«Jamais le feu n’aurait dû se propager à une telle rapidité»
Ce patron de discothèque dans le Jura est «tout retourné» par le drame de Crans-Montana. «C’est affreux, c’est un choc.» Il connaît bien la station valaisanne. «Ma femme en vient.» Lorsqu’il était jeune, il allait de temps en temps au Constellation, le bar frappé par la tragédie. «Il y avait des billards au sous-sol», se souvient-il. C’était avant la reprise de l’établissement par de nouveaux propriétaires en 2015.
Notre interlocuteur a vu les images de vidéos tournées au départ du sinistre.
Il pointe du doigt le matériau installé au plafond, visiblement une «mousse acoustique», matière isolant contre le bruit. L’enquête ordonnée par le ministère public valaisan devra déterminer les causes de l’incendie et de sa rapide propagation.
La patron jurassien tempère:
De la laine de pierre
Dans sa discothèque, ce patron a posé de la «laine de pierre» comme protection à la fois contre le bruit et le feu. Sa boîte de nuit est soumise au contrôle de l’ECA, l’Etablissement cantonal d'assurance immobilière et de prévention du canton du Jura. L’ECA est lui-même tenu d’appliquer les normes de l’IEIA, l’Association des établissements cantonaux d'assurance incendie, qui proscrit les isolants inflammables. Le Constellation, qui n’était pas une discothèque, mais un bar, était-il soumis aux mêmes normes? Fermés ce 2 janvier, jour férié, les bureaux de l’IEAI n’étaient pas joignables.
Joint par watson, John Mosimann, inspecteur cantonal des sapeur-pompiers dans le Jura, rappelle que «ce sont souvent des éléments de décoration qui prennent feu», précise-t-il.
La propriétaire et gérant de la discothèque jurassienne dit procéder annuellement à contrôle préventif incendie de ses installations. Ses éléments occasionnels de décoration sont ignifugés, dit-il. «S'ils sont atteints par le feu, ils se consument sans dégager de chaleur», explique-t-il, ajoutant:
Deux portes de secours à des endroits opposés
Dans cet autre canton romand, cette boîte de nuit située dans un sous-sol dispose de deux sorties de secours au rez-de-chaussée, affirme son gérant. Elles sont à des endroits opposés, et non côte-à-côte, comme le veut le règlement. Il poursuit:
Des bougies incandescentes disposées dans des sauts à champagne sont à l’origine du drame de Crans-Montana, selon les derniers éléments d'enquête rassemblés par la justice valaisanne.
Cette discothèque romande dispose d’un escalier pour rejoindre le rez-de-chaussée. «Nous sommes contrôlés par l’organe cantonal de prévention des incendies», affirme le gérant. «Le contrôle cantonal est venu il y a une dizaine de jours. Ils ont vérifié entre autres le tableau électrique et les prises électriques. L’endroit où nous sommes avait en partie brûlé, il y a plusieurs années, mais il a été remis aux normes. Des normes qui ne datent pas d’aujourd’hui, mais qui peuvent évoluer avec le temps.»
Le gérant l'annonce:
Son établissement comporte en effet des parties en mousse isolante. «Elle est traitée contre le feu, mais il faut moderniser», assure-t-il.
Les patrons ou gérants des boîtes de nuit contactés se disent tous deux «très affectés» par la tragédie de Crans-Montana.
Selon le patron jurassien, il faut s’attendre à des bouleversements dans la prévention anti-feu dans les établissements publics. «Je crains des retombées économiques dommageables dans ce Valais que j’aime, tant ce qu’il s’est passé est énorme en termes humain et social.»
