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Le biopic de Michael Jackson oublie la face sombre de l'idole

Le film sur la vie de Michael Jackson se contente de narrer les évenements qui le menèront à devenir le plus grand showman du monde.
Le film sur la vie de Michael Jackson se contente de narrer les évenements qui le menèront à devenir le plus grand showman du monde.Image: Lionsgate Films

Le biopic sur Michael Jackson oublie la face sombre de l'idole

Après une polémique avant même sa sortie et un tournage chaotique, le biopic de Michael Jackson arrive enfin sur les écrans. Si celui-ci raconte l’ascension du Roi de la Pop, il évite de trop se pencher sur sa chute.
21.04.2026, 18:5121.04.2026, 18:51

Elton John, Bruce Springsteen, Elvis Presley, Bob Dylan, Bob Marley, Amy Winehouse, Freddie Mercury, même Robbie Williams, et bientôt les Beatles… On ne compte plus le nombre de biopics sortis à ce jour. Ceux-ci remplissent les caisses, étant pour la plupart des succès, et tendent à offrir à leurs comédiens des prix prestigieux pour la meilleure imitation.

Et s’il y en a bien un biopic qui se faisait désirer sur grand écran, non seulement par le poids immense de son héritage, mais aussi par voyeurisme, tant le sujet est casse-gueule, c’est bien celui de Michael Jackson. Sobrement intitulé Michael, le film avait pour ambition de raconter la vie de l'artiste avec ses parts d’ombre, selon les mots de son réalisateur, marquées par une addiction aux médicaments, une transformation physique importante et surtout des accusations d’abus sexuels sur mineurs.

Mais lorsque le biopic lui-même est produit par les membres de sa propre famille ainsi que son ancien avocat John Branca, incarné à l'écran par l'acteur Miles Teller (Whiplash), on peut légitimement douter d’un récit trop policé, mis sur pied pour redorer le blason de la légende. Bien qu'il était prévu que les accusations soient abordées, une partie du film a dû être intégralement retournée, puisque toute mention de l'affaire Jordan Chandler, était interdite en raison de l'accord de confidentialité signé avec la famille du plaignant en 1994.

C'est donc 17 ans après sa mort que le long-métrage réalisé par Antoine Fuqua (Training Day) finit par raconter l'histoire du Roi de la Pop, parti à l’âge de 50 ans d’une overdose de propofol, un anesthésique dont la star était dépendante. Le long-métrage Michael nous plonge au cœur de l’âge d’or du chanteur, cette période charnière du milieu des années 1980 où il s'affirme enfin comme un artiste solo totalement indépendant. L'introduction étant consacré à son enfance, on le découvre à huit ans, comme voix pure du groupe The Jackson Five auquel il appartenait avec ses frères.

La bande-annonce:

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Une quête de liberté

Michael est dépeint comme un enfant au cœur pur, brimé par un père abusif qui le frappe et le dénigre jusqu'à l'appeler «gros nez», ce qui amènera l'artiste, une fois adulte, à effectuer une rhinoplastie. Alors que le temps passe et que le succès de la famille Jackson atteint son apogée, faisant de cette famille ouvrière des nantis à la fin des années 1960, Michael, désormais adulte, rêve de voler de ses propres ailes.

Cette émancipation est le cœur du film et sera abordée tout au long du métrage, à commencer par son premier album solo, Off the Wall en 1979, en passant par le succès légendaire de Thriller en 1982, jusqu'à son dernier concert avec ses frères lors du Victory Tour de 1984, où il annonce officiellement, à la surprise de tous, qu'il s'agit de son dernier concert avec le groupe The Jacksons. L'occasion pour Michael de «tuer le père», puisque c'était encore lui qui était en charge de la carrière de son fils et qu'il exerçait une emprise toxique sur celui-ci.

Colman Domingo incarne Joe Jackson, le père controversé de Michael qui frappait ses enfants à coups de ceinture pour assurer la perfection lors des répétitions.
Colman Domingo incarne Joe Jackson, le père controversé de Michael qui frappait ses enfants à coups de ceinture pour assurer la perfection lors des répétitions.Image: Lionsgate Films

Et c'est bien le seul élément subversif du film: Joseph Jackson, dit «Joe», est véritablement le méchant de l'histoire, à l'origine de tous les maux qui ont frappé son fils. L'homme, incarné avec brio par Coleman Domingo (Euphoria), est un chef de famille qui voit ses enfants comme une entreprise à exploiter, jusqu'à les broyer, incapable de voir en Michael l'exception qu'il est. Tout le contraire de sa bienveillante mère Katherine, qui a vu en son fils «la lumière» qu'il portait en lui, au moment même où il est né.

Que vaut la nouvelle saison?

Un portrait un peu trop bien brossé

Le malaise que peut provoquer le visionnage du biopic Michael s’applique ici. Le récit semble hagiographique. Jackson y est présenté comme un saint: amoureux des animaux qui seront ses seuls amis, d’une gentillesse et d’un amour inconditionnel pour ses fans, les enfants et les personnes blessées, il apparaît comme un être d’une sensibilité hors norme, animé par la volonté de rendre le monde meilleur.

Et c’est pourtant une forme de vérité qui nous est montrée, puisqu’on ne peut nier que l’artiste était un avant-gardiste qui aimait profondément les gens, allant même jusqu’à rencontrer les gangs qui sévissaient à Los Angeles pour apprendre la danse de rue - ce qui lui vaudra sa gestuelle légendaire.

