Sport
Football

Euro 2020: la Suisse fait face à beaucoup d'incertitudes avant son 1/8e

Switzerland's soccer players carry the goals during a training session for the Euro 2020 soccer tournament at the Tre Fontane sports centre, in Rome, Italy, Tuesday, June 22, 2021. (KEYSTONE/Jean ...
Les footballeurs suisses, ici à l'entraînement à Rome ce mardi, font face à beaucoup de questions avant leur huitième de finale.Image: KEYSTONE

Avant son 1/8e de finale, la Suisse ne sait pas sur quel pied danser

La Nati jouera les huitièmes de finale de l'Euro, mais elle ne sait toujours pas contre qui, quand ni où elle disputera ce match. Sa situation rappelle celle de l'équipe d'Albanie en 2016.
22.06.2021, 17:1423.06.2021, 12:05

L'équipe de Suisse n'aura finalement attendu que 24 heures après sa victoire cruciale contre la Turquie dimanche (3-1). Oui, le soulagement est arrivé lundi soir déjà: elle est assurée de terminer parmi les quatre meilleurs troisièmes de groupe. Et donc, de disputer les huitièmes de finale de l'Euro.

Cet heureux dénouement ne pouvait pas tomber plus vite. La raison? Un scénario parfait pour la Nati lundi soir lors des matchs des groupes B et C.

Tout savoir sur les résultats qui ont permis à la Nati de valider son ticket:

Mais il reste plusieurs inconnues pour les hommes de Vladimir Petkovic: ils ne savent pas contre qui ils joueront, ni quand et où. A plusieurs égards, leur situation ressemble à celle de l'Albanie il y a cinq ans.

Une attente pénible

Lors de l'Euro 2016 en France, la sélection balkanique avait héroïquement décroché la troisième place d'un groupe très relevé comprenant aussi la France, la Suisse et la Roumanie. Mais le sort s'était montré plus cruel avec les «Kuq e Zinjtë» (les «Rouge et Noir»): ils avaient attendu longtemps. Trois jours. En vain. «Jusqu'au dernier match de la phase de poule, on a espéré, rembobine Burim Kukeli, ancien milieu de terrain des Aigles. Après notre victoire contre la Roumanie, on a regardé tous les matchs ensemble à l'hôtel, l'équipe entière. C’était difficile, parce qu'à chaque fois on se disait "La qualification, c’est maintenant, c’est maintenant!"»

Burim Kukeli avec l'Albanie contre la France à l'Euro 2016.
Burim Kukeli (à gauche) au duel avec Dimitri Payet lors du match France-Albanie (2-0) de l'Euro 2016 à Marseille. image: keystone

Au final, l'Albanie sera éliminée, coiffée au poteau par le Portugal – futur champion d'Europe –, dans la course aux quatre meilleurs troisièmes. Avec des regrets. Le milieu de terrain Migjen Basha en a eu: «Durant ces trois jours d'attente, on s’est fait pas mal de films sur l’occasion ratée par Shkelzen Gashi face à Yann Sommer lors du premier match contre la Suisse, se souvient le natif de Lausanne. Si on avait égalisé à 1-1, on aurait eu 99% de chances de passer.»

L'immense occasion de Gashi à la 87e minute d'Albanie-Suisse (0-1)

Mais, chez les footballeurs albanais – qui disputaient seulement leur deuxième grand tournoi – l'allégresse remplace vite l'amertume de l'élimination. «La déception était grande, logiquement. Mais notre fierté et notre joie l'étaient encore plus. Avec un peu de recul, on est vite conscient de la chance d'avoir vécu une aventure si incroyable. L'énergie transmise par les fans, ces stades pleins, nos belles performances, tout ça était énorme!», s'extasie encore aujourd'hui Burim Kukeli.

Une euphorie qui atteindra son paroxysme à l'occasion du retour de France du Soleurois d'adoption et de ses coéquipiers. A Tirana, les membres de la sélection sont accueillis en héros nationaux par des milliers de supporters et reçoivent tous un passeport diplomatique.

Yann Sommer et ses collègues n'auraient pas eu droit à pareils honneurs s'ils avaient été éliminés de l'Euro 2020 à la troisième place de leur groupe. Non, parce que la Suisse, contrairement à l'Albanie, est une habituée des huitièmes de finale de grands tournois. Et une non-qualification aurait été un échec.

Gestion intelligente

Mais les défis de la Nati sont les mêmes que ceux de l'Albanie il y a cinq ans: bien gérer ces quelques jours d'incertitude. A commencer par le béaba. «Durant cette attente, c'est important de rester fit et en bonne santé pour la suite du tournoi», prévient Burim Kukeli. L'ancien Sédunois poursuit:

«On s'entraînait avec un programme allégé, et il était important de se reposer et de faire quelques soins. Parce qu’après trois matchs en si peu de temps, la fatigue se fait ressentir»
Burim Kukeli, ancien international albanais

Migjen Basha voit un autre point crucial: «Pendant notre mise au vert de trois jours, on essayait aussi de relâcher la pression. Il y avait beaucoup de stress durant ce tournoi, sur le terrain et en dehors. Notamment à cause des longs et nombreux déplacements en bus et avion à travers la France et le très pesant dispositif de sécurité, renforcé après les attentats de 2015.»

Migjen Basha et Armando Sadiku fêtant le but du 1-0 pour l'Albanie contre la Roumanie à l'Euro 2016.
Migjen Basha (à droite) célèbre le goal décisif de l'Albanie lors de sa victoire historique contre la Roumanie (1-0) à Lyon, avec le buteur Armando Sadiku. image: keystone

Avant un grand tournoi, une sélection bénéficie de nombreux mois pour décortiquer les moindres détails du jeu de ses adversaires en poule, connus dès le tirage au sort des groupes. Tout le contraire en phase à élimination directe. Le staff de Vladimir Petkovic devra être d'autant plus efficace pour préparer les séquences vidéo à éplucher.

