Aromat, Maïzena ou Knorr vont-elles devenir…américaines?
Le géant britannique des produits d'hygiène, cosmétiques et d'alimentation Unilever a reçu du groupe américain McCormick&Company une offre de rachat pour ses marques alimentaires. Celles-ci comprennent notamment la moutarde Maille, Knorr, ou encore la marque traditionnelle suisse Aromat. Unilever confirme ainsi, dans un communiqué, «de récentes spéculations médiatiques».
Unilever indique avoir «reçu une offre non sollicitée pour son activité alimentation et être en pourparlers avec McCormick&Company, mais précise qu'il «n'existe aucune certitude qu'une quelconque opération sera conclue». Aucun montant n'est évoqué. Aucun détail financier n’a été communiqué.
L'ouverture existe bien
Ces discussions s’inscrivent dans la stratégie du directeur général d’Unilever, Fernando Fernandez, qui entend, après la scission de l’activité glaces, orienter davantage le groupe vers des secteurs à plus forte marge comme la beauté et les soins corporels.
Sous la pression d'investisseurs, dont le fonds activiste Trian du milliardaire américain Nelson Peltz, pour améliorer les performances, le groupe avait annoncé en 2024 un plan stratégique pour se focaliser sur 30 marques «motrices».
Des marques telles que Axe, Rexona et Dove en font partie. En revanche, le secteur des aliments transformés est sous pression dans l’ensemble de la branche.
Le bénéfice net du groupe à périmètre constant, soit en ne regardant que le portefeuille de marques qu'il conservait fin 2025, a progressé de 4,6% l'an dernier, à 5,7 milliards d'euros, malgré un recul de son chiffre d'affaires de 3,8%, à 50,5 milliards d'euros
Les entreprises ont donc confirmé les négociations en cours après que le Wall Street Journal en a fait état jeudi soir. Selon le journal, il pourrait s’agir d’une transaction entièrement en actions, susceptible d’aboutir dans les prochaines semaines.
En mars dernier, le Financial Times avait déjà rapporté qu’Unilever avait auparavant envisagé, sans succès, une fusion de sa division alimentaire avec l’activité sauces de Kraft Heinz.
La Bourse réagit bien
En bourse, l’action Unilever a gagné environ 1% au début des échanges vendredi. Gestionnaire de portefeuille chez l’investisseur d’Unilever W1M, Tineke Frikkee, s’est toutefois montrée sceptique.
McCormick est nettement plus petit que la division alimentaire d’Unilever, qui génère environ trois fois le bénéfice de l’entreprise américaine. Reste donc à savoir quelle valeur ajoutée une entreprise commune pourrait réellement créer.
Mercredi, l'agence Bloomberg avait assuré, en citant des sources proches du dossier, que le groupe en était «aux premières étapes de l'évaluation de différentes possibilités» pour la division, comme scinder l'ensemble ou conserver certaines marques phares, «même si elle pourrait ne conclure aucune opération avant 2027».
Selon les mêmes sources, une vente «valoriserait probablement les marques alimentaires d'Unilever à plusieurs dizaines de milliards de dollars». (joe/ats/reuteurs)
