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Que vaut 28 ans plus tard: Le Temple des mort? Notre critique

Le personnage incarné par Ralph Fiennes porte le récit sur ses épaules.
Le personnage du Dr Kelson (Ralph Fiennes), vu dans le précédent volet, est cette fois au centre de l'intrigue.Image: Sony

La suite de «28 Ans plus tard» va vous régaler

Moins d’un an après 28 Ans plus tard, qui relançait la saga initiée en 2002 par Danny Boyle, la fureur continue de se déchaîner dans cette suite sauvée par l’excellent Ralph Fiennes.
14.01.2026, 16:5614.01.2026, 16:56

Il n’aura pas fallu attendre deux décennies pour découvrir la suite de 28 Ans plus tard. Heureusement, cette seconde partie sort sept mois seulement après ce premier volet. L’ensemble étant pensé comme une trilogie dès le départ, autant vous dire que si vous n’avez pas vu le film de Danny Boyle, sorti en juin dernier, il va falloir soit passer votre chemin, soit procéder à un rattrapage. Le film est actuellement disponible en VOD et sur myCANAL.

Notre critique du précédent volet:

Pour rappel, voilà près de trente ans que le Virus de la Fureur s’est échappé d’un laboratoire d’armement biologique en Angleterre. Depuis, le Royaume-Uni a été coupé du reste du monde et un confinement extrêmement strict a été instauré. Les habitants se sont retrouvés livrés à eux-mêmes, reclus, en proie aux infectés qui pullulent sur l’île. Des infectés enragés et cannibales, dont une simple griffure suffit à contaminer.

Le film de Danny Boyle se terminait sur le jeune Spike (Alfie Williams), protagoniste principal, contraint de rejoindre l’excentrique Jimmy Crystal (Jack O’Connell) et son mystérieux culte, dans une scène finale surprenante, tant elle rompait avec le réalisme lugubre des deux premiers actes.

Jimmy Crystal (Jack O’Connell) et son gang vont se révéler plus terrifiant que les zombies eux-mêmes.
Jimmy Crystal (Jack O’Connell) et son gang vont se révéler plus terrifiant que les zombies eux-mêmes.Image: watson

Jimmy n’est autre que le petit garçon que l’on découvrait en introduction de 28 Ans plus tard. Son père, pasteur persuadé d’assister au Jugement dernier, voyait l'infection comme un signe de la providence et de la volonté divine. Avant de se laisser contaminer, il confiait à son fils son crucifix retourné, tandis que l’enfant assistait impuissant à la scène, caché à proximité.

Aujourd’hui, celui-ci se trouve à la tête d’un groupe de jeunes, baptisés «les Jimmys», qu’il tient sous son emprise sectaire, se proclamant fils de l’Antéchrist. Livrés à eux-mêmes tels les enfants perdus de Peter Pan, ce groupe ultra-violent, vivant de pillages et d’exactions sur les survivants, va se révéler être une menace bien plus terrifiante que les infectés eux-mêmes.

Vidéo: extern / rest

Memento Mori

Si ce second volet s’intitule Le Temple des morts, c’est aussi parce que le film s’attarde sur le personnage du docteur Ian Kelson, interprété avec brio par Ralph Fiennes (Conclave), l'un des personnages centraux du premier film. Cet ancien médecin devenu ermite vit au milieu d’un ossuaire majestueux qu’il a lui-même bâti avec les os de chaque cadavre croisé sur son chemin.

Le film s'attarde sur le docteur Kelson (Ralph Fiennes) et sa relation avec l'Alpha (Chi Lewis-Parry), le plus dangereux des infectés.
L'étrange relation entre le docteur Kelson (Ralph Fiennes) et l'Alpha (Chi Lewis-Parry), est pleine de symboles.Image: Sony

Ce survivant doit sa sécurité à ses fléchettes d'opium anesthésiant n'importe quel infecté sur le champ, y compris le terrifiant Alpha (Chi Lewis-Parry) qui rôde dans les parages. Un géant que Kelson va renommer Samson, telle la figure biblique qui avait été dotée d'une force surhumaine par Dieu.

Comme l'homme et le loup, ceux-ci vont nouer une relation aussi troublante qu’inattendue, dont les répercussions seront susceptibles de tout bouleverser. Ces deux personnages deviennent le cœur du film, fruit de la rencontre entre humanité et monstruosité.

Le cinéma horrifique — du moins le bon — a toujours porté un discours dénonciateur. Si le premier 28 Ans plus tard évoquait l’isolationnisme conservateur de l’Angleterre post-Brexit ainsi que le patriarcat, Le Temple des morts aborde cette fois le fanatisme religieux de manière frontale.

Le film dénonce le radicalisme et la violence libérée de toute culpabilité lorsqu'elle est perpétrée par des esprits endoctrinés au nom de la croyance. Multipliant les références bibliques, 28 Ans plus tard: Le Temple des morts, prend une dimension nouvelle et inattendue, offrant un spectacle plus profond qu'un simple «film de zombies», dans la lignée du précédent.

Satan l'habite

C’est cette fois sous la caméra de la réalisatrice américaine Nia DaCosta (Candyman) que se déploie cette fresque horrifique, tout en conservant l’essence de la saga. Le film reste en effet scénarisé par Alex Garland (Civil War), déjà à l’écriture du 28 Jours plus tard originel.

Le réalisateur Danny Boyle pourrait quant à lui revenir pour un hypothétique troisième volet, si le succès du deuxième le permet. De son côté, Nia DaCosta reste dans les rails de son prédécesseur, proposant des plans audacieux et des séquences à l’esthétique clipesque chères au cinéma de Boyle - bien qu'avec davantage de retenue. Une approche qui devrait rendre l’expérience plus appréciable pour les détracteurs du cinéaste britannique, souvent jugé trop «foutraque».

Le film tombe malheureusement parfois dans un mysticisme grotesque quand il joue avec les codes de le religion.
Le film tombe malheureusement parfois dans un mysticisme grotesque quand il joue avec le folklore religieux.Image: Sony

Cette suite souffre néanmoins de l’effet sériel propre à un deuxième volet, perdant forcément en originalité et peinant à exister par elle-même. Elle se contente d'ouvrir de nouvelles parenthèses, tout en en refermant d’autres. L'autre gros défaut? Sur l’ensemble du long-métrage, il est difficile de s’attacher au destin du jeune Spike, pris au piège par l’insupportable bande des Jimmys. De véritables hooligans fantasques, adeptes d’une surenchère de violence gratuite, rappelant le gang des «droogies» d’Orange mécanique.

C’est véritablement dans les séquences mettant en scène le docteur Kelson que le film trouve sa force. Ralph Fiennes y déploie toute l’ampleur de son talent de comédien, parfois jusqu'à la folie, notamment lors d'interludes musicaux particulièrement plaisants, issus de la collection de disque de son personnage. (D'ailleurs, un film qui met du Radiohead dans sa bande originale n'est jamais un mauvais film. C'est une règle tacite du cinéma.)

28 Ans plus tard: Le Temple des morts est un film d’horreur flirtant parfois avec le grotesque, notamment par son aspect religieux exacerbé. Cependant, ce spectacle mystique et viscéral s’impose, à l'instar de son prédécesseur, comme l’une des propositions les plus marquantes du genre, grâce à sa vision radicale et audacieuse.

On attend désormais (et on l’espère) le troisième et dernier chapitre, qui devrait mettre à l’honneur le personnage incarné par Cillian Murphy, révélé en 2002 dans le film original, afin de clore ainsi une saga désormais culte.

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source: sda / chris pizzello
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