«Prendre l’avion va devenir encore plus cher en Suisse»
Les loisirs renchérissent en Suisse, portés notamment par la forte hausse des prix des voyages et des animaux domestiques, selon l'indice Comparis des prix des loisirs.
En mars 2026, les prix des produits de loisirs ont progressé de 0,9% sur un an, contre 0,3%* pour l'indice suisse des prix à la consommation (IPC) de l'Office fédéral de la statistique (OFS), qui couvre l'ensemble des prix à la consommation. En comparaison mensuelle, ils ont en revanche reculé de 0,3% (IPC: +0,2%*) en mars, après une hausse de 2,7% en février (IPC: +0,6%*). Michael Kuhn, expert Argent chez Comparis, analyse:
Des hausses à prévoir pour les voyages
En comparaison mensuelle, ce sont les voyages à forfait qui ont le plus renchéri en mars (+5,2%*), devant le transport aérien (+3,9%*). Sur cinq ans, ces deux catégories affichent des hausses respectives de 33% et 77%. Kuhn commente:
L'ampleur réelle de ces évolutions ne sera toutefois visible dans les données de l'IPC que dans les prochains mois, cet été. Pour Kuhn:
Une période estivale perturbée en vue
Concernant le kérosène, l’Association du transport aérien international (IATA) tablait pour 2026 sur un baril (159 litres) à environ 88 dollars. Or, il a parfois dépassé les 200 dollars. Les compagnies aériennes optimisent en conséquence leurs réseaux et suppriment les vols non rentables. Kuhn ajoute:
Pour les touristes, ce sont avant tout les vols qui font grimper les coûts des vacances, avec un décalage toutefois: de nombreux prestataires ont couvert leurs prix à court terme (hedging), mais ces couvertures expireront en partie dès l'été. L'offre se réduit parallèlement, tandis que la demande se déplace vers des destinations sûres.
Un boom pour les animaux de compagnie
Les services vétérinaires (+2%*) et les supports image et son (+3%*) figurent également dans le top 5 des hausses mensuelles. Sur cinq ans, les produits pour animaux domestiques ont renchéri de 5% et les traitements vétérinaires de 13%. Kuhn commente:
La demande soutient ces hausses: depuis la pandémie, le nombre de chiens enregistrés en Suisse est passé d'environ 520 000 à 550 000, et celui des chats d'environ 1,5 million à 1,9 million, sans compter quelque 400 000 rongeurs, ainsi que des oiseaux, poissons et reptiles.
Qui est le plus touché par l'inflation
Sur les douze derniers mois, ce sont les ménages d'une personne âgée de 65 ans ou plus qui ont subi l'inflation la plus forte, à 1,4%. A l'opposé, les couples avec enfants sont les moins touchés, avec une inflation ressentie de 0,7%.
Par région linguistique, la Suisse alémanique et la Suisse rhéto-romane affichent l'inflation la plus élevée sur un an (0,9%), avec un léger recul mensuel de 0,1% en mars. La Suisse italienne enregistre le renchérissement le plus faible (0,8%), mais avec une baisse mensuelle plus marquée de 1,1%.
Du côté des reculs, la parahôtellerie a nettement baissé en mars (-20,9%* par rapport à février), tout comme la location de voitures (-22,1%*) et les autres prestations de transport individuel (-8,4%*). Les remontées mécaniques et chemins de fer de montagne (-3,4%*), les autres produits d'imprimerie (-1,4%*) et le matériel photo et vidéo (-1,3%*) ont également reculé. (ysc)
Les chiffres marqués d'un «*» sont calculés par l'IPC de OFS, ou s'appuient sur ses données.
