seulement après la finalisation.
Alors que chaque partie s'est lancée dans une guerre des mots et de déclarations interposées, le mystère de la sextape reste entier. Et il pourrait bien se complexifier au fur et à mesure des avancées de cette juteuse saga judiciaire. Affaire à suivre avec autant d'attention qu'un épisode des Kardashians.
