Suisse
Vaud

Le Centre rejette l’initiative UDC et prône l’unité

Le Centre rejette l’initiative UDC et prône l’unité

À Zoug, les délégués du Centre ont massivement refusé le plafonnement de la population à 10 millions et appelé à renforcer la cohésion face aux défis sécuritaires.
28.03.2026, 14:3328.03.2026, 14:33
Le Centre sera l'arbitre des désaccords entre gauche et droite, selon Yvonne Bürgin (C/ZH).
Le Centre sera l'arbitre des désaccords entre gauche et droite, selon Yvonne Bürgin.Keystone

Les délégués du Centre réunis samedi à Zoug ont balayé l'initiative de l'UDC voulant limiter la population du pays à 10 millions d'habitants. Le parti a exprimé par ailleurs sa préoccupation pour la sécurité du pays et en appelle à la cohésion en ces temps géopolitiquement troublés.

Le rejet de l'initiative de l'UDC s'est fait par 221 voix contre 1 et 8 abstentions. Les délégués ont estimé que le texte, soumis à votation le 14 juin, crée des problèmes au lieu d'apporter des solutions.

La conseillère nationale zougoise Yvonne Bürgin a reconnu que l'initiative porte sur un thème qui préoccupe beaucoup de monde. Mais la «limite rigide» qu'il pose est inadéquate pour le Centre.

«Le texte ne laisse aucune marge et conduit à une économie planifiée»
Bürgin

Bürgin qui s'inquiéte notamment du fait qu'un dépassement des 10 millions supprimerait de fait la liberté de circulation.

Les orateurs ont dénoncé une «initiative du chaos». Le Centre, initialement, s'était prononcé pour un contre-projet, qui n'a cependant pas abouti. Le parti dit vouloir «orienter et modeler la croissance».

Pour son président Philipp Matthias Bregy, la vraie question n'est pas de savoir combien de personnes la Suisse peut abriter, mais de combien de monde le pays a besoin pour sa prospérité.

Oui au durcissement pour le service civil

Les délégués ont plébiscité par 229 voix contre 10 et 9 abstentions le durcissement des conditions d'admission au service civil voté par les Chambres fédérales. Aucun orateur ne s'est exprimé sur cette modification législative qui sera également soumise au vote le 14 juin.

Mais dans sa présentation, le conseiller national grison Martin Candinas a estimé que le texte pose des «règles claires» et a l'avantage d'être à nouveau une «alternative pour les hommes en prise avec un vrai conflit de conscience». La situation actuelle présente des lacunes revenant dans les faits à laisser une liberté de choix, a-t-il critiqué.

La modification de loi soumise au peuple vise à réduire le nombre des admissions annuelles de 6600 à 4000. Elle prévoit notamment que les militaires qui auront déjà effectué tous leurs jours d'instruction ne puissent plus accéder au service civil.

Appel à l'union de Martin Pfister

De retour pour l'occasion dans son canton, le conseiller fédéral Martin Pfister a appelé à prendre conscience du «sérieux de la situation» au plan mondial et à investir dans l'armée. «La sécurité est à la base du bien-être, de la liberté et de la démocratie», a-t-il affirmé devant les délégués.

Dans un jeu de mots en allemand associant «Zug» (pour Zoug mais aussi élan) et «Berne», le chef du DDPS a relevé le «dynamisme» de la politique fédérale.

Ses derniers voyages comme conseiller fédéral l'ont emmené en Pologne et en Finlande. Le ministre de la Défense y a été «impressionné» par la façon dont ces pays améliorent leur capacité d'engagement militaire. La Finlande est à ses yeux un modèle pour la Suisse.

Martin Pfister a demandé l'union des forces «pour trouver des solutions communes et prendre ses responsabilités, sans polarisation». Le pays a un «énorme besoin de rattrapage» en termes de défense militaire, a-t-il observé.

Philipp Matthias Bregy a souligné l'importance de mener une «politique centriste» et d'éviter la polarisation. Le rôle du parti n'est pas de regarder à droite ou à gauche, mais d'«aller de l'avant».

Le conseiller national valaisan et président du parti se fait du souci pour la sécurité du pays. «La menace a évolué», a-t-il déclaré, évoquant les guerres, les cyberattaques et les offensives contre les infrastructures sensibles. Autant de menaces face auxquelles il faut se serrer les coudes, a-t-il complété. (dal/ats)

Une famille ukrainienne attaquée verbalement dans un train suisse.
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
La Suisse a dépensé des millions pour envoyer des nazis au Brésil
Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, au moins seize anciens SS ont pu refaire leur vie en Amérique du Sud grâce à un projet d'aide suisse. Eclairage avec un historien.
Karl Schaeffer avait 30 ans lorsqu'il rejoignit la Waffen-SS en 1940. Sa carrière y fut fulgurante: dans la tristement célèbre division Prinz Eugen, les nationaux-socialistes le promurent au grade d'Obersturmführer. Cette unité joua un rôle central dans l'extermination systématique des Juifs dans l'ex-Yougoslavie et elle commit de nombreux massacres contre la population civile. Bien que Schaeffer ait été un haut responsable de la SS, il put reconstruire sa vie au Brésil quelques années seulement après la fin de la guerre. Il intégra une colonie germano-nationaliste fondée grâce à une aide humanitaire venue de Suisse.
L’article