La Cicad indésirable à un événement organisé par une école genevoise
Il y a environ un mois, l’école privée CREA, basée à Genève, spécialisée dans la création, le marketing et la communication, invitait par e-mail la Cicad à se joindre à un «Speed Stage Dating» fixé au 7 mai, l’objectif étant de soutenir les efforts des étudiants qui recherchent des places de stage.
Cette invitation tient au fait que la Cicad, la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation, figure dans les fichiers de CREA comme partenaire pour l’accueil de stagiaires. Une étudiante de CREA effectue actuellement un stage à la Cicad, «à l'entière satisfaction de l'ensemble des parties prenantes», assure Me Antonio Calvo, l’avocat de l’école, joint par watson.
Lundi 27 avril, CREA renvoyait une invitation par courrier électronique à la Cicad. En effet, cette dernière n’avait pas répondu à la première invitation adressée de façon automatique aux partenaires de l’école. Ce second envoi, avec formulaire d’inscription, faisait suite à un appel téléphonique quelques jours plus tôt de CREA à la Cicad.
Le tournant du 28 avril
«C’est une personne de l’école qui, constatant que nous n’avions pas répondu au premier e-mail d’invitation, nous faisait savoir que l’école serait heureuse de compter la Cicad au Speed Stage Dating du 7 mai. J’ai lui ai alors répondu que nous nous y rendrions», rapporte Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad, contacté par watson.
La participation de l’association était donc acquise. Du moins jusqu’à ce mardi 28 avril.
Johanne Gurfinkiel poursuit: «J’ai répondu à cette personne que la Cicad est une association dont la vocation est de lutter contre l’antisémitisme et pour l’entretien de la mémoire de la Shoah, mais qu’elle est apolitique et non-confessionnelle, et que le problème ne se pose donc pas.»
En insistant, le secrétaire général de la Cicad a obtenu lors d’un second appel, cette fois émanant de la direction, une réponse différente:
Auprès de la direction de CREA qui l’informait du retrait de l’invitation, Johanne Gurfinkiel a dénoncé «un acte de discrimination effectué sous la pression d’une partie des étudiants de l’école».
L’avocat mandaté par CREA affirme à ce propos par écrit à watson:
Par oral, il parle d’un «problème de communication» survenu au sein de l’école. «La direction ignorait qu’une invitation avait été lancée à la Cicad. Lorsqu’elle l’a appris, elle lui a fait part de sa décision de renoncer à sa venue au Speed Stage Dating.»
Cette affaire n’arrive peut-être pas par hasard
Cette affaire n’arrive peut-être pas par hasard. Depuis plusieurs mois, le secrétaire général de la Cicad fait l’objet de critiques de la part de groupes militants proches de la gauche radicale, mais aussi de l’élu genevois du MCG Mauro Poggia, conseiller aux Etats, ainsi que d’une partie de la presse. Une pétition demandant la fin de toute subvention publique à la Cicad, lancée par un organisme créé à cette fin, le CDDH, sera remise mardi 5 mai au Grand Conseil genevois. watson avait rendu compte de cette action le 18 mars dernier.👇
Les détracteurs de la Cicad lui reprochent de considérer que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme et de ne pas dénoncer publiquement la politique du gouvernement israélien d’extrême droite. Questionné par watson à ce sujet, Johanne Gurfinkiel rétorque:
Membre d'un groupe international, l'institution CREA, qui a des écoles à Genève et Lausanne, plusieurs en France, dit vouloir «rester centrée exclusivement sur les matières de la création, du marketing, de la communication, du luxe et de l'événementiel».
