Suisse à 10 millions: Voici 4 raisons qui jouent contre l'UDC
CH Media (éditeur de watson), le révélait cette semaine, le Conseil fédéral se prépare à un «oui» pour l’initiative contre une Suisse à plus de 10 millions d’habitants. Mercredi, le gouvernement helvétique a longuement discuté de la manière dont il réagirait si le texte de l'UDC était accepté le 14 juin.
À quatre semaines des votations, la nervosité grandit dans le camp du «non». Car le souvenir du 9 février 2014 est encore vif. L’initiative contre l’immigration de masse avait alors été acceptée avec 50,3% des voix, démentant ainsi tous les sondages, qui prévoyaient un maximum de 43% en faveur de l'initiative UDC.
Cette fois, selon le sondage de la SSR, le soutien semble s’élever à 47%. Si la même dynamique que celle d’il y a douze ans se répétait, l’initiative des 10 millions pourrait passer et même de façon plus nette que la proposition de l’époque.
L’histoire pourrait-elle se répéter? Voici quatre raisons qui permettent d'en douter.
- Les sondages se sont améliorés. En 2014, les sondeurs avaient sous-estimé un effet déterminant. Dans les enquêtes, de nombreuses personnes critiques face à l’immigration n’avaient pas ouvertement affiché leur intention de voter «oui». Les opposants se croyaient donc, à tort, en sécurité. Aujourd’hui, cet effet est corrigé.
- Les opposants ont appris de leurs erreurs. Tous les partis font à nouveau front contre l’UDC. Mais en 2014, le PLR, le PDC, les Vert’libéraux et le PS avaient commis l’erreur de minimiser les inquiétudes liées à l’immigration. Cette fois-ci, ils reconnaissent les problèmes liés à la surpopulation. A l’école, dans les transports, sur le marché du logement. Leur argument est désormais qu'un plafond fixé à 10 millions d'habitants ne résoudrait pas ces problèmes.
- Cette initiative est plus fragile. Le vote contre l’immigration de masse avait permis d'envoyer un signal. Mais son texte était moins strict. Le nouveau projet est implacable, il exige explicitement que, si le plafond de population était dépassé, la libre circulation des personnes avec l’Union européenne soit résiliée.
- Les personnes âgées ont changé d’avis. En 2014, celles-ci étaient les plus favorables à l'initiative UDC. Aujourd’hui, toujours selon les sondages, ce sont elles qui sont les plus sceptiques. Par rapport aux jeunes, elles semblent en effet mieux savoir que les hôpitaux et les soins en général dépendent fortement de la main-d’œuvre étrangère. Et ce sont les plus de 65 ans qui votent le plus régulièrement, tout en étant plus nombreux qu’en 2014.
Le Conseil fédéral fait bien de se préparer au oui. Contrairement à 2014, il ne serait ainsi pas pris au dépourvu. Car on sait que c'est à chaque fois qu'il pleut qu'on n'a pas pensé à prendre son parapluie.
Traduit de l'allemand par Joel Espi
