Sylvester Stallone parle français grâce à la Suisse
Fermez les yeux, imaginez. Sylvester Stallone, pas encore vingt ans, ni les muscles de Rambo ni les gants de Rocky. Et, surtout, sans l'aura hollywoodienne ni le moindre dollar en poche. Au milieu des années 1960, le futur monstre sacré du cinéma américain se trouve à Leysin, dans le canton de Vaud.
Un passage en Suisse que l’acteur de 80 ans vient de mentionner dans un entretien accordé au Figaro, à l’occasion de la publication de ses Mémoires, Un pas après l’autre. Interrogé sur son rapport à la France, Stallone commence par confesser qu’il aime «profondément» le pays, «plus que l’Italie» (aïe!), avant de lâcher une petite bombe linguistique qui ne pouvait pas échapper aux plus chauvins d'entre nous:
L’affirmation n’est d’ailleurs pas complètement nouvelle. En 1992 déjà, sur le plateau de Canal+, l’acteur expliquait être parti étudier en Suisse pour apprendre le français.
Sur la durée de son séjour, la mémoire de Sly semble toutefois lui jouer un petit tour. Les archives sont plutôt précises: Stallone a fréquenté l’American College of Switzerland, à Leysin, de septembre 1965 à juin 1967, soit deux années et non trois. L’établissement lui-même le confirmait dès 1977 dans une lettre publiée par le magazine Time.
Le Temps situe également son arrivée à Leysin en 1965, alors que le jeune Américain avait 19 ans. C’est là qu’il aurait notamment découvert le théâtre et décidé de devenir acteur.
Et ses souvenirs de la Suisse ont beaucoup varié selon les années. En 2019, dans une interview à la SonntagsZeitung, Stallone se montrait nettement moins attendri par son ancienne école. «C’était affreux», lâchait-il, décrivant un établissement où, selon lui, régnait la plupart du temps «le chaos».
Il racontait avoir décroché une réduction de ses frais de scolarité grâce à ses performances sportives, en échange de cours donnés à ses camarades. Il sauvait tout de même quelque chose de son expérience vaudoise: la vue de Leysin, qu’il jugeait magnifique.
Près de soixante ans plus tard, Stallone semble en tout cas avoir au moins conservé quelque chose de son passage dans les Alpes: le français, à l’en croire. Reste désormais à savoir si «Sly» serait toujours capable de commander sa fondue sans sous-titres. (mbr)
