Cette domina livre ses conseils: «2-3 orgasmes par semaine minimum»
Commercial et kitsch: la pensée de nombreux citoyens lorsqu’ils entendent prononcer le mot «Saint-Valentin». La fête des amoureux d’aujourd’hui est devenue un vaste business. De nombreux couples l’évitent même soigneusement. «C’est compréhensible, le 14 février est très commercial. Nous devrions faire de chaque jour une Saint-Valentin. Et il ne s’agit pas de cadeaux, mais de petites attentions», estime Katja Isele, sexothérapeute basée en Argovie.
Parfois, aider un peu plus à la maison suffit déjà. «Beaucoup de femmes s’en réjouiraient», ajoute la quadragénaire en riant. Elle est thérapeute de couple et sexothérapeute depuis cinq ans. Ce que beaucoup de ses patientes et patients ignorent, c'est qu'elle est aussi dominatrice professionnelle et exploite un studio BDSM. Sous le nom de Lady Lara, elle exauce depuis 17 ans les fantasmes sexuels particuliers de certains hommes.
Vous êtes dominatrice et thérapeute de couple. Comment ces deux activités vont-elles ensemble?
Katja Isele: Mes métiers se complètent très bien. Mon travail de dominatrice me donne un aperçu très profond de la sexualité de mes clients. A un moment donné, j’ai eu envie d’en faire davantage et d’évoluer professionnellement. C’est pourquoi je me suis formée en 2021, dans ma ville natale de Berlin, comme thérapeute de couple et sexothérapeute. Je trouve intéressant que, tant comme dominatrice que comme thérapeute, on travaille avec la psyché humaine et que l’on soit très proche des gens.
En tant que dominatrice, vous êtes surtout proche des hommes. Comment faut-il imaginer votre travail?
Comme dominatrice, j’ai la possibilité d’apporter beaucoup de bien-être et de rendre les gens heureux, quelle que soit la forme que cela prend. Les hommes peuvent se laisser aller et se détendre profondément. Pour eux, c’est une sorte de thérapie.
Que faites-vous concrètement avec eux?
Cela varie énormément et dépend de leurs souhaits. Souvent, il s’agit de privation sensorielle. On bande les yeux, la bouche ou les oreilles des clients, ou on les attache pour les rendre sans défense. Les jeux en latex ou anaux sont également appréciés.
D’autres ont un fétichisme du bruit et trouvent excitant d’entendre un œuf que j’écrase. Il y a aussi un client qui revient régulièrement pour se faire chatouiller pendant une heure entière.
J’imagine que certains de ces hommes sont en couple. Leurs partenaires savent-elles qu’ils viennent vous voir?
En 17 ans comme dominatrice, cinq hommes m’ont dit que leurs femmes étaient au courant de leurs visites chez moi.
Pourquoi?
Dans une relation, on devrait pouvoir parler ouvertement de ses désirs sexuels et essayer des choses. Or, ce n’est souvent pas le cas. Beaucoup ont honte d’évoquer leurs besoins au lit. Surtout au début d’une relation, on n’est pas honnête et l’on ne montre que ses «beaux» côtés. Le lien devient alors unilatéral. Résultat: soit on va voir ailleurs, soit on se sépare. Et, bien sûr, les partenaires se sentent pris de court lorsque, après dix ans de vie commune, le mari ou l’épouse annonce soudain qu’il ou elle est adepte du sadomasochisme. C’est pourquoi je plaide pour une ouverture dès le départ. C’est essentiel pour une vie amoureuse épanouie.
Mais une relation ne se résume pas à l’amour physique. Le sexe n’est-il pas surestimé?
Non, je ne le pense pas. Tout le monde a besoin de sexe et de proximité corporelle. Une vie sexuelle épanouie rend heureux, réduit le stress, améliore le renouvellement cellulaire, soutient le système immunitaire et agit comme une fontaine de jouvence. On paraît au moins dix ans plus jeune quand on a régulièrement de bons rapports sexuels.
Que signifie «régulièrement» pour vous?
Deux ou trois orgasmes par semaine, c’est un minimum. Parfois, on peut aussi s’aider soi-même si le partenaire n’est pas disponible. Pour les femmes en particulier, il est important d’avoir des rapports réguliers. Sinon, elles perdent leur libido et doivent ensuite réapprendre à ressentir le plaisir.
Pour de nombreuses personnes ayant un quotidien stressant, un travail exigeant et de jeunes enfants, avoir régulièrement des rapports sexuels n’est tout simplement pas possible.
Aux jeunes parents et aux couples au rythme de vie effréné, je conseille de planifier le sexe et les moments à deux. Cela ne sonne pas très romantique, mais c’est nécessaire. Sinon, cela n’arrive tout simplement pas. Outre la planification, les compromis sont aussi essentiels pour une relation amoureuse épanouie.
Que voulez-vous dire par là?
Mon ex-mari avait des préférences sexuelles que je ne pouvais pas satisfaire. Une fois par an, je le laissais faire. A condition qu’il ne développe pas de relation émotionnelle avec cette personne, qu’il se protège et qu’il se fasse ensuite tester pour le VIH et les maladies sexuellement transmissibles. La première fois, cela m’a coûté énormément. J’ai dû dépasser mes limites. Mais ensuite, j’ai pu très bien gérer la situation. Dans une relation, faire des compromis et aller au-devant des besoins de son partenaire en fait partie.
On ne peut pas se restreindre toute sa vie pour préserver un couple. C’est pourquoi je me réjouis que de plus en plus de femmes participent à mes ateliers de dominatrice, parce qu’elles souhaitent exaucer ce désir de leurs maris.
Vous transmettez désormais aussi vos connaissances dans le podcast Institute of Passion (en suisse-allemand), lancé cette semaine. Vous y parlez notamment de sexe pendant les règles et de la taille du pénis. Est-il vraiment nécessaire d’aborder ces sujets aussi ouvertement?
Oui, absolument. Ce sont des thèmes qui préoccupent les personnes de notre entourage et nos auditeurs. Nous sommes d’une honnêteté sans concession et tentons d’aborder ces sujets de manière amusante, en racontant nos expériences. Nous voulons informer et encourager les gens à parler ouvertement de sexualité, de désir et d’amour. Le podcast doit offrir aux personnes – et en particulier aux couples – l’occasion de réfléchir et de travailler sur eux-mêmes et sur leur relation. Nous espérons ainsi contribuer à ce que les couples entretiennent des relations plus solides et plus épanouissantes.
(traduit et adapté de l'allemand par hun)
