Ce que les vidéos du Constellation pourraient révéler aux familles
«Etre confronté au chaos, à l’indicible… je pense qu’il est impossible de s’y préparer», confie l'avocate d'une serveuse décédée au Matin Dimanche. Selon le journal, elle et ses consœurs et confrères, parties prenantes au dossier de l'incendie de Crans-Montana, peuvent visionner dès, ce lundi, les images de vidéosurveillance enregistrées lors du drame.
Et le 30 avril, ce sera au tour des familles des 41 victimes d'y avoir accès. Un moment très dur mais qui permettra de «mieux comprendre le déroulement des faits», estime l'avocate, selon qui «l’attitude et le rôle de Jessica Moretti» sera notamment scruté.
Des mesures strictes contre les fuites
Selon Le Matin Dimanche, la justice valaisanne a imposé des règles strictes pour le visionnage de ces images à «caractère extrêmement sensible». Plusieurs d’entre elles «montrent les corps des défunts», indique les procureures valaisannes dans une ordonnance consultée par l'hebdomadaire.
Les séances auront lieu par petits groupes au poste de police de Sion (VS). Pour empêcher toute fuite dans les médias, avocats et proches seront scrupuleusement contrôlés. Les téléphones et appareils d'enregistrement seront notamment proscrits, la justice n'autorisant que la prise de notes manuscrites.
Toute fuite serait un «choc inqualifiable», alerte une avocate auprès du Matin Dimanche. Selon le journal, certaines familles refusent de voir les images, comme elles avaient refusé de voir le corps de leur proche, tandis que d’autres estiment en avoir besoin pour avancer.
Qui a organisé le défilé de bougies
Les vidéos ont été enregistrées par quatorze caméras de surveillance. Elles montrent la propagation fulgurante du feu en moins de deux minutes, les tentatives de fuite et la panique générale.
D'après Le Matin Dimanche, elles pourraient aussi révéler qui est à l'origine du défilé de bougies incandescentes qui ont bouté le feu aux mousses installées du Constellation. L'hebdomadaire fait état d'un témoignage affirmant qu'il s'agit de Jessica Moretti, présente au sous-sol du bar lors du drame.
Pour rappel, la gérante française est, au même titre que son mari Jacques Moretti, prévenue d'incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence. Elle bénéficie toujours de la présomption d'innocence. (jzs)
