Ce film est une nouveauté
Maharaja in Denims devrait devenir le premier film de Bollywood entièrement généré par l'intelligence artificielle (IA) d'ici la fin de l'été.
Contrairement à sa concurrente américaine plus régulée, l'industrie indienne du cinéma - plus de 2000 productions par an - s'est lancée sans retenue dans l'IA, à travers plusieurs projets. Deux longs-métrages: Chiranjeevi Hanuman: The Eternal et Love You, ont longtemps fait la course en tête, mais sans jamais atteindre le stade de la sortie en salles. C'est donc Maharaja in Denims qui devrait remporter la palme de cette nouvelle catégorie.
Tiré du roman éponyme de Khushwant Singh paru en 2014, le film est produit par les studios Intelliflicks. Ils ont été cofondés à Chandigarh, dans le nord de l'Inde en 2023 par l'auteur et Gurdeep Singh Pall, un ancien vice-président de Microsoft.
Son best-seller raconte l'histoire d'un adolescent de Chandigarh issu d'une famille aisée. Il pense être la réincarnation à la fois de Ranjit Singh, le maharaja qui a fondé l'Empire sikh au XIXe siècle, et d'une victime des violences qui ont visé cette communauté en 1984, après l'assassinat d'Indira Gandhi. Lorsqu'elles sont filmées, ces grandes épopées requièrent d'habitude un budget considérable.
Mais l'IA a dans ce cas permis de le diviser par dix. «Des cinéastes avaient estimé les coûts à plus de 500 millions de roupies (4,65 millions d'euros) dans un format traditionnel. Nous devrions le terminer pour environ 40 à 50 millions de roupies», se réjouit Singh.
Seule entorse au règne de l'ordinateur: la musique, composée et jouée par des humains. Sukhwinder Singh interprète le morceau principal. Il avait prêté sa voix à la bande musicale de Slumdog Millionaire, le film aux huit Oscars de Danny Boyle.
Maharaja In Denims: Behind The Scenes
Évolution technologique
Même si l'IA a permis de s'affranchir des nombreuses contraintes matérielles, le «tournage», confié à une minuscule équipe d'à peine six personnes, n'eut rien d'une partie de plaisir pour autant.
D'abord parce que les outils technologiques ne sont pas bien entraînés pour reproduire les visages indiens. «Il aurait été beaucoup plus facile de faire un western», observe le réalisateur, «si nous avions anticipé ces difficultés, nous aurions retenu un autre scénario...»
Ensuite, parce que des progrès permanents l'ont contraint à régulièrement modifier son montage. «La technologie avance sans cesse», soupire Khushwant Singh.
D'abord prévu pour fin 2025, le film devrait finalement être projeté sur grand écran en août ou en septembre. «Je peux aujourd'hui assurer que nous avons réussi à maîtriser la technique de réalisation d'un film par intelligence artificielle», savoure fièrement le cinéaste.
L'un des tout premiers d'un genre qui, il en est persuadé, va non seulement révolutionner, mais aussi démocratiser une industrie mondiale: «Au vu de l'extrême rapidité des progrès technologiques, un jeune de 18 ans en province pourra bientôt rivaliser avec les plus grands studios», anticipe Khushwant Singh. «La concurrence arrivera de partout dans le monde». (afp/vz)
