Ce record vieux de 23 ans a survécu à l’été 2026
Plutôt ensoleillé et jusqu'à 26°C en plaine: l'été météorologique a tiré sa révérence comme il avait commencé, le 1ᵉʳ juin. Pas de sursaut caniculaire final, donc, alors qu'un tel épisode aurait pourtant été raccord avec les trois derniers mois.
Nous voilà ainsi au terme d'un été qui a battu de nombreux records, mais pas tous. Un été qui a mis les agriculteurs en difficulté, coûté la vie à des poissons, fait souffrir les forêts et fini par faire suer, au sens propre, le ministre de l'environnement Albert Rösti. Un été, aussi, où tout un pays s'est rué sur les climatiseurs, des appareils jusque-là réservés aux vacances.
L'été du siècle cède la première place
La semaine dernière déjà, une chose était sûre: l'été 2026 serait le plus chaud des 162 ans d'histoire des mesures en Suisse. Avec une température journalière moyenne de 17,2°C, il dépasse de 0,3°C le précédent record, établi en 2003.
Le nouveau détenteur du record ne devrait pourtant pas recevoir le titre d'«été du siècle». Car il se démarque moins nettement de la moyenne climatique actuelle que son prédécesseur (voir graphique). Autrement dit: en raison du réchauffement climatique, un été comme celui de cette année est aujourd'hui plus probable qu'il y a 23 ans.
Un autre fait illustre la rapidité du changement climatique: 9 des 10 étés les plus chauds jamais mesurés remontent à moins de 12 ans.
Au total, cet été fut 3,4°C plus chaud que la moyenne de la période de référence 1991-2020. La chaleur a été particulièrement marquée en Suisse du nord-ouest et en Suisse occidentale, ainsi que par endroits sur le versant sud des Alpes. C'est en haute altitude dans les Alpes et en Suisse du sud-est que les températures se sont montrées les plus clémentes.
Un nombre impressionnant de journées caniculaires
Le record est en revanche net en ce qui concerne les jours de canicule. A Bâle-Binningen, 58 jours avec des températures de 30 degrés ou plus ont été mesurés, soit 17 jours ou 42% de plus qu'en 2003. A Aarau, on en a dénombré 57, à Lucerne 48 et à Saint-Gall 15.
Ces chiffres incluent la première vague de chaleur de l'année, survenue fin mai, donc avant même le début de l'été. Il n'est pas non plus exclu que de nouveaux jours de canicule surviennent en septembre, car des maximales comprises entre 28°C et 31°C sont annoncées pour la fin de la semaine.
En Suisse romande, sans compter la fin du printemps, le nombre de jours de canicule s'est élevé à 46 à Sion, 45 à Neuchâtel, 43 à Genève et 37 à Lausanne.
Un record de journées caniculaires
De nombreux nouveaux records de température
Ces dernières semaines, le thermomètre est monté plus haut que jamais à de nombreux endroits. A Bâle-Binningen, 39,7°C ont été relevés le 30 juillet. Sur le versant nord des Alpes, une telle chaleur n'avait été observée qu'une seule fois auparavant: en 2015 à Genève.
De nouveaux records ont également été enregistrés par les stations de mesure d'Aarau (38,6°C), de Kloten (38,3°C) et d'Aadorf (36,8°C). Même à Scuol, dans les Grisons, à 1304 mètres d'altitude, on a mesuré 35,1°C.
Le record suisse absolu de 41,5°C, mesuré en 2003 à Grono, dans les Grisons, n'a en revanche pas été battu. Selon MétéoSuisse, ces 41,5°C d'alors correspondent, selon les normes de mesure actuelles, à 40,5°C. Mais même cette marque est restée hors de portée. A Grono, il n'a jamais fait plus de 36,6°C cette année.
Une sécheresse sévère aux lourdes conséquences
Le printemps et l'été ont été nettement trop secs, à l'exception du Valais, du Tessin méridional et de l'Engadine. Entre avril et juillet, il n'est tombé dans le pays qu'un peu plus de la moitié des précipitations habituelles, un minimum jamais atteint depuis 1901.
La sécheresse a été particulièrement marquée dans le Jura et sur le Plateau. A Bâle, de la mi-juin à la mi-août, il n'a plu de façon vraiment notable que quatre jours, et encore, très peu. Jusqu'à fin août, seule l'année 1947 avait connu moins de précipitations.
Cette sécheresse, classée comme extrême par la Confédération, a de lourdes conséquences. En raison des prairies desséchées, de nombreux agriculteurs doivent entamer prématurément leurs réserves hivernales ou acheter du foin à prix élevé pour nourrir leur bétail, voire procéder à des abattages d'urgence.
En raison du faible niveau du Rhin, les bateaux transportent moins de marchandises, et les centrales nucléaires et hydroélectriques au fil de l'eau ont dû réduire leur production d'électricité. La sécheresse s'est aussi fait sentir au quotidien, et certains propriétaires n'ont plus eu le droit d'arroser leur pelouse. Les amateurs de feux d'artifice n'ont, eux, pas pu tirer de fusées le 1er août.
La faune sauvage a elle aussi souffert. La Fédération suisse de pêche estime que des millions de poissons sont morts dans des ruisseaux asséchés ou des rivières devenues trop chaudes. Selon MétéoSuisse, il faudra sans doute des mois pour que les cours d'eau et les nappes phréatiques se rétablissent dans l'ensemble du pays.
Des précipitations historiquement faibles
L'intérêt pour les climatiseurs explose
Quand même aérer le soir ne suffisait plus à rafraîchir l'intérieur, nombreux sont ceux qui ont attrapé leur smartphone pour trouver un climatiseur. Les carnets de commandes bien remplis des entreprises d'installation en témoignent, tout comme les données de recherche de Google.
Jamais les Suisses n'avaient autant recherché le mot «climatiseur» sur Google que cet été. L'intérêt pour ce type de recherche a plus que doublé par rapport aux précédentes périodes de canicule.
Tendances de recherches Google pour les climatiseurs 👇
(trad. ysc)
