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CFF: les hauts fonctionnaires fédéraux bientôt en 2e classe?

The Federal Palace or Bundeshaus is the building housing the Swiss Federal Assembly and Council in Bern city in Switzerland
Image: Shutterstock

Les fonctionnaires ont des idées explosives pour faire des économies

Les experts du Conseil fédéral ont demandé aux fonctionnaires eux-mêmes quelles étaient les possibilités d'économies dans l'administration fédérale. Il en est ressorti une liste de propositions.
10.09.2024, 05:55
Stefan Bühler / ch media
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L'idée figure en annexe 3 du rapport du groupe dit «rotstift» (réd, crayon rouge) dirigé par Serge Gaillard, qui a présenté jeudi des mesures d'économie potentielles pour la Confédération, à hauteur de 5 milliards.

«Examiner le financement de la 1ʳᵉ classe. Abonnements et billets individuels uniquement en 2e classe. Eventuel surclassement à la charge personnelle»

L'annexe 3 a, jusqu'à présent, reçu peu d'attention. A tort, car dans ce document explosif, l'administration fédérale souligne ses propres imperfections. C'est une collection d'idées pour des économies, recueillies par les employés de la Confédération eux-mêmes, entre mars et avril 2024.

Parmi ces propositions en figure une selon laquelle les employés fédéraux devraient désormais voyager en 2e classe lors de déplacements professionnels en train. Actuellement, les employés à partir de la classe salariale 16 ont, conformément au règlement des frais, le droit de voyager en 1ère.

Cette classe de salaire correspond à des personnes ayant une formation professionnelle supérieure et deux à trois ans d'expérience. En classe 16, le revenu est de 109'604 francs suisses. Cette proposition équivaut donc à une rétrogradation notable pour tous les hauts fonctionnaires. Qui a soumis cette idée? Une personne de classe salariale inférieure? Nous ne le saurons (malheureusement) pas, car le groupe d'experts a reçu les propositions de manière anonyme.

Quand les bureaucrates se battent contre la bureaucratie

En continuant à feuilleter l'annexe, on remarque que l'administration souffre de sa propre bureaucratie. Par exemple, il est demandé une réduction de la longueur des rapports:

«Les rapports de l'administration fédérale (...) sont généralement longs. Des rapports plus courts auraient probablement un plus grand impact.»

Plus loin, quelqu'un demande sommairement: «Débureaucratisation de l'agriculture et des PME. Simplification des procédures.» L'Union suisse des paysans n'aurait pas dit mieux. Même en interne, certains fonctionnaires souhaitent réduire la bureaucratie, par une «réduction des rapports internes à la Confédération», avec l'objectif de «se concentrer sur l'essentiel dans le système de reporting interne». Certes, l'idée est exprimée dans un langage administratif rébarbatif, mais le fond est indéniablement louable.

L'administration est, par ailleurs, tout à fait ouverte à la technologie. C'est une autre constatation que l'annexe 3 nous révèle. On y trouve la demande suivante:

«Renoncer aux services de traduction pour toute la correspondance interne de l'administration fédérale, en se concentrant sur les textes à caractère permanent.»

Justification: les employés de la Confédération doivent suffisamment maîtriser les langues nationales pour comprendre tous les documents. «En cas de besoin, la qualité des outils d'IA existants est suffisante et s'améliore constamment.» Dans le chapitre des progrès technologiques, on trouve également cette proposition:

«Suppression de tous les rapports annuels imprimés, des rapports spécialisés et d'autres publications de l'administration fédérale, et remplacement systématique par des formats électroniques.»

On ne peut pas reprocher aux fonctionnaires de s’épargner eux-mêmes: en plus de la proposition de renoncer à la 1ère classe, il est également demandé d’«adapter le processus de licenciement, comme dans le secteur privé», afin que les unités administratives puissent «réagir plus efficacement aux changements». Il est comique d’observer ces fonctionnaires pointer du doigt leurs collègues. Ainsi, quelqu'un demande des «mesures pour limiter le nombre d’interventions parlementaires». C’est une demande raisonnable – à laquelle on aurait cependant pu renoncer, due à son manque de chances de succès.

Traduit et adapté de l'allemand par Léon Dietrich

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