Canicule de l'été: Albert Rösti sur le grill au National
«L'été 2026 est un signal d'alerte», selon Jürg Grossen (PVL/BE). Rivières asséchées, forêts brunies, bétail nourri au fourrage d'hiver, désalpes précoces, surmortalité chez les seniors: «La canicule n'a pas seulement été désagréable, elle représente un risque sanitaire», a déclaré Franziska Ryser (Vert-e-s/SG) lors du débat urgent consacré à la canicule au National.
Les socialistes ont critiqué la nonchalance du chef du Département fédéral de l'Environnement (DETEC) qui n'a pas assez pris au sérieux la crise climatique. «Aujourd'hui, les humains et la nature en paient le prix», a estimé Mattea Meyer (PS/ZH). «On ne veut pas laisser les générations futures payer la facture climatique», a ajouté Corina Gredig (PVL/ZH).
La gauche demande un véritable changement de cap pour faire face au changement climatique. Le PVL et le Centre exigent des mesures concrètes pour renforcer le stockage de l'eau des glaciers et pour améliorer la résilience des sols et des forêts.
Le PLR veut lui augmenter la production électrique, y compris nucléaire, faciliter la rénovation du parc immobilier et introduire des horaires flexibles de travail. L'UDC a été le seul parti à saluer l'action du Conseil fédéral. Ernst Wandfluh (UDC/BE) s'inquiète toutefois pour l'approvisionnement en eau dans les alpages.
Albert Rösti se défend
Face à cette pluie de critiques, Albert Rösti a admis les défis posés par cet été caniculaire. «Nous les prenons au sérieux», a-t-il déclaré devant les élus. Mais le gouvernement n'a pas attendu cet été pour agir. Les initiatives déjà prises ou en cours d'élaboration répondent globalement aux questions soulevées dans ce débat, selon le chef du DETEC.
La plateforme sécheresse mise en place l'an dernier a été très utile pour lancer des alertes. Il n'y a par exemple pas eu de feux de forêt à l'exception de petits événements, a-t-il illustré. Ceci grâce aux interdictions de faire du feu édictées par tous les cantons fin août.
Dès cet automne, le Conseil fédéral publiera la stratégie remaniée «Adaptation aux changements climatiques en Suisse» ainsi que le plan d'action 2026-2031. Au total 59 mesures seront proposées pour lutter contre l’accentuation des fortes chaleurs.
Château d'eau suisse préservé
Concernant les craintes sur l'approvisionnement en eau, le conseiller fédéral a assuré que «le château d'eau suisse reste le château d'eau suisse». Globalement, on aura toujours assez d'eau, mais il faudra compter avec des pénuries saisonnières ou locales, a-t-il averti.
Son département est en train de travailler sur une stratégie nationale sur la gestion de l'eau en collaboration avec les cantons et les communes. Les grandes lignes seront examinées au printemps 2027.
Pour l'agriculture et les forêts, le ministre a rappelé que le Conseil fédéral avait déjà réagi cet été: il a débloqué des moyens supplémentaires à hauteur de respectivement 54 millions et 17,5 millions de francs. D’autres mesures sont prévues dans le cadre de la politique agricole 2030+ qui vient d'être mise en consultation.
Révision de la loi CO2
Le DETEC travaille aussi à la décarbonation à l'horizon 2040, priorité no1, a poursuivi M. Rösti. L'an prochain, le gouvernement mènera une discussion sur les objectifs climatiques 2030 (réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50% par rapport à 1990).
Il a prévu une révision de la loi sur le CO2 qui sera mise en consultation en 2027. Dans ce contexte, le nucléaire est une option pour la décarbonation, a précisé le ministre.
Quant aux mesures de protection pour les travailleurs particulièrement exposés aux grosses chaleurs, le gouvernement estime que c'est aux partenaires sociaux de trouver des solutions. Il rappelle qu'il est déjà possible d'avancer le début de la journée de travail si le personnel est d'accord.
Pour d'autres sujets comme les mesures à prendre dans les EMS, les hôpitaux ou les écoles, M. Rösti a renvoyé à la responsabilité des cantons et des communes. (sda/ats)
