Les anti-G7 organisent une permanence pour «recenser les violences»
Le groupe Antirep, pour anti-répression policière, avait édité un «guide» destiné aux participants de la future manifestation anti-G7 du 14 juin. Dans un article du 3 juin, watson avait rendu compte de cette démarche militante associée à la coalition NoG7.
Lundi 15 juin, au lendemain de la mobilisation contre le sommet d’Evian qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes sur la rive droite genevoise, NoG7 annonce sur son compte Telegram qu’Antirep tiendra «deux permanences physiques à la CUAE (uni-mail) mercredi 17 juin de 14h à 16h puis de 18h30 à 20h30», a appris watson.
Uni Mail est le bâtiment de l'Université de Genève (Unige) abritant les sciences humaines. Quant à la CUAE, la «Conférence universitaire des associations d'étudiant.e.x.s», elle est à la fois l’association faîtière et le syndicat des étudiants de l'Université de Genève (Unige).
Le message Telegram NoG7-Antirep s’adresse à «toutes les personnes qui ont reçu ou vont recevoir des ordonnances pénales (réd: en lien avec la mobilisation anti-G7) ». Le message se veut informatif:
Réitérant un conseil figurant dans son guide édité début juin, Antirep recommande:
Des locaux appropriés pour cette initiative?
A l’attention des personnes qui auraient été «violentées par la police», Antirep ajoute: «N’hésitez pas à aller faire un constat médical aux HUG», d’autres centres de soins étant également indiqués dans le message.
Une aide financière est par ailleurs proposée. Le message Telegram se termine par un «Force à vous. L’antirep»
La CUAE sous pression au Grand Conseil
Le syndicat CUAE est un acteur politique de la scène genevoise. Engagé à l’extrême gauche, il est membre de la coalition NoG7. Situés dans l’enceinte de l’Unige, établissement de droit public placé sous la tutelle du Conseil d’Etat de Genève, ses locaux sont-ils appropriés pour héberger une permanence d’un organe inscrit dans un rapport de force avec l’institution policière, elle-même sous tutelle du Conseil d’Etat?
Sollicité pour une réaction, le service de communication de l'Unige n'avait pas encore répondu au moment de la parution du présent article. Contactée elle aussi, la CUAE n'a pas donné suite de son côté.
Le 5 juin, le Grand Conseil genevois avait refusé par 47 non (gauche, LJS, Le Centre et 2 MCG) et 43 oui (PLR, UDC, MCG) une motion du PLR qui visant à «intercéder auprès de l’Université de Genève pour que les étudiants disposent du droit de ne pas contribuer financièrement et automatiquement», comme le rapportait la Tribune de Genève.
En clair, le PLR souhaitait sanctionner la CUAE, lui reprochant d’user de son double statut de syndicat et d’association faîtière rémunérés par une partie des taxes universitaires pour ses menées politiques. La CUAE perçoit ainsi 3,50 francs par étudiant. Cet argent, 63 000 francs par semestre, finance ses permanences juridiques et sociales qui s’adressent à tout étudiant, indiquait aussi la Tribune de Genève.
Pour rappel, la coalition NoG7, qui dit se situer dans un combat non violent, n’a pas formellement condamné les violences des blacks blocs, ni avant ni après la manifestation anti-G7 du 14 juin à Genève, émaillée de casse.
Pro et anti-police
L’«après-manif» est l’objet d’une lutte à couteau tiré entre les soutiens de la police (la droite, le centre et le MCG) et ses critiques (le PS, entre autres à gauche). La pomme de discorde porte essentiellement sur la nuit du dimanche à lundi, durant laquelle les forces de l’ordre ont retenu pendant plusieurs heures plus de 400 personnes aux abords du parc Mon Repos, rive droite, aux fins de trouver des casseurs parmi elles.
La coalition NoG7 appelle à présent à la démission de Carole-Anne Kast, la conseillère d’Etat genevoise chargée de la sécurité.
