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Initiative SSR: l'UDC n'a pas dit son dernier mot

Thomas Matter (UDC), Gregor Rutz (UDC), Urs Furrer (USAM)
Thomas Matter (UDC), Gregor Rutz (UDC) et Urs Furrer (USAM) se sont pris une bonne claque avec le refus net de l'initiative sur la redevance.Image: keystone

Initiative SSR: l'UDC n'a pas dit son dernier mot

Le débat autour du contenu produit par la SSR est loin d’être terminé. Au centre des discussions: la future concession financée par la redevance, prévue pour 2029. Pour l'UDC, celle-ci devra limiter la présence du service public dans le divertissement et la culture.
09.03.2026, 09:2009.03.2026, 09:20
Benjamin Rosch / ch media

Le salon de l’Hôtel Schweizerhof, à Berne, s’est rapidement vidé après l’apparition des premiers résultats de votation sur le grand écran. Sont restés entre autres le directeur de l’Union suisse des arts et métiers, Urs Furrer, ainsi que les deux conseillers nationaux UDC Thomas Matter et Gregor Rutz. C'est à eux qu'il incombait de mettre des mots sur la claque infligée à leur initiative visant à réduire de moitié la redevance. Ils l’ont fait avec calme, tout en annonçant déjà de nouvelles offensives.

Gregor Rutz a notamment attaqué les programmes de la SSR. Selon lui, l’entreprise financée par la redevance devrait désormais se concentrer sur sa mission essentielle:

«Il faut remettre au centre le mandat de base. La formation, l’information et la culture doivent passer au premier plan, tandis que des économies peuvent certainement être faites dans le sport et le divertissement»

La campagne de votation aurait, selon lui, mis en lumière les critiques visant les programmes de la SSR.

Laisser le sport aux privés

Gregor Rutz reprend ainsi une idée du conseiller fédéral Albert Rösti. En raison de l’initiative de l’UDC, le ministre des médias a repoussé l’élaboration d’une nouvelle concession pour la SSR. Le mandat actuel remonte à 2019 et a été prolongé avec des adaptations minimales. Une nouvelle concession doit toutefois entrer en vigueur en 2029.

Albert Rösti a laissé entendre qu’il souhaitait introduire des changements sur le plan du contenu. L’idée générale: la SSR devrait se limiter à ses obligations fondamentales d’information et concurrencer le moins possible les acteurs privés.

Une position que partage aussi Urs Furrer, de l’Union suisse des arts et métiers:

«La SSR doit se concentrer là où elle ne se trouve pas en concurrence directe»

Dans la Suisse rhéto-romane, par exemple, le mandat de prestations devrait rester aussi large que possible. «Mais en Suisse alémanique notamment, certaines offres pourraient très bien être reprises par des médias privés.» Urs Furrer pense par exemple aux retransmissions de fêtes de lutte suisse ou encore de la Ligue des champions.

Pour le conseiller national UDC Thomas Matter également, le débat sur le contenu du service public doit se poursuivre:

«Nous n’avons certainement pas besoin d’émissions venues de Corée du Sud avec des pseudo-célébrités de second plan»

La présence en ligne de la SSR devrait elle aussi alimenter les discussions au Parlement. Depuis longtemps, des voix critiques accusent la SSR et ses différentes unités – comme la RTS – de prendre trop de place sur un marché déjà très concurrentiel, notamment sur les réseaux sociaux.

Des idées «non tenables»

Le conseiller national socialiste Jon Pult tire une conclusion tout autre du dimanche de votation:

«Ce résultat clair montre à quel point les projets d’Albert Rösti sont problématiques. Ses idées concernant une nouvelle concession de la SSR ne sont plus politiquement tenables»

Il rejette également en bloc les propositions de l’Union suisse des arts et métiers et de l’UDC. Dans la campagne contre la réduction de la redevance, des voix issues du sport, de la culture et du divertissement ont notamment joué un rôle important. Le spécialiste des médias affirme:

«Ce serait absurde de tailler précisément dans les domaines qui ont convaincu»

Par ailleurs, il est largement admis que la SSR doit aussi atteindre les jeunes publics. Jon Pult insiste: «Ce sont précisément eux qui seraient touchés par ces coupes.»

Au Palais fédéral, les débats sur la réduction de la redevance ont déjà suscité beaucoup de remous. Il devrait en aller de même lorsque la discussion sur la nouvelle concession s’ouvrira. Sur le plan politique, les partisans de la SSR risquent toutefois d’être en posture compliquée: au final, c'est le Conseil fédéral qui aura le dernier mot sur les modalités précises de la concession. (adapt. tam)

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