Cette chroniqueuse RTS fait un carton en France
«Quelqu’un sait qui elle est?», demande un dénommé Nicolas Moreau, dont la photo de profil est un célèbre autoportrait du peintre Gustave Courbet, le Désespéré. Visiblement conquise, cette personne ajoute:
Il est 9h36 du matin ce mercredi 25 février sur le réseau social X. Nicolas Moreau et une partie des Français découvrent Anne-Sophie de Rous, photographe à Vevey et chroniqueuse aux Beaux Parleurs, l’émission de débats du dimanche midi sur la RTS, avec Jonas Schneiter à la baguette.
Quelque chose de spécial s’est passé trois jours plus tôt sur le plateau. Mise de maîtresse de cérémonie, école gothique, touche asiatique, «l’influence du Londres excentrique où j’ai vécu», nous dira-t-elle, la jeune femme s’apprête à livrer sa chronique. Elle se lance. Il est question de «Quentin», Quentin Deranque, le jeune identitaire de 23 ans mortellement blessé par des antifascistes le 12 février à Lyon – le chef de meurtre est retenu.
Voix légèrement sourde mais posée, les yeux sur son texte, Anne-Sophie de Rous dit tout le mal qu’il faut penser de ceux qui ont tué Quentin. Les tueurs sont les «figli di papa que fustigeait déjà Pasolini», dit-elle à l'antenne, des «privilégiés de l’ordre établi (…) mués en meute meurtrière frappant à six contre un». De faux vertueux, de vrais diaboliques, comprend-on.
Et soudain Thomas Sowell fut
Dans le studio, l’assistance écoute, figée, comme au pied de la croix – Pasolini, là encore. La charge est puissante. Irrésistible. Pour sa démonstration, Anne-Sophie de Rous fait appel à un maître, comme on disait dans les humanités classiques: Thomas Sowell, un intellectuel américain. Elle ne le sait pas encore, mais ce nom va faire le tour de la Toile les jours suivants. Elle le présente au micro de la RTS:
Les «oints» sont ces personnes qui, se croyant élues pour faire le bonheur de l’humanité, font son malheur. On l’a deviné, Anne-Sophie de Rous, qui se dit de «droite libérale», n’aime pas les antifas, ses adversaires du jour. La fin de sa chronique est assassine pour ces derniers.
Quelques jours passent et voilà que la Veveysanne est en train de se faire un nom en France. Son refus intégral du relativisme, quitte à occulter le profil idéologique de Quentin Deranque – «mais en quoi ce qu’il pense autorisait à le lyncher?», objecte-t-elle auprès de watson –, remporte tous les suffrages dans sa famille politique.
La revue Eléments, classée à droite, à l’extrême droite par ses détracteurs, salue «une excellente chronique d’Anne-Sophie de Rous sur RTS».
Le sondeur Paul Cébille, familier du système politique suisse, se réjouit que «des gens découvrent jour après jour la qualité du journalisme et des intervenants à la RadioTéléSuisse».
Super que des gens découvrent jour après jour la qualité du journalisme et des intervenants à la @RadioTeleSuisse 🇨🇭👏 https://t.co/4XlNcmZuz7
— Paul Cébille (@Ellibec) February 24, 2026
Sur X toujours, le directeur du site Atlantico, Jean-Sébastien Ferjou, recommande: «à écouter absolument!»
"Ces enfants de bourgeois qui tapent sur des enfants du peuple par démonstration de zèle moral (…) n'aiment pas le peuple, ils n'aiment que l'image d'eux-mêmes en train de sauver le peuple."@asderous à écouter absolument ! https://t.co/v03v196DPR
— JS Ferjou (@jsferjou) February 24, 2026
L’essayiste libéral franco-américain Alexis Karklins-Marchay, note «la pertinence du propos, la qualité des mots, la justesse de l’analyse», affirmant:
Un autre essayiste, Ferghane Azihari, dont le livre L’Islam contre la modernité fait actuellement couler beaucoup d’encre, se réjouit, lui, qu’«on cite Thomas Sowell à la télévision publique. Qu'Allah bénisse ce pays.»
En Suisse, on cite Thomas Sowell à la télévision publique. Qu'allah bénisse ce pays. https://t.co/xegHsOzyzE
— Ferghane Azihari 🌐 (@FerghaneA) February 24, 2026
Anne-Sophie de Rous a manifestement remis à l’honneur sinon au goût du jour le philosophe américain. Un troisième essayiste, Samuel Fitoussi, un libéral lui aussi, que watson avait interviewé pour son livre Pourquoi les intellectuels se trompent, cite à son tour Thomas Sowell le 25 février dans une interview au site Atlantico, où, dans le contexte de la mort de Quentin Deranque, il reproche à l’extrême gauche une «réécriture idéologique de l’histoire» pour se disculper de ses fautes.
Et maintenant? Anne-Sophie de Rous indique avoir reçu «des sollicitations et des invitations en France» à la suite de sa chronique aux Beaux Parleurs. De qui? Motus et bouche cousue.
