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Une école genevoise écarte la Cicad d'un speed-dating étudiant

Le secrétaire général de la Cicad, Johanne Gurfinkiel, dénonce la façon dont son association a été écartée d'un speed-dating étudiant.
Le secrétaire général de la Cicad, Johanne Gurfinkiel, dénonce la façon dont son association a été écartée d'un speed-dating étudiant.image: watson

La Cicad indésirable à un événement organisé par une école genevoise

Alors qu'elle lui avait envoyé une invitation, une école privée genevoise a fait savoir à la Cicad qu'elle n'est finalement pas la bienvenue à un speed-dating étudiant. L'institution craint que des élèves puissent être heurtés par la participation de l'association de lutte contre l'antisémitisme à cet événement, «en raison de la situation internationale».
01.05.2026, 17:0001.05.2026, 20:00

Il y a environ un mois, l’école privée CREA, basée à Genève, spécialisée dans la création, le marketing et la communication, invitait par e-mail la Cicad à se joindre à un «Speed Stage Dating» fixé au 7 mai, l’objectif étant de soutenir les efforts des étudiants qui recherchent des places de stage.

Cette invitation tient au fait que la Cicad, la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation, figure dans les fichiers de CREA comme partenaire pour l’accueil de stagiaires. Une étudiante de CREA effectue actuellement un stage à la Cicad, «à l'entière satisfaction de l'ensemble des parties prenantes», assure Me Antonio Calvo, l’avocat de l’école, joint par watson.

Lundi 27 avril, CREA renvoyait même une invitation par courrier électronique à la Cicad. En effet, cette dernière n’avait pas répondu à la première invitation adressée de façon automatique aux partenaires de l’école. Ce second envoi, avec formulaire d’inscription, faisait suite à un appel téléphonique quelques jours plus tôt de CREA à la Cicad.

Le tournant du 28 avril

«C’est une personne de l’école qui, constatant que nous n’avions pas répondu au premier e-mail d’invitation, nous faisait savoir que l’école serait heureuse de compter la Cicad au Speed Stage Dating du 7 mai. J’ai lui ai alors répondu que nous nous y rendrions», rapporte Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad, contacté par watson.

La participation de l’association était donc acquise. Du moins jusqu’à ce mardi 28 avril.

«J’ai reçu ce jour-là un appel, dans un premier temps, de la même personne de CREA, pour m’avertir que la Cicad n’était plus la bienvenue. Je ne comprenais pas ce revirement soudain. La personne au téléphone m’a dit alors que CREA étant apolitique et neutre confessionnellement, elle préférait ne pas inviter la Cicad à l’événement du 7 mai.»
Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad

Johanne Gurfinkiel poursuit: «J’ai répondu à cette personne que la Cicad est une association dont la vocation est de lutter contre l’antisémitisme et pour l’entretien de la mémoire de la Shoah, mais qu’elle est apolitique et non-confessionnelle, et que le problème ne se pose donc pas.»

En insistant, le secrétaire général de la Cicad a obtenu lors d’un second appel, cette fois émanant de la direction, une réponse différente:

«La venue de la Cicad au Speed Stage Dating n’est pas bien vue par certains étudiants»
Rapportée par Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad

Johanne Gurfinkiel a dénoncé auprès de la personne de CREA qui l’informait du retrait de l’invitation «un acte de discrimination effectué sous la pression d’une partie des étudiants de l’école».

L’avocat mandaté par CREA affirme à ce propos par écrit à watson:

«L'école CREA a pris la décision de ne pas prendre en compte l'inscription de l'association Cicad à l'événement afin d'éviter d'éventuelles réactions d'étudiants CREA dans le contexte international actuel»
Me Antonio Calvo, avocat de CREA

Par oral, il parle d’un «problème de communication» survenu au sein de l’école. «La direction ignorait qu’une invitation avait été lancée à la Cicad. Lorsqu’elle l’a appris, elle lui a fait part de sa décision de renoncer à sa venue au Speed Stage Dating.»

Cette affaire n’arrive peut-être pas par hasard

Cette affaire n’arrive peut-être pas par hasard. Depuis plusieurs mois, le secrétaire général de la Cicad fait l’objet de critiques de la part de groupes militants proches de la gauche radicale, mais aussi de l’élu genevois du MCG et conseiller aux Etats Mauro Poggia, ainsi que d’une partie de la presse.

Cet ensemble lui reproche de considérer que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme et de ne pas dénoncer publiquement la politique du gouvernement israélien d’extrême droite. Questionné par watson à ce sujet, Johanne Gurfinkiel rétorque:

«Oui, l’antisionisme, en ce qu’il s’oppose à l’existence d’Israël comme Etat du peuple juif, est antisémite. Quant à la critique du gouvernement israélien, elle est toujours des plus libres, heureusement. Personne ne s’en prive. C’est l’apanage de la démocratie et ces critiques n’échappent pas aux membres de la CICAD dont les opinions restent aussi diverses que celles de l’ensemble de la population.»
Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad

Membre d'un groupe international, CREA, qui a des écoles à Genève et Lausanne, plusieurs en France, dit vouloir «rester centrée exclusivement sur les matières de la création, du marketing, de la communication, du luxe et de l'événementiel».

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Video: watson
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