Pour le clip de «Beat It» sorti en 1983, Michael Jackson a engagé environ 80 membres des gangs rivaux des Crips et des Bloods afin d'apporter une touche d'authenticité urbaine.
Pour le clip de Beat It (1983), Michael Jackson avait engagé environ 80 membres des gangs rivaux des Crips et des Bloods afin d'apporter une touche d'authenticité urbaine.Image: Lionsgate Films

C’est également l’un des artistes ayant brisé le mur qui séparait la musique des Noirs et des Blancs, jusqu’alors bien marqué aux États-Unis. Il deviendra ainsi le premier artiste afro-américain à être diffusé sur MTV. On ne peut nier que c’est par sa musique et sa personnalité philanthrope que Michael Jackson est devenu l’une des icônes culturelles majeures du siècle passé, et ce film est là pour nous le rappeler.

Celui qui a lu la page Wikipédia du chanteur ne sera pas dépaysé, le film ne fait qu'énumérer les chapitres de sa vie en incluant des événements mémorables. L'occasion de voir des reconstitutions de sa prestation de Billie Jean lors de l’émission télévisée Motown 25, dans laquelle il exécute pour la première fois son célèbre moonwalk, en passant par le tournage du clip Thriller, ou encore l'adoption de son chimpanzé répondant au nom de Bubbles.

En 1983, Michael Jackson a adopté Bubbles, un bébé chimpanzé provenant d'un centre de recherche.
En 1983, Michael Jackson a adopté Bubbles, un bébé chimpanzé provenant d'un centre de recherche.Image: Lionsgate Films

Le film aborde également l'accident tragique survenu en 1984 lors du tournage d'une publicité pour Pepsi, où ses cheveux ont pris feu, lui laissant des brûlures au deuxième et troisième degré sur le crâne. Depuis ce jour, on raconte que Michael Jackson n'était plus jamais le même, le condamnant à subir plusieurs opérations et à porter des perruques jusqu'à la fin de sa vie. Cet événement suppose le début de son addiction aux antidouleurs, avec lesquels il a été traité à forte dose.

C'est du moins ce que suggère le film, en une seule réplique, tout comme son vitiligo, la maladie à laquelle il doit sa dépigmentation, évoquée rapidement lors d'une visite médicale. Une courte scène où l'artiste projette la création de Neverland en s'imaginant quitter le domaine familial vient conclure également cette série de présages. Son manoir aux allures de parc d’attractions deviendra par la suite un refuge pour enfants malades ou défavorisés, mais également le lieu de ses crimes sexuels présumés. Les parts d’ombre de Michael ne seront pas abordées plus que cela.

La musique, que la musique

Qu'on adore ou qu'on déteste le parti pris d'Antoine Fuqua, difficile de ne pas s'ambiancer dès les premières notes du film, qui commencent sur le morceau Wanna Be Startin' Somethin'. Quant au film, s'il souffre d'une mise en scène artificielle, on reste néanmoins bluffé par l'interprétation de Jaafar Jackson, neveu de Michael, qui incarne son oncle avec un mimétisme impressionnant. Mention spéciale également au jeune Juliano Krue Valdi, qui incarne un Michael enfant particulièrement attachant. A noter l'absence totale de sa sœur Janet Jackson, dont l'existence n'est même pas évoquée. Celle-ci ayant refusé de participer au film. Un vide qui nous rappelle bien que l’on fait face à une fiction.

Michael Jackson (Juliano Krue Valdi) a débuté sa carrière de chanteur professionnel à l'âge de cinq ans, rejoignant ses frères au sein des Jackson 5 en 1964.
Michael Jackson (Juliano Krue Valdi) a débuté sa carrière de chanteur professionnel à l'âge de cinq ans, rejoignant ses frères au sein des Jackson 5 en 1964.

Le long-métrage, qui s'adresse avant tout aux fans, ne fera que les galvaniser un peu plus dans la foi qu'ils portent en leur idole, tandis que les détracteurs n'y verront qu'un ravalement de façade. Pourtant, lorsqu'on regarde le film avec un regard objectif, on peut y voir une certaine nuance et les prémices du déclin d'un homme à qui l'on a volé l'enfance et qui présente de nombreux traits neurodivergents fortement marqués.

Si Michael Jackson n'a jamais été officiellement diagnostiqué d'un trouble du spectre autistique, d'être HPI ou d'avoir un TDAH, tout le laisse supposer. Tout comme le syndrome de Peter Pan, dont il était la personnification évidente. C'est lors d'une réplique cynique de son père, lui expliquant qu'il n'est pas armé pour vivre en dehors du cercle familial, que l'on se dit qu'il n'avait peut-être pas tout tort.

Le film, qui suggère qu'une deuxième partie est à venir, reste une œuvre qui dresse un portrait particulièrement positif, puisqu'il revisite une époque de sa vie où il était encore irréprochable, avec un préambule subtil de tout ce qui causera sa chute.

Quant aux allégations d'abus sexuels, chacun est libre de penser Michael coupable ou innocent, puisqu'il n'a jamais été jugé pour les faits reprochés et que certains témoignages rapportés ont été réfutés. A voir si la suite osera raconter sa descente aux enfers avec un brin d'objectivité, mais d'un film sombre qui confine au voyeurisme, on préférera pour le moment se contenter de séparer l'homme de l'artiste et de taper du pied sur l’ensemble d’une œuvre musicale et corporelle fascinante qu'aucun autre n'a encore pu égaler.

Michael est à voir au cinéma dès le 22 avril 2025. Durée: 2h 7m

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source: reddit
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