Voici ce que vous attendez vraiment de la RTS
Pour tenter d’y voir plus clair, nous vous avons posé plusieurs questions sur la RTS et, plus largement, sur la SSR.
Faut-il investir davantage dans le numérique? Acheter des séries internationales? Produire du divertissement? Ou se concentrer avant tout sur l’information? Voici ce que vous nous avez répondu.
L’information reste, de loin, la priorité
Le premier enseignement que l’on tire de ce sondage, c’est que pour une large majorité d’entre vous, la mission centrale de la RTS reste l’information. Lorsqu’on vous demande quelle devrait être sa priorité aujourd’hui, la réponse est nette. Près de huit lecteurs sur dix estiment que la RTS doit avant tout informer, que ce soit via ses journaux, ses émissions de débat ou ses formats de décryptage.
Les autres missions arrivent très loin derrière. Produire des contenus culturels ou acheter des droits sportifs locaux récolte une petite minorité de voix, tandis que le divertissement international (films, séries ou sport) arrive en dernière position.
Même l’idée d’investir davantage dans le numérique, pourtant souvent présentée comme l’avenir des médias, reste largement minoritaire dans ce sondage.Autrement dit, le public semble attendre du service public qu’il fasse avant tout du service public.
TikTok et Instagram? Oui, mais le débat existe
Autre question, la RTS doit-elle aller chercher les jeunes là où ils se trouvent, notamment sur TikTok ou Instagram?
Une majorité relative répond oui. Pour ces lecteurs, les habitudes de consommation de l’information ayant changé, les médias doivent donc s’adapter aux plateformes utilisées par les nouvelles générations.
Mais la réponse n’est pas unanime. Une part non négligeable des votants estime au contraire que l’effort doit venir du public, et non du média. Si les jeunes veulent s’informer, ils peuvent télécharger l’application d’un média, allumer la radio ou regarder un journal.
Ce résultat reflète bien un débat plus large qui traverse aujourd’hui de nombreuses rédactions. Faut-il adapter l’information aux plateformes, ou bien inciter le public à venir vers les formats plus traditionnels?
Les contenus «tendances» divisent clairement
C’est probablement la question qui divise le plus. Faut-il que la RTS publie des contenus liés aux tendances sur ses réseaux sociaux, comme des formats qui parlent de phénomènes viraux, de pop culture ou de sujets qui agitent les plateformes?
Les réponses sont presque parfaitement réparties. Un peu plus d’un tiers des votants estime que oui, ces contenus disent quelque chose de notre époque et méritent donc leur place dans un média public.
Mais presque autant jugent que ce n’est pas le rôle de la RTS, et qu’il est inapproprié que l’argent de la redevance serve à traiter ce type de sujets.
Entre les deux, une troisième catégorie considère simplement que d’autres médias le font déjà très bien et que la RTS pourrait se concentrer sur d’autres formats. Bref, sur ce point précis, le public est loin d’être d’accord.
Séries US et sport inter: le public est partagé
La question des droits de diffusion de séries étrangères ou de grandes compétitions sportives suscite elle aussi des avis contrastés. Une partie des votants estime que la SSR doit continuer à acheter ces programmes, notamment parce que tout le monde n’a pas accès à des plateformes payantes comme Netflix ou Sky. Sans ces achats, les téléspectateurs risqueraient de se tourner vers des chaînes étrangères.
Mais près d’un tiers des répondants jugent au contraire que la redevance ne devrait pas financer ce type de contenus internationaux, surtout lorsqu’ils ne concernent pas directement la Suisse. Entre les deux, certains préféreraient que la SSR investisse davantage dans des contenus moins chers ou dans des événements sportifs locaux.
Un débat qui reflète une question plus large: jusqu’où un média de service public doit-il concurrencer les acteurs privés du divertissement?
Le numérique… mais sans lâcher la radio et la TV
Dernière question, lue à maintes reprises sur les réseaux sociaux ces derniers mois, et posée aux lecteurs: faut-il réduire l’offre radio ou télévision pour investir davantage dans le numérique?
La majorité des votants répond non. Pour eux, la RTS doit rester forte sur ses supports traditionnels, et le numérique doit venir en complément.
Une minorité estime néanmoins qu’il n’est peut-être plus nécessaire de maintenir autant de chaînes ou de stations radio, et qu’un rééquilibrage serait logique.
Autrement dit, le public semble ouvert à l’évolution des formats, mais pas à une révolution brutale.
Un message clair: informer d’abord
Pris ensemble, ces sondages dessinent une tendance assez nette. Le public est curieux et accepte que la RTS s’adapte aux nouveaux usages et aux réseaux sociaux.
Il comprend aussi qu’un média public puisse proposer du divertissement ou acheter certains droits. Mais la mission qui domine très largement reste l’information.
Dans un paysage médiatique fragmenté, où les sources d’information se multiplient et où la confiance dans les médias est régulièrement mise à l’épreuve, beaucoup semblent attendre de la RTS qu’elle fasse avant tout sa mission originelle: informer.
