Que vaut le vin sans alcool d'Elton John? On a goûté
Il fallait une certaine audace pour pousser une mordue de cocktails, doublée d'une aversion profonde pour tout ce qui est étiqueté de près ou loin «0%», à tremper les lèvres dans un mousseux sans alcool - encore plus à ne pas le recracher dans la foulée.
La preuve👇
Et pourtant. Un matin de février, elle nous attend. Posée sagement sur notre bureau, délicatement glissée dans une boîte brillante qui n'a rien à envier aux Dom Pérignon et autres consœurs millésimées. La bouteille Zero d'Elton John. Un vin sans alcool mis au point avec son mari David Furnish, commercialisé depuis le mois de janvier au Royaume-Uni - et désormais, en Suisse.
La promesse? Un «vin effervescent sans alcool de qualité supérieure, élaboré exclusivement à partir de raisins Chardonnay provenant du nord de l'Italie», selon un communiqué transmis à watson.
Le breuvage est obtenu par un «processus de fermentation rigoureusement contrôlé». A la place des levures utilisées pour l'alcool traditionnel, ce sont des bactéries qui permettent à la boisson d'obtenir cette palette aromatique - à l’instar du kombucha, par exemple.
Une longue histoire de sobriété
A une époque où il devient presque banal pour une célébrité de commercialiser son propre vin ou spiritueux, Elton John s'engouffre dans la tendance inverse des vins désalcoolisés, un marché également en plein essor. Il faut dire que la superstar britannique a une longue histoire de sobriété derrière lui: l'an dernier, le chanteur a célébré ses 35 ans sans alcool.
Elton John s'est exprimé avec franchise sur ses excès et ses dépendances à l'alcool et aux drogues. Le tournant a eu lieu en 1990, lorsqu'il entame une cure après des années de dépendances en tous genres, qui, selon lui, «ont gâché une grande partie de sa vie».
Aujourd'hui, Elton John s’est donc penché, avec l'aide de son mari, sur sa vision idéale d’un champagne sans alcool: «Quelque chose avec une belle finale sèche, qui procure vraiment cette sensation douce et satisfaisante que l’on retrouve dans un très bon vin mousseux ou un champagne», a décrit David Furnish, également abstinent depuis dix ans, dans The Drinks Business.
L'heure du test
Ni une, ni deux, le nectar d'Elton est sabré un mercredi sur le coup de 10h50 au milieu de la rédaction. Premier constat? Le Blanc de Blancs porte bien son nom. Le liquide est aussi transparent qu'un Sprite ou 7Up.
Au nez, en revanche, nous sommes sur un produit nettement moins chimique que ces célèbres limonades industrielles. «Oh, ça pue! On dirait du crin de poney», s'écrie une de nos journalistes. Force est d'admettre que le Blanc de Blancs a une odeur très particulière. Plus citronné et acide qu'un mousseux traditionnel.
Nous trempons les lèvres. Les premières réactions fusent, et autant dire qu'elles sont contrastées.
C'est, en effet, la première pensée qui traversera l'esprit des amateurs du célèbre champagne sans alcool, servi aux enfants (et aux plus grands) pendant les Fêtes, autour de la bombe du Nouvel An: le Blanc de Blancs n'a strictement rien à voir avec la saveur sucrée et réconfortante du Rimus de notre enfance. Destiné aux adultes, son goût se rapproche davantage des vins traditionnels par son amertume et sa subtilité, loin du côté vinaigré qu'on peut reprocher à certains vins désalcoolisés.
Force est d'admettre que, bien que troublant au premier abord pour le palais d'une alcoolique mondaine, ce n'est pas désagréable. En, fait c'est même bon. On n’aurait aucune peine à l'imaginer accompagner dignement un bon repas - voire même une fête entre amis.
Que vous ayez renoncé à l'alcool pour une soirée ou pour la vie, ce mousseux dont le prix oscille entre 14 et 18 CHF le revendeur vaut donc vraiment le détour. Il peut être commandé en Suisse auprès de Hofer Wine and Spirits, Wyhus Belp, le site internet de Globus, ainsi que prochainement à la Migros, selon son site internet.
