Cet homme de l'ombre joue un rôle crucial à La Tchaux
Le HC La Chaux-de-Fonds vient de disputer 14 matchs en 31 jours. Par chance, il n'aura pas à se déplacer pour sa 15e partie ce dimanche puisqu'il recevra le HC Sierre en finale de National Cup. Un soulagement quand on sait que les Neuchâtelois viennent d'effectuer plusieurs longs déplacements à Coire, Arosa (deux fois) et Bellinzone (trois fois). Paieront-ils leur débauche d'énergie ce week-end pour ce qui sera l'un des matchs les plus importants de sa saison?
Contacté par watson, le préparateur physique du HCC veut croire que non. «En finale de Coupe, on oublie la fatigue même si les jambes sont lourdes», rappelle Dominique Gindraux, au club depuis neuf saisons. «L'enjeu, les émotions et le public poussera l'équipe à se dépasser.» Les hockeyeurs des Mélèzes auront besoin de tout cela pour venir à bout d'un leader de Swiss League qui a disputé deux matchs de moins depuis fin décembre et qui a bien moins voyagé que le HCC durant la même période.
Quand il a découvert le calendrier de janvier, le directeur sportif et entraîneur-assistant Loïc Burkhalter l'a trouvé «énorme et pas normal», selon des propos rapportés par ArcInfo. Un constat que partage Dominique Gindraux.
Quand les matchs s'enchaînent à un rythme aussi effréné, les joueurs s'exposent à différents risques. «Des problèmes de surcharge peuvent apparaître, comme des douleurs au dos ou aux genoux, renseigne notre interlocuteur. Certains hockeyeurs ressentent aussi beaucoup de fatigue et se retrouvent incapables de donner le meilleur d'eux-mêmes.»
Comme les organismes sont déjà bien entamés par la répétition des matchs, les joueurs sont aussi plus vulnérables aux virus qui peuvent dès lors très rapidement se propager. C'est le scénario catastrophe vécu par le HCC en janvier. Il a conduit à une baisse de résultats et à l'éviction du coach Louis Matte, remplacé par le Finlandais Teppo Kivelä.
Ce changement sur le banc de la première équipe n'a pas modifié le travail du préparateur physique des Neuchâtelois. Pour tenter de garder les joueurs en meilleure condition possible, il a toutefois dû modifier son approche ces dernières semaines. «On essaie de faire du micro-dosage hors de la glace. L'objectif est d'atteindre l'efficacité en réduisant la charge de travail et en optimisant le temps disponible.»
Pendant cette période à haute intensité, Dominique Gindraux personnalise davantage son approche avec les joueurs, notamment lors des séances de force (musculation, squats, explosivité, etc.) qui suivent les matchs à domicile. «Travailler un peu plus ces jours-là, appelés "high days", permet ensuite aux joueurs de bénéficier de "low days", c'est-à-dire de jours de repos complet.»
Dominique Gindraux dispose de suffisamment d'expérience pour gérer la répartition des charges de travail, même si son métier a beaucoup changé entre son premier passage au HCC dans les années 2000 et aujourd'hui.
Dominique Gindraux est aussi passé d'une génération à une autre, celle qui a grandi avec les réseaux sociaux et les salles de fitness, et dont on dit qu'elle n'est plus très réceptive aux conseils des professionnels du coaching. «Les messages passent différemment, acquiesce le Neuchâtelois. Les joueurs sont de moins en moins nombreux à appliquer le programme les yeux fermés. Ils ont besoin de savoir pourquoi ils font les choses et de comprendre l'utilité des exercices. Notre rôle, c'est aussi d'être capable de leur expliquer.»
Ces subtilités dans les relations passent évidemment au second plan quand une équipe joue chaque deux jours. «L'idéal serait une petite dizaine de matchs par mois», songe Dominique Gindraux, qui a déjà prévu de remplacer les exercices d'après-match par une célébration au champagne en cas de nouveau titre, dimanche après-midi aux Mélèzes.
