Ce nouveau gadget à l'Open d'Australie a une fonction insoupçonnée
Si vous avez regardé l'Open d'Australie cette année, vous aurez certainement remarqué sa toute nouvelle technologie: quand une balle est out, les poteaux du filet et le montant de la chaise d'arbitre s'allument en rouge. Grâce à des néons LED fixés sur ses objets.
C'était le cas lors de tous les matchs du tournoi (hommes et femmes). Et ce le sera encore lors de l'ultime duel de cette quinzaine à Melbourne, la finale masculine dimanche (9h30, heure suisse) entre Carlos Alcaraz et Novak Djokovic.
La première fois que cette technologie a été utilisée, c'était lors de la toute récente compétition par équipes nationales mixtes United Cup en Australie (la Suisse avait perdu en finale contre la Pologne). L'Open d'Australie est donc le premier tournoi – à proprement parler – qui l'adopte.
«Cette innovation améliore la visibilité pour les spectateurs», argumente la United Cup (dont le co-organisateur, Tennis Australia, est le même que le Grand Chelem de Melbourne) sur son site. Les néons sont connectés à l'arbitrage électronique (Hawk-Eye) et permettent ainsi d'informer instantanément si la balle est bonne ou hors des limites du terrain.
C'est un outil particulièrement appréciable dans des endroits bruyants, comme les arènes de Grand Chelem, où le bruit empêche parfois d'entendre les annonces de l'arbitre. Ce signal visuel amène aussi du confort aux téléspectateurs, notamment les personnes malentendantes. Grâce à lui, on sait tout de suite si le coup est in ou out. Et il nous immerge encore plus dans le match. «Le terrain s'anime d'une nouvelle manière de raconter le jeu, avec la participation du public aux décisions en temps réel», renchérit la United Cup.
L'Américaine Coco Gauff (3ème mondiale) apprécie cette nouvelle technologie, comme elle l'a fait savoir durant cette compétition par pays:
Ces lumières LED rouges ne sont pas seulement utilisées pendant le jeu, mais aussi pour pimenter le spectacle audiovisuel autour du match. Les néons s'allument pour signaler un point important à venir, ainsi que lors de l'entrée des joueurs sur le court ou encore pendant les célébrations de victoire. Ce système «dynamise l'ambiance dans chaque arène», se réjouit la United Cup.
Accessoirement, les lumières rouges sur la chaise d'arbitre permettent de bien mettre en évidence le nom du sponsor, qu'elles encadrent.
Mise en valeur et bug
Mais la fonction la plus insoupçonnée de ce dispositif concerne les arbitres. Plus précisément leur mise en valeur, et celle de leur travail. La United Cup écrit:
Grâce à ces lumières LED, l'arbitrage et les arbitres, sur leur chaise, deviennent visibles. Au sens propre. De quoi rappeler leur présence aux spectateurs et téléspectateurs. En tennis, les officiels n'apparaissent presque que quand il y a embrouille avec les joueurs. C'est d'autant plus vrai depuis que l'arbitrage électronique a été introduit.
La grande majorité des fans est incapable de dire qui a arbitré telle ou telle finale de Grand Chelem, ni de nommer ou reconnaître des arbitres. Tout le contraire du foot, par exemple, où plusieurs hommes au sifflet sont des stars.
A première vue, ces poteaux et chaise lumineux présentent uniquement des avantages. Sauf quand le système foire. C'est arrivé au 1er tour de l'Open d'Australie, lors du match entre Naomi Osaka et Antonia Ruzic. Les lumières se sont enclenchées avant même le début d'un point (important), mais sont restées allumées durant tout l'échange et même après le point, alors que Ruzic avait réussi un coup gagnant.
Impossible d'éteindre les LED. Du coup, l'arbitre a demandé aux joueuses si elles étaient d'accord de poursuivre le match avec les lumières constamment allumées. Leur réponse: non. Sans doute par crainte d'une gêne visuelle.
La scène en vidéo
Il a fallu huit minutes pour que les techniciens de la Rod Laver Arena parviennent à éteindre ces néons rouges et que le match puisse donc enfin reprendre. La solution? Débrancher tout simplement le système, qui n'a plus fonctionné pendant la suite de la rencontre, fait savoir TNT Sports. Pas idéal...
On espère que le dispositif tiendra tout au long de la finale masculine ce dimanche. Même si Alcaraz et Djokovic ne diraient peut-être pas non à une petite pause forcée en plein effort, car leur bataille s'annonce épique.
