Ces douaniers français n'auraient jamais dû abuser du gyro en Suisse
La scène est inhabituelle. Début février, en fin de journée, une patrouille de la police cantonale genevoise repère un véhicule blanc aux plaques françaises circulant avec un gyrophare bleu, en direction de Bardonnex. Une intervention racontée par la Tribune de Genève.
Le véhicule intrigue les braves pandores: il est banalisé et sans marquage officiel. Les policiers décident donc de l’intercepter pour un contrôle. A bord, ils découvrent... des agents des douanes françaises.
Une activation injustifiée?
Selon leurs explications, rapportées par nos confrères, ils rentrent d’une formation au Centre de coopération policière et douanière, installé à l’aéroport de Cointrin. Cette structure franco-suisse réunit policiers, gendarmes et douaniers des deux pays pour lutter contre la criminalité transfrontalière.
Mais un problème subsiste: rien ne justifie l’activation du gyrophare pour ce déplacement. Sur le territoire suisse, les agents étrangers sont soumis à des règles strictes. L’Accord de Paris prévoit que les agents «n’exercent pas leurs pouvoirs de police ou de douane et respectent les règles de circulation routière en vigueur», rappelle la Tribune de Genève.
Quelle a été la sentence?
Une tape sur les doigts (ou presque). La police genevoise a adressé un avertissement aux agents français, leur a demandé de retirer le gyro et a rappellé le cadre légal. Par contre, aucune suite pénale n’est engagée, rapportent nos confrères.
D'après la police locale, interrogée sur cette drôle d'affaire par la Tribune de Genève, une telle interception est inédite. «Aucun précédent de cette nature» n’avait jusqu’ici été signalé. Une source française proche du dossier évoque un possible «zèle» du côté genevois, tout en reconnaissant que l’usage des feux bleus n’était pas justifié.
Les agents auraient également activé leur gyrophare à l’aller, une information qui n’a pas pu être confirmée. (jah)
