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La SSR renonce à 35 millions, mais c'est une «tactique»

La SSR renonce à 35 millions et cela cache une «tactique»

Une nouvelle redistribution de la redevance devrait permettre aux radios et télévisions privées de recevoir 35 millions supplémentaires. On s'attendait à une résistance de la part de SSR, mais sa nouvelle directrice, Susanne Wille a choisi une autre voie.
04.09.2024, 18:53
Francesco Benini / ch media
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Susanne Wille a été élue nouvelle directrice générale de la SSR. Elle doit entrer en fonction le 1er novembre prochain. Mais on peut déjà supposer que son arrivée conduira à de nombreux changements.

Un exemple récent? Une récente intervention parlementaire demande que les radios et télévisions privées reçoivent une plus grande part de l'argent récolté via la redevance. Il s'agirait donc d'une nouvelle répartition qui favorisera les entreprises privées au détriment de la SSR. Contre toute attente, cette dernière ne semble pas vouloir s'y opposer.

Selon certains observateurs, la nouvelle responsable a même œuvré en faveur de cette décision – et ce au risque de devoir couper dans les budgets.

«Susanne Wille cherche clairement à positionner l'entreprise différemment de son prédécesseur, Gilles Marchand»
Un politicien fédéral

Rompre avec la figure de Crésus qui se plaint

Selon cette initiative parlementaire de la commission des télécommunications du Conseil des Etats: les médias audiovisuels privés recevraient à l'avenir 6 à 8% du produit de la redevance, au lieu de 4 à 6% actuellement.

La manne attribuée aux prestataires locaux et régionaux atteindrait ainsi au maximum 125 millions de francs, contre 90 aujourd'hui. La SSR renoncerait par conséquent aux 35 millions de différence issus du pot commun. La commission s'est prononcée par dix voix contre deux en faveur de ce modèle.

Dans l'exposé des motifs, le comité qualifie de «marginale» la coupe de 35 millions. Vraiment? Oui car, comme le font remarquer les politiciens, la SSR touche environ 1,3 milliard de francs grâce à la redevance. On comprend donc que la perte est minime.

Mais la SSR tente déjà de réduire la voilure, car le Conseil fédéral a décidé d'abaisser la redevance de 335 à 300 francs. Le directeur général de la SSR a mis en garde contre une baisse des recettes de 240 millions - ce qui signifierait la suppression de 900 postes. On s'attendait donc à un rejet de cette nouvelle répartition. Mais Susanne Wille a opté pour une autre stratégie que l'on peut résumer en trois points.

Premièrement, elle veut rompre avec l'image de Crésus qui se plaint. Le produit d'exploitation du diffuseur public s'élevait à 1,55 milliard en 2023. Est-il alors approprié de peindre le diable sur la muraille à chaque occasion? D'autant plus que, selon les employés de la SSR, on pourrait économiser en redessinant leur organigramme aujourd'hui très compliqué.

Deuxièmement, la population suisse se prononcera probablement en 2026 sur l'initiative de l'UDC «200 francs, ça suffit». Un texte que la SSR redoute au plus haut point. La nouvelle dirigeante veut donc prouver dès à présent sa volonté de faire des économies. Et si les médias privés perçoivent une plus grande part de redevance, cela réduira le risque qu'ils soutiennent publiquement le projet.

La SSR ne veut pas définir clairement ce qu'est le service public

L'auteur de l'initiative, le conseiller national UDC Thomas Matter (ZH), voit dans la prise de position de la future directrice «de l'intelligence tactique». De nombreuses entreprises de médias privées ont tendance à soutenir l'initiative - voilà pourquoi Susanne Wille fait un pas dans leur sens.

Troisièmement, la SSR doit renégocier son offre de programmes. Albert Rösti, son ministre de tutelle, aimerait une concentration sur l'information et la culture, au détriment du sport et du divertissement.

Une cure d'amaigrissement que la SSR a toujours fait échouer jusqu'à présent. Moins de sport et de divertissement, cela signifie moins de parts de marché. La SSR parle sans cesse de service public - mais elle se garde bien d'en définir clairement les contours. Et sur ce point, Susanne Wille crée désormais les conditions pour que cela perdure. Elle fait preuve d'une certaine conciliation en matière de finances - en revanche, elle sait aussi rester ferme lorsque la politique veut limiter le champ d'action de la SSR.

Son porte-parole, Edi Estermann l'affirme:

«Nous avons toujours soutenu les mesures qui contribuent à renforcer la place médiatique suisse, même par le passé»

Selon lui, le pays a besoin d'un paysage médiatique diversifié - ancré au niveau régional et aux thématiques variées, avec des points de vue différents et des canaux de diffusion multiples.

(Traduit de l'allemand par Valentine Zenker)

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