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Taupe chez Fedpol: la piste mène à un Russe et une firme suisse

Eva Wildi-Cortes, Direktorin Bundesamt fuer Polizei, Fedpol, spricht an einer Medienkonferenz zur Strategie der Schweiz zur Bekaempfung der Organisierten.Kriminalitaet, am Freitag, 19. Dezember 2025,  ...
Eva Wildi-Cortés, directrice de Fedpol. Depuis la révélation d'une taupe au sein de l'office, de vastes opérations policières ont eu lieu dans plusieurs cantons.Keystone

Taupe chez Fedpol: la piste mène à un Russe, Genève et une firme suisse

L'arrestation d'un employé de l'Office fédéral de la police (Fedpol) s'inscrit dans le cadre d'une opération policière internationale. Au cœur de l'affaire: une société suisse de transfert de fonds.
13.05.2026, 18:4613.05.2026, 18:46
Christian Mensch / ch media

Nous sommes le mardi 28 avril, jour d'une vaste opération policière. En pleine rue à Bâle, un homme est sorti de force d'un véhicule, pistolets braqués sur lui. Des voitures de police convergent vers le quartier bancaire de la ville. Des corps de police coordonnés lancent de nombreuses perquisitions, non seulement dans la région de Bâle, mais aussi dans les pays voisins et dans d'autres cantons.

Le même jour, l'Office fédéral de la police (Fedpol) et le ministère public de la Confédération annoncent un coup porté contre la criminalité organisée. Six personnes auraient été arrêtées sous la suspicion de participation à une organisation criminelle. Parmi elles, une personne active au sein du service de sécurité de Fedpol. Il lui est reproché d'avoir transmis des informations confidentielles contre rémunération.

Des recherches journalistiques ont établi que cet agent présumé est un ancien employé de la police bâloise. Sa femme a également été arrêtée, selon le Tages-Anzeiger et la SRF. Des articles spéculatifs évoquent depuis lors une lutte contre la «mafia de la drogue».

Un foyer du blanchiment d'argent en Suisse

Un mandat de perquisition dont nous disposons ainsi que deux sources indépendantes indiquent que les perquisitions et arrestations constituaient certes une action contre le trafic de drogue, mais visaient avant tout le blanchiment d'argent qui y est associé. Dans le collimateur: une société de transfert de fonds opérant depuis la Suisse.

Lundi, une confirmation indirecte est venue des autorités de poursuite pénale zurichoises: lors d'une action menée également le 28 avril contre un réseau international de blanchiment d'argent, cinq personnes auraient été arrêtées. Il leur est reproché d'avoir transféré à l'étranger, de manière systématique et pendant des années, des fonds d'origine criminelle se chiffrant à plusieurs millions. Ces montants provenaient principalement d'escroqueries et du trafic de drogue.

Une vaste opération avait également eu lieu le 28 avril en lien avec les escroqueries mentionnées: sous la conduite des enquêteurs zurichois, dix personnes ont été arrêtées lors de nombreuses perquisitions, dont neuf appartiennent à la communauté nigériane. Elles sont accusées d'arnaques sentimentales (romance scam) et d'autres cybercrimes, avec des préjudices se chiffrant, là aussi, à plusieurs millions.

Une figure centrale qui dirige depuis la Hongrie

Pour des raisons liées à l'instruction judiciaire, les autorités de poursuite pénale du canton de Zurich et de la Confédération ne fournissent pas d'autres précisions. Un lien entre les trois opérations communiquées indépendamment les unes des autres n'est donc, sur demande, ni confirmé ni infirmé.

Les documents disponibles mettent en lumière les rouages du réseau de blanchiment d'argent. Celui-ci a son siège à Zurich, mais ses principales succursales suisses se trouvent à la rue de Berne à Genève et à la Clarastrasse à Bâle. C'est également à Bâle que réside le président du conseil d'administration enregistré, H.K., d'origine turque, qui a déjà exercé les fonctions de gérant de discothèque, de négociant en import-export et de fiduciaire immobilier.

La figure centrale est S.S., un Russe de naissance qui vit depuis quelques années en Hongrie et qui, selon des documents récents, a acquis la nationalité roumaine. La spécialité de ce juriste de formation est de déplacer des fonds même dans des configurations complexes.

Dans le collimateur de l'Ukraine et de la Russie

S.S. a laissé ses premières traces en tant que représentant d'une succursale russe d'une banque libanaise. A ce titre, il a organisé en 2015 à Donetsk, territoire ukrainien occupé par la Russie, des transferts de fonds. Il a ainsi contourné les sanctions imposées, qui avaient de fait paralysé le système bancaire dans la région. Cette action l'a inscrit sur la liste noire d'une plateforme ukrainienne.

Mais S.S. s'était également brouillé avec son employeur. Celui-ci cherchait visiblement en vain à lui réclamer le remboursement d'une créance, comme il ressort d'un jugement d'un tribunal d'arrondissement de Moscou datant de 2022. Mais, à cette époque, il opérait depuis longtemps en Europe de l'Ouest.

En Suisse, S.S. est connu des services de police depuis 2020. Il a racheté un bureau de change existant à Zurich, qu'il a rebaptisé. Ses contacts passaient par des partenaires sud-américains avec lesquels il avait déjà travaillé en Suède. Des documents du registre du commerce révèlent que la société suisse appartient toujours à S.S., même après qu'il a quitté le conseil d'administration en novembre dernier.

Les Grecs ont agi, pas les Suisses

La société suisse, qui arbore, gage de réputation, le «Swiss» dans son nom, est largement présente à l'international. Outre ses contacts sud-américains et est-européens, une personne d'origine indienne opérant actuellement depuis Dubaï fait partie de son environnement. Selon un bilan annuel en notre possession, elle possède également des filiales au Brésil et au Sénégal.

La société suisse a également servi de point de départ pour opérer avec des partenaires grecs à Athènes. Depuis la Grèce, S.S. a étendu son réseau vers l'Allemagne par le biais d'implantations de succursales. Les autorités grecques ont jugé la structure suspecte. Comme il ressort d'une décision administrative, elles ont retiré à la société sa licence en février de cette année: des violations graves des obligations de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme auraient été constatées.

L'organisme suisse d'autorégulation Polyreg ne nourrit, lui, aucune réserve depuis 2021. Celui-ci confirme sur demande une adhésion en cours de la société.

On ignore pour l'heure à qui précisément l'employé de Fedpol aurait vendu des informations. Dans les milieux bâlois, diverses versions circulent. Certaines vont même jusqu'à affirmer que des fuites provenant des services d'enquête auraient été proposées sous forme d'abonnements de différentes durées. La présomption d'innocence s'applique à tous les prévenus. L'employé de Fedpol à Bâle a été suspendu. L'agence de transfert d'argent de Bâle reste ouverte.

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