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Face à Omicron, certains vaccinés ne sont plus protégés qu'à 35%

Le nouveau variant du virus devrait devenir dominant en Suisse d'ici janvier. Selon de récentes études, il réduit drastiquement l'efficacité des vaccins: la dose de rappel serait la seule manière de le stopper, jusqu'au moment où il deviendra endémique.
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20.12.2021, 05:0720.12.2021, 11:17
Bruno Knellwolf, Sabine Kuster / ch media

Au Royaume-Uni, les chiffres Covid montent en flèche: pas moins de 88 000 nouvelles infections ont été signalées en un jour, dont un quart à Londres. La capitale britannique est l'épicentre d'Omicron, le nouveau variant y représente 70% des nouveaux cas. Dans le reste du pays, ce taux atteint déjà 40%.

Pour l'heure, Omicron reste relativement inconnu, mais les données à disposition ne sont guère rassurantes. Son taux d'infection observé en Afrique du Sud, ainsi que son avantage de croissance par rapport à Delta se confirment. Pour cette raison, la Task force Covid-19 de la Confédération estime que le nouveau variant deviendra dominant en Suisse d'ici début 2022. «Nous avons encore deux semaines de retard sur le Royaume-Uni», a déclaré vendredi Virginie Masserey de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Isabella Eckerle, virologue aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), estime que la situation actuelle est loin d'être favorable pour faire face à la vague d'Omicron. Elle déclare:

«Un variant encore plus contagieux avec une propagation encore plus rapide deviendra un très gros problème»
Isabella Eckerle, virologue aux HUG

Et d'ajouter: «Non seulement parce qu'il y aura alors encore plus de patients dans les hôpitaux, mais aussi parce qu'il faudra compter avec une absence accrue du personnel comme les médecins et les soignants».

Isabella Eckerle, virologue aux HUG.
Isabella Eckerle, virologue aux HUG.Bild: sda

Toutes les personnes non immunisées seront touchées

«Je pense qu'Omicron va provoquer une grande épidémie et que pratiquement tous ceux qui ne sont pas encore immunisés aujourd'hui seront probablement infectés, ainsi que certainement une partie des personnes guéries et vaccinées», estime Isabella Eckerle. Seule exception, les personnes récemment vaccinées auront probablement une protection immunitaire «un peu meilleure» que les autres.

Une première étude préliminaire britannique sur les vaccins d'Astrazeneca et de Pfizer-Biontech a évalué l'efficacité contre l'infection au variant Omicron. Il en ressort que la protection offerte par le deuxième est de 88% neuf semaines après la deuxième dose, mais qu'elle chute à environ 35% après quatre mois.

La même étude a également montré que la troisième dose de vaccin augmente fortement la protection, à savoir de 60 à 85%. Mais on ne peut pas encore dire combien de temps durera cette protection contre l'infection, a expliqué la responsable de la taskforce Tanja Stadler. Christian Münz, immunobiologiste à l'université de Zurich, affirme également qu'il vaut la peine d'augmenter la réponse immunitaire par un rappel.

Gravité pas claire

La gravité de la maladie causée par l'Omicron n'est toujours pas claire. En Afrique du Sud, on observe une évolution bénigne. Une étude à grande échelle menée dans ce pays a révélé que la mutation provoque deux tiers d'hospitalisations en moins que le Delta. Au Royaume-Uni également, les premières analyses montrent que les patients Omicron tombent moins gravement malades.

Christian Münz, immunobiologiste à l'université de Zurich.
Christian Münz, immunobiologiste à l'université de Zurich.Bild: pd

«Pour les personnes triplement vaccinées, il y a une forte probabilité de ne pas tomber gravement malade. Pour ceux qui n'ont pas été vaccinés, il est à craindre qu'ils soient également gravement atteints par l'Omicron, avec une fréquence qui n'est pas sans rappeler celle du Delta», explique Münz. Le Royaume-Uni a réagi aux résultats de l'étude et a accéléré la campagne de rappel afin de vacciner le plus grand nombre possible de personnes d'ici la fin de l'année.

En raison de sa propagation très rapide, des experts américains affirment qu'Omicron pourrait déclencher une énorme épidémie qui conduirait à l'immunisation de toute la population. Ensuite, le Sars-Cov-2 et ses mutations deviendraient endémiques, c'est-à-dire limités à une région, et connaîtraient une évolution saisonnière. Münz part lui aussi du principe que l'Omicron créera, cet hiver, une immunité de base relativement répandue dans la population.

Ces pays ont déclaré le Covid endémique, et voici le résultat 👇

Isabella Eckerle s'attend à ce que le taux d'infection très élevé diminue ensuite rapidement et que l'on en arrive à l'avenir à une situation endémique. «Concrètement, cela signifierait qu'Omicron continuerait à circuler, mais qu'il ne provoquerait probablement plus de vagues aussi massives que celles qui se dessinent actuellement pour les semaines à venir», explique-t-elle. A moyen terme, il faudra un vaccin adapté au variant.

Pas sûr que le booster devienne la règle

«Il n'est pas encore possible de dire s'il faudra régulièrement injecter une dose de rappel, soit parce que la protection contre la maladie diminue, soit parce que le virus continue à se modifier»
Isabella Eckerle, virologue

Si l'on fait une projection sur l'évolution d'Omicron, il faut faire la différence entre l'apparition du virus dans une pandémie ou dans une endémie limitée et la charge de morbidité que la variante développe. Endémique signifie seulement que l'agent pathogène circule dans une certaine population ou région, mais ne dit absolument rien sur sa charge de morbidité:

«Il existe par exemple des zones d'endémie de la malaria, où des personnes meurent de cette maladie»

Si aucun autre variant inquiétant n'apparaît après Omicron, la mutation qui dominera bientôt a le potentiel de devenir endémique. «Mais cela ne signifiera pas automatiquement qu'elle ne se présentera plus que comme un rhume», explique la virologue allemande des HUG.

Et si on devait porter le masque à vie? Décryptage en vidéo.

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