Ce Romand a inventé un nouveau sport avec une ado
Le monde avait-il urgemment besoin d’un nouveau sport? Les mauvaises langues, les plus pragmatiques d’entre nous et les allergiques au padel ou au tchoukball répondraient sans aucun doute par la négative.
Alors que de nombreuses disciplines officielles sont encore tenues à l’écart des Jeux olympiques et même des subventions publiques, un Vaudois de 42 ans a décidé de rajouter sa pierre à une montagne d’activités déjà (très) fournie. Yanik Sansonnens, en collaboration avec Elaine, une élève de 14 ans rencontrée «dans le cadre d’un coaching en français pour la fondation Proactif à Vevey», s’est mis en tête d’inventer un sport.
En réalité, le «vockys» ne sort pas tout à fait de nulle part, puisqu’il emprunte les balles, les actions, le terrain et certaines de ses règles à des stars bien connues: le volley, le unihockey, le foot et le rugby. Vous l’aurez compris, ici, le principal objectif reste donc de marquer des buts.
Histoire de pallier les premières interrogations, l’étudiant à la HEP Vaud et ancien journaliste a déjà fomenté un site internet, une longue vidéo explicative et même un slogan pour son nouveau sport: «Pourquoi en choisir un, si plusieurs sont possibles?». Ce qui ne nous a pas empêchés de contacter ce Géo Trouvetou vaudois, pour mieux comprendre ce qui se cache derrière cette étrange aventure.
Au bout du fil, Yanik Sansonnens évoque une anecdote entendue durant ses cours, au sujet du FooBaSKILL, ce sport hybride inventé en 2015, lui aussi en Suisse, par trois enseignants d'éducation physique.
Ce qui ne devait rester qu’un simple exercice scolaire s’est très vite transformé en projet plus ambitieux: «J’ai toujours une multitude d’idées qui fourmillent dans mon esprit. Avec le vockys, j’ai réussi à canaliser tout ça et aller au bout du processus».
Pourquoi avoir choisi de mixer des sports qui, à première vue, n’ont rien en commun? Si Yanik Sansonnens a fait du beach-volley, la jeune Elaine est actuellement gardienne d’unihockey et le ballon de rugby est plus «spectaculaire» que le football. Si la genèse du «vockys» paraît simple comme bonjour, c’est une fois le nez dans les règles que ça se corse un peu.
Les règles du «vockys»
Ce nouveau jeu a la vocation d’être «à la fois accessible, évolutif et pédagogique, capable de s’adapter à différents publics et contextes». Les bases? Un terrain et des buts de handball, deux équipes de 5 joueurs (dont un gardien), même s’il est «possible de jouer à 5 voire 6 joueurs de champ».
Surtout, le «vockys» n’est pas un fourre-tout dans lequel on peut voir voler trois balles différentes en même temps. En lieu et place des traditionnelles mi-temps, nous avons droit à trois phases: le mode volley, le mode hockey et le mode rugby.
Et en cas de compétition?
Le binôme s’est évidemment creusé les méninges pour donner naissance à des règles du jeu dignes de ce nom, avec des pénalités, des pénaltys, des interdictions, des coups francs, des buts à trois points ou encore des arrêts de jeu. Une base commune, bien sûr, mais également de nombreuses spécificités aux trois différentes phases.
Un exemple?
- Phase 1: On marque en frappant le ballon de volley avec la main.
- Phase 2: On marque en frappant la balle d’unihockey avec une canne (mais on joue au pied en zone dite neutre).
- Phase 3: On marque en frappant le ballon de rugby avec le pied.
Pour le reste, ce sera beaucoup plus simple en vidéo:
L’une des premières choses qui frappent en regardant la vidéo, c’est que le pauvre gardien est à la merci du tireur, disposé à frapper le ballon de rugby de toutes ses forces. De quoi redouter des blessés, non? «Oui, vous avez raison! C’est pourquoi nous utilisons pour l’instant un ballon de rugby en mousse», explique Yanik Sansonnens.
Sans oublier que si les actions sont proches de celles que l’on retrouve dans les sports qui ont inspiré l’invention du «vockys», elles ont de quoi donner le tournis une fois réunies dans le même jeu. Du moins au début. Mais le futur prof assure que le fait de «varier les gestes est idéal pour développer les capacités transversales, cognitives, sociales et affectives des jeunes». Une sorte de triathlon de la balle qui appelle les joueurs à inventer de «nouvelles stratégies une fois sur le terrain».
Enfin, et à chaud, on a l’impression que les règles ne sont pas toutes simples. Qu’en pense le concepteur du «vockys»? «C’est vrai que ça demande un peu de temps. Pour expliquer les règles déjà, mais aussi pour bien les assimiler, surtout pour des enfants en bas âge».
Les gamins, on le sait, grandissent avec des modèles, surtout dans le sport. De Ronaldo à Travis Kelce, en passant par LeBron James ou Roger Federer, les stars motivent souvent la jeunesse à démarrer une activité sportive. Dans d’autres disciplines, où la médiatisation est moindre, ça galère parfois à fabriquer une relève. Les enfants vont-ils se passionner pour le «vockys», malgré l’absence de personnalités à imiter?
Yanik pense-t-il déjà à un ambassadeur de luxe?
De la musique d’avenir. Sans compter que l’inventeur du «vockys» a «grillé toutes ses thunes» dans le projet, notamment pour confectionner un site internet en quatre langues et «protéger la marque au niveau suisse et européen par l’intermédiaire d’un avocat». Son humble objectif serait déjà que son sport puisse être pratiqué dans toutes les écoles de Suisse.
