Les négociations sur l'Iran devraient reprendre jeudi à Genève
Le ministre omanais des Affaires étrangères a confirmé dimanche que des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran se tiendraient jeudi à Genève. Badr al-Busaidi a affirmé sur X:
Les deux pays ennemis ont tenu depuis début février deux sessions de discussions sous médiation omanaise pour tenter de régler leurs différends, portant notamment sur le programme nucléaire iranien, qui empoisonne de longue date leurs relations.
Pour arracher un accord, le président Donald Trump menace d'intervenir militairement et a déployé dans la région deux porte-avions et plus d'une dizaine de navires de guerre.
Dimanche, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a avancé:
En vue d'une rencontre avec les négociateurs américains, «probablement jeudi à Genève», le ministre a déclaré sur la chaîne américaine CBS:
L'Iran veut pouvoir riposter
Mais l'Iran a «le droit de se défendre», a-t-il enchaîné. Face à un «acte d'agression», toute réponse est, selon lui, «justifiée et légitime».
Sans préciser laquelle. Abbas Araghchi a répété:
Des responsables iraniens ont par le passé aussi menacé de bloquer le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
Les discussions s'éternisent
Les précédentes discussions entre les deux pays, indirectes, avaient été stoppées net en juin 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran et appuyée par les Etats-Unis, pendant laquelle des sites nucléaires iraniens avaient été visés.
L'Iran, en quête d'un allègement des sanctions internationales asphyxiant son économie, a assuré vendredi vouloir un accord «rapide», au lendemain d'un ultimatum lancé par Donald Trump.
Selon le média Axios, citant un haut responsable américain anonyme, les Etats-Unis menés par l'émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner sont prêts à tenir de nouveaux pourparlers «s'ils reçoivent une proposition iranienne détaillée dans les 48 prochaines heures».
Abbas Araghchi, qui mène la délégation iranienne aux pourparlers, avait affirmé vendredi qu'une ébauche de texte serait prête «d'ici deux ou trois jours» et serait ensuite présentée aux Etats-Unis, Donald Trump s'étant pour sa part donné la semaine dernière un délai de 10 à 15 jours avant de prendre une décision.
Si le président américain souhaite «zéro enrichissement» d'uranium sur le sol iranien – question au coeur de la discorde – Washington examine d'après Axios la possibilité d'autoriser «un enrichissement symbolique et limité», qui ne lui permettrait pas de développer l'arme nucléaire.
Le ministre Abbas Araghchi a déclaré dimanche:
Il a ajouté: «Nous avons développé cette technologie par nous-mêmes, grâce à nos scientifiques, et elle nous tient à coeur».
Les Occidentaux craignent que l'Iran ne se dote de la bombe atomique, quand Téhéran plaide pour le développement du nucléaire civil.
Les manifestations ont changé la donne
Ces nouvelles tensions entre Washington et Téhéran sont apparues après la répression d'un vaste mouvement de contestation en Iran.
Donald Trump avait dit vouloir intervenir militairement en soutien aux manifestants, puis a poussé pour un règlement diplomatique des différends.
Pour la première fois depuis la répression de janvier, des slogans appelant à la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont de nouveau retenti cette semaine dans plusieurs villes d'Iran.
Dimanche, des étudiants partisans et adversaires du pouvoir se sont fait face pour la deuxième journée consécutive, lors de rassemblements en hommage aux manifestants tués.
La veille, des échauffourées avaient éclaté entre les deux camps, d'après des médias iraniens. (ats/afp)
