Les 10 plus gros dérapages des commentateurs sportifs aux JO
Les journalistes sportifs de la chaîne publique italienne Rai ont annoncé lundi soir qu'ils se mettraient en grève après les Jeux olympiques de Milan Cortina à la suite des commentaires truffés de gaffes du chef de leur service lors de la cérémonie d'ouverture vendredi. De nombreux Italiens sont restés indignés face aux références de Paolo Petrecca, durant la parade, aux athlètes espagnols comme étant «toujours sexy», aux Brésiliens qui «ont la musique dans le sang» et aux athlètes chinois qui «naturellement, (pour) beaucoup d'entre eux (ont) un téléphone à la main».
Ce n'est pourtant pas la première fois qu'un envoyé spécial craque en direct à l'antenne. Voici le top 10 des plus gros dérapages.
«Je connais un anaconda qui serait bien allé embêter cette Cléopâtre canadienne»
Les serpents ont le sang froid. Tout le contraire de Philippe Candeloro lors des épreuves de patinage artistique à Sotchi (2014). Sa sortie WTF avait créé le malaise puis la polémique.
Le consultant de France Télévisions, adepte notoire d'un humour potache voire graveleux, avait par la suite essayé de se défendre dans Le Parisien. Ça n'a fait qu'aggraver son cas. «On ne peut presque plus revendiquer qu'on est hétéros! Si les gens sont coincés de la fesse, j'y peux rien! Mais je n'ai pas eu le sentiment d'avoir été trop loin.»
«C'est terminé... Pour Vetrov, les bras lui en tombent!»
Cette saillie serait passée inaperçue si elle n'avait pas été prononcée après le passage d'un athlète manchot lors des Jeux paralympiques de 2014. Simple maladresse ou réelle méchanceté de la part de Patrick Montel? Plusieurs téléspectateurs ont penché pour la seconde option, rappelant que le journaliste français avait déjà fauté lors des épreuves précédentes.
S'exprimant à propos des participants de l'épreuve de ski assis (10 km), il avait lancé: «Ils en ont plein les bottes!» Puis, lors d'une épreuve de biathlon en fauteuil, il s'était écrié: «Il a déjà 2,5 km dans les jambes».
«Ah, la belle pouliche!»
Aux Jeux de Grenoble 68, personne ne s'offusquait des commentaires sexistes de Léon Zitrone à propos des patineuses.
«Leurs yeux sont étroits, donc je ne comprends pas comment ils peuvent voir la balle aller et venir»
Le journaliste grec Dimosthenis Karmiris a été viré de sa chaîne de télévision ERT en 2021 après ce commentaire qui faisait référence au pongiste (un joueur de tennis de table) sud-coréen Jeoung Young-sik.
«Elle skie comme un mec»
C'est la remarque faite à Pékin en 2022 par l’ancien skieur acrobatique Guilbaut Colas durant l’épreuve de ski de bosses féminin diffusée par France 3. Le consultant s'exprimait au sujet de la future médaillée Jaelin Kauf. Il a ensuite ajouté: «Pour une fille, c’est vraiment impressionnant.» Puis: «C’est dur à faire pour une fille».
«Il n'y a qu'une hétéro dans l'équipe»
Journaliste pour la chaîne d'expression flamande Sporza, Eddy Demarez a parlé de manière inappropriée de l'équipe féminine de basket belge en 2021. Se croyant hors-antenne, il a déclaré qu’il y avait «qu’une seule hétéro dans l’équipe» et dit des sœurs Mestdagh qu’une «était lesbienne et l’autre pas». Il a ensuite comparé Billie Massey à «une montagne». «Tu l’as déjà bien regardé? C’est une colosse», a-t-il confié à ses collègues.
Les basketteuses ont vivement réagi à ces attaques personnelles, avant que la chaîne ne suspende Demarez.
🤮 @sporza
— Kim Mestdagh (@MestdaghKim) August 7, 2021
«C'est comme dans un dessin-animé avec des petits Pikachu de partout»
C'est ainsi que l'ancien gymnaste Thomas Bouhail a accompagné les débuts de l'équipe japonaise aux JO de Rio en 2016, comparant les filles à des «personnages de mangas» puis à des «petits Pikachu».
La séquence en vidéo
Les débuts manqués de France Télévisions aux JO de #Rio2016 https://t.co/CmMc9YUPP7 pic.twitter.com/xyFxxwuz3X
— Arrêt sur Images (@arretsurimages) August 8, 2016
De nombreux téléspectateurs ont jugé ces propos offensants. Visiblement surprise puis très mal à l’aise, la co-commentatrice a d'ailleurs réagi avec quelques onomatopées: «Ah ! Oh la la! Hey!».
Cette phrase en rappelle une autre, tenue par Philippe Candeloro (encore lui) dix ans plus tôt à Turin. Le Français avait estimé qu'une patineuse chinoise avait «bien mérité son bol de riz» après sa performance.
«Ah, ça pleure chez les gonzesses. Quand ça gagne, ça pleure, quand ça perd, ça pleure….»
La judokate brésilienne Rafaela Silva venait de s'offrir une médaille d’or à Rio en battant la tenante du titre, lorsque Thierry Rey (ancien judoka devenu consultant sur Canal+) s'est permis cette sortie désobligeante.
Le magazine Femme Actuelle a peu apprécié, relevant un tic de langage agaçant: «Les commentateurs ont la fâcheuse habitude d’employer le pronom "Ça" (pronom démonstratif neutre, en général employé pour désigner une chose) au lieu de "Elles" (pronom personnel sujet) pour parler des femmes. On appelle ça une réification, et c’est pas très sympa».
«Un peu trop de dumplings?»
Quand le snowmboarder Takeru Otsuka a raté une manœuvre en slopestyle masculin aux JO 2022, Max Hénault s’est exclamé à la TV canadienne: «Un peu trop de dumplings? (réd: une spécialité culinaire associée à la cuisine asiatique).» Il a ensuite prononcé plusieurs fois le nom de Takeru Otsuka en imitant un accent japonais.
L'affaire a été prise très au sérieux par Radio-Canada, qui a écarté le spécialiste de ses ondes malgré les excuses de ce dernier.
«Les Jeux Paralympiques, c'est un peu comme le Téléthon»
En plein direct à Tokyo en 2021, le commentateur de France Télévisions David Sandona a craqué en comparant les Jeux Paralympiques au Téléthon. «La neuvième médaille, elle fait du bien. C'est en train de monter petit à petit, c'est un peu comme le Téléthon les Jeux Paralympiques.»
Son intervention en vidéo
"Les jeux paralympiques c'est un peu comme le Téléthon"
— Guy Moux (@Guy__Moux) August 27, 2021
Élite comparaison 😭 pic.twitter.com/Gtx0aTV5ts
Le journaliste a fait son mea culpa sur les réseaux sociaux par la suite. «Toutes mes excuses pour une phrase malencontreuse, a-t-il écrit. J'avais en tête un tableau de médailles et ceci est sorti de nulle part après un direct vécu avec émotion. Mon plus profond respect aux athlètes.»
(jcz)
Cet article a été adapté d'une première version parue sur notre site lors des JO de Pékin en 2022.
