Frontières, transports: Genève dévoile son dispositif pour le G7
Genève renforcera ses contrôles aux frontières pendant la période du sommet du G7 d'Evian (F). Les travailleurs prioritaires passeront plus facilement grâce à des macarons. Le Conseil d'Etat n'a en revanche rien annoncé sur la manifestation de la coalition No-G7.
Le gouvernement «agit avec volonté et détermination», a affirmé mercredi à la presse son président Thierry Apothéloz. L'état de préparation est «optimal», a-t-il ajouté. En attendant de se positionner sur l'autorisation ou non d'une manifestation, le Conseil d'Etat a pris la décision d'autoriser du 12 au 18 juin le franchissement de sept points de passage: Anières, Moillesulaz, Thônex-Vallard, Bardonnex, Perly, Meyrin et Ferney-Voltaire. Près d'une trentaine de postes de douanes plus petits seront fermés.
«Il ne s'agit pas de bloquer des gens aux frontières», a affirmé la conseillère d'Etat en charge de la sécurité Carole-Anne Kast. «Il n'y aura pas de restrictions d'accès» au territoire genevois. Les arrivées par les gares de Cornavin et d'Annemasse, de même que par l'aéroport de Genève, restent possibles. Des contrôles dans les trains et aux abords de ceux-ci auront lieu. Les passages terrestres et lacustres seront interdits.
Le télétravail recommandé
Aux frontières routières, des délais importants sont à prévoir. Pour le personnel essentiel, un système de macarons sera mis en place. «Une facilité de mobilité» qui devrait passer par des voies réservées au moment de passer les douanes, selon Mme Kast.
Le dispositif sera piloté par l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF). Côté transports publics, certaines lignes des TPG, notamment transfrontalières, pourraient être perturbées ou réduites. Pour éviter les désagréments, le Conseil d'Etat répète sa recommandation de télétravail.
Jusqu'à 5000 militaires déployés
Les annonces de mercredi ont été rendues possibles par la décision du Conseil fédéral il y a une semaine de permettre des contrôles renforcés aux frontières. L'ensemble des 1500 policiers genevois seront mobilisés. Outre leurs collègues vaudois et valaisans, des renforts des autres polices cantonales seront garantis. Et le Conseil fédéral a ouvert la voie au déploiement de jusqu'à 5000 militaires.
Mais aucune demande pour des membres des forces de maintien de l'ordre françaises sur le territoire suisse n'a été formulée, contrairement à l'Euro 2008. Cette possibilité existe après la révision de l'accord sécuritaire avec la France après les difficultés observées en marge du sommet du G8 d'Evian en 2003.
«Présence française, il y aura», a malgré tout précisé la commandante de la police genevoise Monica Bonfanti. Des patrouilles transfrontalières auront lieu et il faudra escorter les dirigeants de Genève à Evian.
Pas de décision sur la manifestation
En revanche, l'incertitude subsiste sur l'autorisation ou non d'une manifestation et d'un village anti-G7. «Les enjeux de sécurité ne se limitent pas» à cette question, insiste Kast. Il faut considérer des menaces en termes de cybersécurité, de sabotage des infrastructures, d'attitudes violentes ou même de terrorisme.
Malgré tout, le gouvernement promet une décision «rapidement» sur la volonté de la coalition No-G7 de manifester et d'établir un village anti-G7. «C'est trop tôt» parce que l'analyse sécuritaire n'est pas encore «consolidée», affirme Kast. La situation internationale volatile affecte les défis «en permanence».
Par ailleurs, des discussions sont en cours entre certains acteurs et la préfecture de Haute-Savoie pour un contre-sommet ou un village côté français. «Nous sommes informés», glisse la conseillère d'Etat. De son côté, la coalition No-G7, sans ambigüité aucune, a répété à plusieurs reprises vouloir manifester à Genève et a lancé un appel à l'international dans cette direction.
Du soutien aux entreprises
Dans toutes les têtes, l'objectif est d'éviter les dégâts massifs observés en 2003. A l'époque, une personne seulement avait été blessée mais des vitrines et échoppes avaient été saccagées. De quoi faire redouter aux commerçants, qui souhaitaient davantage de recommandations du Canton, des déprédations similaires.
Le Conseil d'Etat examine un mécanisme de soutien aux entreprises en cas de déprédations. Mais celui-ci «ne se substituera pas aux assurances», a précisé Apothéloz. Et pas question d'indemniser des pertes de chiffre d'affaires, ni le coût des panneaux pour se barricader.
Le Grand Conseil avait décidé récemment de reprendre la main. Une session extraordinaire est prévue le 28 mai prochain. En cas de désaccord avec ses décisions, le gouvernement tentera de convaincre les députés, a fait remarquer Mme Kast. (jzs/ats)