Et même s'improviser devin: quelle équipe visionner? «Comme la Suisse aujourd'hui, l'Albanie avait plusieurs adversaires potentiels en huitièmes, rappelle Burim Kukeli. L'Allemagne en faisait partie, alors j'avais commencé à étudier son jeu». Contrairement à l'ancien milieu du FC Sion, Migjen Basha ne voulait pas voir si loin:

«Je ne pensais pas à l’adversaire, c’était égal pour moi qui on allait affronter. Seule la qualif' m'importait»
Migjen Basha, international albanais

Le défi logistique vient davantage brouiller la vision à court terme déjà bien floue de la Nati pour ces prochains jours. Basée à Rome, elle jouera son prochain match le dimanche 27 juin à Séville, le lundi 28 à Bucarest ou le vendredi 29 à Glasgow. On espère que son intendant a quelques compétences dans les réservations de last minute...

Plus d'articles sur le sport
Le HC Bienne fait un pari risqué à plus d'un million
Le HC Bienne fait un pari risqué à plus d'un million
de Klaus Zaugg
Une alliance «honteuse» provoque la colère des triathlètes
Une alliance «honteuse» provoque la colère des triathlètes
de Romuald Cachod
Cette publication a créé la polémique en Ligue des champions
Cette publication a créé la polémique en Ligue des champions
de Yoann Graber
Ils ont trouvé la manière ultime de chambrer le grand rival
Ils ont trouvé la manière ultime de chambrer le grand rival
de Yoann Graber
Ces footballeurs suisses ont créé l'exploit en Ligue des champions
Ces footballeurs suisses ont créé l'exploit en Ligue des champions
de Romuald Cachod
Michelle Gisin avait une qualité de plus en plus rare en ski
Michelle Gisin avait une qualité de plus en plus rare en ski
de Claudio Zanini
Manzambi fait encore plus fort que la plus grosse vente d'Aston Villa
Manzambi fait encore plus fort que la plus grosse vente d'Aston Villa
de Romuald Cachod
La Nati se rapproche d'une performance encore jamais réalisée
La Nati se rapproche d'une performance encore jamais réalisée
de Romuald Cachod
Embolo met la Nati sous pression
1
Embolo met la Nati sous pression
de François Schmid-Bechtel
Johan Manzambi a une chance en or contre le Barça
Johan Manzambi a une chance en or contre le Barça
de Julien Caloz
Ce tennisman craque, la suite est mythique
Ce tennisman craque, la suite est mythique
de Yoann Graber
«J'ai été un couillon»: le plus grand regret de Constantin
«J'ai été un couillon»: le plus grand regret de Constantin
Le tennis teste une parade contre les «balles de merde»
Le tennis teste une parade contre les «balles de merde»
de Yoann Graber
Les arbitres de foot ont une nouvelle obligation délicate
Les arbitres de foot ont une nouvelle obligation délicate
de Yoann Graber
L'incroyable bourde de l'arbitre au tournoi de Bâle
L'incroyable bourde de l'arbitre au tournoi de Bâle
de Yoann Graber
Ce maillot de volley cache un secret à 10 000 euros
1
Ce maillot de volley cache un secret à 10 000 euros
de Julien Caloz
Il abandonne le match pour une raison lunaire
Il abandonne le match pour une raison lunaire
de Yoann Graber
Il avait illuminé la Coupe Spengler, le voici en NHL
Il avait illuminé la Coupe Spengler, le voici en NHL
de Julien Caloz
Embolo vide son sac: «Il y a des choses inacceptables au sein de la Nati»
1
Embolo vide son sac: «Il y a des choses inacceptables au sein de la Nati»
de Céline Feller
Ce joueur du FC Sion a eu un accident improbable
Ce joueur du FC Sion a eu un accident improbable
Xamax en passe d'être racheté par un propriétaire étranger
1
Xamax en passe d'être racheté par un propriétaire étranger
L'ex-coach de la Nati veut changer votre vie pour 690 francs
1
L'ex-coach de la Nati veut changer votre vie pour 690 francs
de Niclas Zettergren
Un sérieux coup dur plane sur la Nati
1
Un sérieux coup dur plane sur la Nati
de Romuald Cachod
Le record méconnu de Stan Wawrinka
Le record méconnu de Stan Wawrinka
de Yoann Graber
Un coureur suisse bouscule la hiérarchie mondiale
Un coureur suisse bouscule la hiérarchie mondiale
de Romuald Cachod
Une IA surveille le public au Rallye du Valais
Une IA surveille le public au Rallye du Valais
Comment une trahison a radicalement changé Ambri
1
Comment une trahison a radicalement changé Ambri
de Klaus Zaugg
Le sommet Biden-Poutine à Genève
1 / 22
Le sommet Biden-Poutine à Genève
Poignée de main historique entre les deux présidents.
partager sur Facebookpartager sur X
Le patron des Jeux Olympiques de Tokyo contraint à démissionner
Les propos misogynes de Yoshiro Mori ont attisé la critique aux Japon et à l'étranger. Face au scandale, le patron des JO a ce vendredi annoncé sa démission.
Mercredi 3 février, les propos du patron des Jeux Olympiques (JO) ont choqué le monde entier. Yoshiro Mori s'était excusé maladroitement le lendemain, tout en excluant initialement de démissionner, comme le réclamaient les internautes. Des sportifs, des personnalités politiques et des sponsors des JO étaient notamment montés au créneau, dénonçant des remarques contraires à l'égalité des sexes et aux valeurs de l'olympisme.
L’article