Les coûts de la nouvelle caserne des gardes suisses explosent
La Fondation pour la rénovation de la caserne de la Garde suisse pontificale a tenter mercredi de bonne figure en dévoilant la mauvaise nouvelle. Dans son communiqué, elle a évoqué un «nouveau jalon» franchi puisque les autorités vaticanes ont délivré le permis de construire pour la rénovation.
Quelques lignes plus bas figurait cependant un point moins reluisant: par rapport au projet initial de 2019, les coûts sont passés de 45 à 70 millions de francs. Les travaux ne pourront commencer que lorsque le financement de ces surcoûts sera garanti, ce qui n'est pas le cas pour le moment.
Une caserne vétuste
L'idée de moderniser la caserne de la Garde suisse au Vatican est en discussion depuis dix ans. Tout le monde se rejoint en effet sur un point: vieux de plus de cent ans, les logements actuels des mercenaires suisses ne répondent aux exigences d’aujourd’hui.
Les hallebardiers se plaignent depuis longtemps d’humidité et de moisissures, de douches dépassées, de l’absence d’installations sanitaires privées, de l’exiguïté des lieux et de liaisons internes peu pratiques. L'augmentation de 135 hommes décidée par le pape François a achevé d'entériner la nécessité d'une rénovation.
Les premières évaluations ont vite montré qu'une seule solution était envisageable: une démolition presque complète de l’ancienne caserne et une reconstruction, une entreprise complexe. La caserne se trouve en effet au Vatican, juste à côté du palais apostolique, et l’ensemble du Vatican est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Selon la plupart des experts, le projet présenté en 2019 réussissait plutôt bien cette quadrature du cercle. Le comité de l’Unesco avait lui aussi couvert les plans d’éloges.
Un financement complexe
Le financement s’est révélé plus compliqué. Dès le départ, le Vatican avait laissé entendre qu’il s’attendait à ce que la Suisse prenne en charge les coûts de la transformation. La Fondation pour la rénovation de la caserne a été créée à cet effet en 2016. Elle est parvenue à réunir les 45 millions de francs initialement prévus. Une contribution de la Confédération de cinq millions de francs est même passée sans faire de bruit.
Les contributions des cantons ont été plus difficiles à obtenir. Il y a même eu une votation populaire dans la pourtant très catholique Lucerne, qui a refusé un crédit de 400 000 francs à plus de 70% des voix. Les opposants, sociaux-démocrates, «libres penseurs» et Verts, ont expliqué que cette contribution cantonale n’était pas compatible avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat. D’autres cantons ont également refusé de contribuer.
C'est dans ce contexte tendu que la Fondation pour la rénovation de la caserne des gardes suisses doit repartir une deuxième fois en tournée pour lever de nouveaux fonds et faire de cette rénovation tant attendue une réalité. (btr/az)
