Ce «colosse méconnu» rapporte gros aux CFF et ça indigne
Avec près d'un millier d'oppositions, la construction du quartier de la Rasude peine à convaincre à Lausanne. Les adversaires du projet - développé par CFF Immobilier et la régie Mobimo - y dénoncent un manque de logements, des loyers excessifs et la construction d'un «monstre de béton»: une tour de vingt étages appelée à devenir la plus haute de la capitale vaudoise.
Et il ne s'agit pas du seul chantier des CFF à soulever des questions. Dans l'émission Mise au Point sur la RTS, le conseiller aux Etats et président de l'ASLOCA Carlo Sommaruga (PS/GE) regrette que l'ex-régie fédérale mise davantage sur l'exploitation de la «valeur financière» de ses projets «plutôt que d'avoir une stratégie qui soit une stratégie sociale».
Des loyers à 5000 francs
La RTS revient sur l'avènement de l'imposant parc immobilier des CFF. Elle rappelle que celui-ci s'est principalement développé sur des friches ferroviaires héritées dans le cadre de leur autonomisation à la fin des années 1990. Créé à cette époque, l'entité CFF Immobilier, un «colosse méconnu» comme le décrivait l'ASLOCA dans un communiqué de 2018, a depuis enchaîné les chantiers d'ampleur.
La RTS cite parmi ceux-ci le secteur de Lancy Pont-Rouge, à Genève, la zone autour de la gare de Prilly-Malley ou encore le quartier zurichois de l''Europaallee, où le loyer d'un quatre pièces s'élève à environ 5000 francs. Des montants largement inaccessibles pour la classe moyenne et les petits commerçants.
Le média du service public souligne que le mandat alors émis par le Conseil fédéral exigeait que l'entièreté des revenus tirés soit alloués à la caisse de pension des CFF ainsi qu'au financement de l'infrastructure ferroviaire. Mais celui-ci n'imposait toutefois pas de taux de logements ou d'habitations à loyers modérés dans ces projets.
Un «raté» politique
Pour Carlo Sommaruga, il s'agit d'un «raté» politique. Le Genevois regrette cette absence de «cadre légal strict» pour des terrains qui étaient à l'origine «le bien de la collectivité, puisqu'ils avaient été expropriés pour le bien des CFF». Il souligne en outre que la stratégie immobilière «très agressive» des CFF sur ces friches leur a permis de générer «des revenus extraordinaires».
Interrogée dans Mise au point, Salomé Mall, responsable du développement chez CFF Immobilier, réagit:
Elle assure en outre que l'un des objectifs de ces projets était de «mettre à disposition du logement», dont «plus de la moitié en loyer modéré».
Une volonté qui ne semble pas être respectée dans le cas de la Rasude lausannoise où, selon la RTS, seulement 20% de la surface d'habitation est consacrée à ce type de logements. (jzs)
