Fin janvier 2025, Nicoletta della Valle quittait son poste de cheffe de l'Office fédéral de la police (Fedpol). Elle a depuis rejoint la société d'investissement israélienne Champel Capital, comme le révèle la RTS. Son objectif? Soutenir la levée de 100 millions de dollars pour investir dans des sociétés, notamment israéliennes, actives dans la sécurité et la défense.
Le rôle exact de cette levée de fonds n'est pas connu. Nicoletta della Valle n'a pas souhaité s’exprimer sur une affaire «relevant de sa sphère privée».
Interrogé par la RTS, l'israélo-Suisse Amir Weitmann, cofondateur de Champel Capital et membre assumé du Likoud, le parti de Benjamin Netanyahou, précise:
Pour rappel, peu après le 7 octobre 2023, Amir Weitmann défendait dans Temps Présent «un plan préconisant l’évacuation des Palestiniens de la bande de Gaza et leur relocalisation en Egypte».
Afin de mener à bien cette levée d'argent, Giora Eiland, l'une des grandes figures de l'armée israélienne, a aussi été recruté. Cet ancien général de division à la retraite apparaît à de nombreuses reprises dans la requête pour génocide déposée devant la Cour internationale de justice.
Un cadre de Swiss Innovation Forces, l’agence d’innovation de l’armée suisse, siège également dans le même conseil consultatif que Nicoletta della Valle. L'entreprise, détenue à 100% par la Confédération, affirme à la RTS que l'employé a rejoint le conseil consultatif de Champel Capital à titre personnel.
Même si le changement de poste de l'ancienne cheffe de Fedpol est légal, l'association Transparency Suisse l'a qualifié de «potentiellement problématique». La RTS rappelle qu'en Suisse, pour éviter un éventuel conflit d'intérêts causé par la nouvelle activité d'un haut fonctionnaire, l'administration fédérale peut exiger qu'il attende jusqu'à 12 mois avant de pouvoir quitter le public pour aller dans le priver. Il n'existe cependant aucune obligation.
En 2023, une motion a été déposée auprès du Conseil fédéral demandant de «monitorer ces cas afin que la société civile soit tenue informée». Le texte a été rejeté. (ag)