Les victimes de la fusillade se sont réfugiées dans son resto: elle raconte
Le calme régnait à Schachen, à Aarau. Presque comme pendant la pandémie de Covid, raconte Mara Lorenzi. A une différence près: quelques heures auparavant seulement, les lieux avaient été le théâtre d’une situation exceptionnelle, comme cette assistante d’exploitation de 25 ans du Gasthof zum Schützen n’en avait encore jamais vécu.
Sur la chaîne de télévision Tele M1, partenaire de watson, Mara Lorenzi raconte comment elle et les autres employés du restaurant, situé près de l’hippodrome, ont vécu les heures qui ont suivi les coups de feu. Et comment ils ont tout fait pour soutenir les forces d’intervention et soulager la souffrance des personnes touchées.
Un mariage était encore célébré peu avant les faits
Dimanche, tôt le matin, des coups de feu ont été tirés à 2 heures 30 devant l’hippodrome du Schachen, à Aarau. Un homme aurait ouvert le feu sur des participants à une fête qui venait de se terminer – la police a interpellé un Suisse de 43 ans soupçonné d’être l’auteur des tirs. Il aurait ensuite visé des gens du voyage installés à proximité. Une participante à la rave, âgée de 22 ans, a perdu la vie et cinq autres personnes ont été blessées.
Dix minutes seulement avant ces événements tragiques, Mara Lorenzi terminait son service au Gasthof zum Schützen et rentrait chez elle. «Ce soir-là, nous accueillions un mariage. Les invités ont dansé et fait la fête. A 2 heures, tout le monde s’est dispersé», raconte-t-elle à Tele M1.
Une partie des invités logeait en ville, tandis que d’autres avaient passé la nuit directement au «Schützen». Le lendemain matin, ils étaient «visiblement bouleversés» que cette journée si particulière se soit terminée ainsi. Mara Lorenzi, elle, n’a appris les événements tragiques que plusieurs heures plus tard, à son réveil. A ce moment-là, une vingtaine de personnes avaient déjà trouvé refuge dans l’établissement.
La police a demandé un refuge pour les personnes touchées
Au «Schützen», le service du matin commence à 6 heures le dimanche. Pour l’employée qui en avait la charge, rien n’était normal dès son arrivée. Elle a malgré tout installé le buffet du petit-déjeuner comme d’habitude et servi les clients de l’hôtel. Peu après, la police est arrivée:
L’équipe a évidemment accepté. Dans la restauration, servir les gens et continuer à fonctionner même dans des situations exceptionnelles fait partie du quotidien. Les personnes concernées ont été accueillies dans des salles de banquet, où l’équipe leur a fourni des coussins, des couvertures, de la nourriture et des boissons.
Que certaines consommations de ce matin-là n’aient toujours pas été payées est compréhensible et ne pose aucun problème. «Dans une telle situation, on aide là où on le peut. Faire en sorte que la caisse soit juste à la fin de la journée n’est pas la priorité», explique-t-elle.
Les victimes étaient épuisées et bouleversées
Mara Lorenzi a elle-même rejoint l’établissement quelques heures après l’employée chargée du service du matin. Sur le chemin du travail, elle avait un sentiment de malaise. «Dans la vieille ville, j’ai dû dire à la police où j’allais», raconte-t-elle. Dans un pays où l’on peut habituellement se déplacer librement, la sensation était inhabituelle. Voir les policiers en équipement complet lui a également fait une drôle d’impression.
Dans le restaurant, elle a trouvé toutes les forces d’intervention très calmes et maîtrisées. Certaines des personnes touchées étaient en revanche visiblement mal en point. «Elles étaient fatiguées et bouleversées. Certaines ne se sentaient pas bien non plus physiquement», raconte-t-elle. «Chaque corps réagit différemment à un choc.» Elle-même ne sait pas comment elle aurait réagi dans une telle situation.
Mais ce qu’elle a vu l’a profondément marquée. Elle aime elle-même sortir et s’est déjà rendue plusieurs fois à l’hippodrome. «J’ai aussi pensé à toutes les personnes que je connais et qui étaient elles aussi à la fête. On se sent mal tant qu’on ne sait pas qu’elles sont toutes rentrées chez elles et qu’elles vont bien.» Vient ensuite la tristesse pour les victimes.
Qu’un tel acte se produise là où elle vit et sort habituellement a laissé une impression durable, confie Mara Lorenzi. En ajoutant:
La curiosité des riverains
Si l'auberge a fermé dimanche à la mi-journée, vers 13 heures, quelques clients sont revenus dans l’après-midi:
Le soir, sur recommandation de la police, les gens ont évité la zone. Les clients qui avaient déjà réservé ont été informés. Une table leur a été proposée à la place au restaurant Gehren, à Erlinsbach (AG), l’établissement sœur du «Schützen».
Une bonne solution a donc pu être trouvée pour eux. Et les responsables comme les employés du «Schützen» en sont heureux: «C’est une satisfaction d’avoir pu apporter une petite contribution, soulager les forces d’intervention et, nous l’espérons, contribuer ne serait-ce qu’un peu à atténuer la souffrance des personnes touchées.» (trad. hun)
