Des douaniers suisses dénoncent une «dangereuse» formation au combat
Pour cet agent des douanes, le constat est clair: «Le self défense est très dangereux pour les personnes d’un certain âge». Selon lui, le nombre d’accidents à l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) a augmenté de 31% l’an dernier. Au total, les douanes ont enregistré 276 accidents professionnels l’an passé, soit 66 de plus qu'en 2024.
Et c'est surtout la formation en technique de sécurité et d’intervention (TSI) qui a donné lieu à 96 accidents selon les statistiques. Elle inclut le self défense à mains nues.
La formation identifiée comme cause principale
Ces chiffres figurent dans le rapport de santé 2025 de l’OFDF, que nous avons pu consulter. Ce document est établi chaque année pour l’ensemble de l’administration et sous la direction de l’Office fédéral du personnel. Son objectif: améliorer la santé au travail. Il décrit l’état actuel de la gestion de la santé en entreprise et propose des priorités pour l’année suivante.
Le nombre élevé d’accidents lors des formations TSI échauffe particulièrement les esprits en interne. Selon certains collaborateurs, les accidents se multiplient, notamment chez les collègues plus âgés. Avec parfois des blessures importantes.
Tous deux ont dû être opérés.
Ce qui suscite l'incompréhension, c'est que d'anciens douaniers - désormais assignés au rang de gestionnaires en contrôle - doivent eux aussi suivre ces cours. Or, la plupart ont plus de 55 ans. On critique aussi le recrutement de jeunes collaborateurs comme instructeurs de combat rapproché. Ils «ne disposent généralement pas de compétences solides», mais veulent «prouver leur force».
Les plus âgés particulièrement touchés
Le nombre de jours d’absence pour accident confirme cette analyse. Il se calcule par équivalent plein temps et atteignait en moyenne 0,41 aux douanes. Dans la direction des opérations, il s'élevait 0,5. A titre de comparaison, la moyenne pour l’ensemble de l’administration fédérale était de 0,16 jour.
Et, ventilé par âge, le nombre de jours d’accident est effectivement le plus haut chez les 50 à 59 ans, selon des données fournies par l’OFDF. Il s’établit en moyenne à 0,49 jour par équivalent plein temps. La moyenne toutes classes d’âge confondues était l’an dernier de 0,41 jour d’absence par poste à plein temps.
Avec 0,26 jour, les valeurs les plus faibles concernent les plus de 60 ans, suivis des employés âgés de 30 à 39 ans (0,3).
Des formations qui sont comparées à un sport
Le porte-parole de l’OFDF, Simon Erny, relativise: le nombre d’accidents n’aurait que légèrement augmenté. «Il faut souligner que la majorité des accidents sont des blessures légères, comme des élongations ou des entorses.» Et d’ajouter:
Sur les quatre dernières années, on a enregistré entre 210 et 276 cas, ce qui n’est «pas inhabituel compte tenu de la grande quantité de formations TSI dispensées».
On peut comparer ces cours à une véritable activité sportive, «où le risque d’accident est naturellement plus élevé que dans un travail de bureau», écrit Simon Erny. Actuellement, environ 2300 des quelque 4000 employés de l’OFDF suivent «chaque année au moins trois à quatre demi-journées de formation TSI», précise-t-il.
La majorité du personnel des douanes suit cet entraînement au combat rapproché dans le cadre du déploiement du nouveau profil professionnel unifié. Le projet ne fait pas l'unanimité. La distinction entre douane des marchandises et gardes-frontières a été supprimée; il n’existe plus qu’un seul métier: spécialiste en douane et sécurité des frontières.
La moitié des objectifs n'a pas été atteinte
Le porte-parole insiste toutefois: «La sécurité au travail et la protection de la santé de nos collaborateurs sont une priorité absolue.» La direction a donc décidé dès l’an dernier d’investir davantage de ressources dans ce domaine afin de mieux protéger les employés, de manière préventive et réactive. Le rapport de santé 2025 montre néanmoins que l’OFDF a encore des progrès à faire sur ce point.
Seuls quatre des onze «objectifs 2025» ont été entièrement «atteints». Par conséquent, le manuel sur la sécurité au travail et la protection de la santé se fait toujours attendre «en raison de départs, de nouvelles nominations et de réorganisations».
(Traduit de l'allemand par Valentine Zenker)
