Une alliance «honteuse» provoque la colère des triathlètes
L'Hyrox, cet événement mêlant course à pied et fitness fonctionnel, va-t-il bientôt faire son entrée aux Jeux olympiques? Cela semble en tout cas en prendre le chemin depuis l'officialisation, la semaine dernière, d'un partenariat entre la célèbre organisation, qui fédère plus d'un million de pratiquants, et la fédération internationale de triathlon, qui avait déjà reconnu l'Hybrid Racing l'an passé.
Cet accord structure la discipline autour de trois formats régis par World Triathlon: l'Ultimate, qui reprend le concept original de l'Hyrox, le Fast, une version plus courte et intense, et l'Ultra, axé sur l'endurance.
Concrètement, la société Hyrox sera chargée d'organiser, à travers ses événements partout dans le monde, les championnats du monde, continentaux et nationaux pour les athlètes élites concourant dans le format Ultimate. World Triathlon prendra quant à elle en charge le reste des titres, avec le soutien de ses fédérations nationales.
Ce rapprochement est stratégique pour les deux parties. D'un côté, l'Hyrox se dote d'un cadre institutionnel pouvant lui permettre d'intégrer les Jeux olympiques, idéalement dès 2032 ou 2036. De l'autre, World Triathlon étend son rayonnement et s'assure de belles perspectives d'avenir en s'associant à une discipline au potentiel considérable.
Le partenariat divise toutefois profondément le monde du triathlon. Si certains le voient d'un bon œil, estimant qu'il pourrait rapprocher les pratiquants de courses hybrides du triathlon (les deux sports ont en commun la course à pied et la préparation physique), beaucoup semblent le regretter. C'est ce qui ressort d'un sondage réalisé par le champion de triathlon Alex Yee auprès de ses abonnés, dans lequel 82% des répondants se sont déclarés opposés à cette alliance.
Son coéquipier Max Stapley est de cet avis. «C'est nul. Pour nous, c'est terrible. On prend un autre sport, très médiatisé, avec beaucoup d'argent et de pratiquants, et on le place sous l'égide d'une fédération internationale qui peut accéder au Comité international olympique et faire pression pour qu'il soit intégré aux Jeux olympiques, alors que notre propre sport est déjà en difficulté», a-t-il déploré au Telegraph, craignant qu'à terme, l'Hyrox ne remplace le triathlon aux Jeux. Il ajoute:
Le triathlon était déjà loin, avant cet épisode, d'afficher une unité sans faille. Des groupes privés tels qu'Ironman et Challenge Family se sont largement emparés d'une partie de la discipline, au détriment de World Triathlon. Sans doute la fédération internationale a-t-elle craint de voir débarquer dans son champ de compétence un nouvel acteur privé et voulu réagir.
